le blog de l'auteur Sylas : infos, textes courts et extraits de romans
Ceux qui me suivent le savent : je suis en train d'écrire une nouvelle qui a pour titre l'homme qui rebondit. Et bien figurez vous qu'elle est terminée !! (mis à part 2 - 3 modifications soufflées par la mère de mon enfant qui ne vont pas tarder à être effectives). Etant donnée qu'il semblerait qu'elle soit bien meilleure que celles que j'ai écrites jusque là, je ne vais pas hésiter à la présenter aux revues "sérieuses" spécialisées, style Galaxies, Black mamba ou autres Kimaira.J'y ai trouvé, je sais pas... Une paix. Au début, je voulais juste le contempler de mes propres yeux, réaliser le miracle de la survie ultime. Je me suis sanglé contre une paroi du caisson et je l'ai détaillé, alors qu'il dérivait de manière presque imperceptible. Il portait une tenue réglementaire de déblayeur, mais il paraît qu'on l'a trouvé tout nu. Il se tient en boule, les bras repliés autour des tibias, la tête enfouie entre les genoux. Je n'ai pas vu son visage. Juste son crane, glabre, luisant sous la lumière crue et son front lisse. Pour le reste, je n'ai pas cherché à savoir. Est-ce que ses yeux sont ouverts ? Est-ce qu'il est vieux ? Est-ce que ses membres sont tous secs ?
Lorsqu'il touche une paroi, il repart dans l'autre sens, comme une bille de billard. Ça ne fait même pas de bruit. C'est juste une affaire de mécanique, un rebond comme il en a déjà fait des milliers, des millions. Mais la première fois que je l'ai vu rebondir, j'ai eu un frisson. Un être humain doit se raidir lorsqu'il approche d'un mur, se crisper, se préparer au choc. Lui, non. Il ne frémit pas. Même lorsque c'est sa tête qui touche le mur.
Il subit un très lent mouvement de rotation. Comme s'il réalisait une hypothétique roulade sur l'épaule. Et il retrouve sa position initiale au bout d'une quinzaine de galipettes.
Je me suis rendu compte que j'étais fasciné par ce ballet. Cette bille humaine se baladant dans le petit caisson. Je me suis endormi sans m'en rendre compte. Il m'a réveillé lorsqu'il m'a touché. Je suis pas prêt d'oublier ce contact. C'est sa tête qui a frôlé ma main qui dérivait. Une sensation de dureté et de froideur, comme si une machine venait me tapoter les phalanges. J'ai crié comme un dément. Il a pas sourcillé.
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PS : Est-ce la mise en page est plus lisible que dans les articles précédents ?