le blog de l'auteur Sylas : infos, textes courts et extraits de romans
Voila. Premier article du nouveau blog. le principe est exactement le même que l'ancien, mis à part que je vais essayer d'y faire plus de trucs. Genre des écrits intéractifs.
Sinon, voici un petit texte que j'ai écrit au mois de décembre sur mon lit d'hôpital (j'ai été un peu malade).
Amusez-vous.

Les oiseaux volaient bas. Le ciel était tellement lourd qu'il semblait solide. Qu'on aurait dit un sol à l'envers. Le cinéma n'ouvrait pas avant 9 heures. Il me restait un peu de temps avant que je rende ma visite amicale au réceptionniste, Renaud Malzini. Je lui rappellerai amicalement qu'il y a des personnes avec lesquelles il vaut mieux ne pas avoir de dettes.
En attendant, je suis agglutiné après le bar en zinc du 51. J'ai siroté mon café en tendant l'oreille et je me suis remis en mémoire mon emploi du temps de la journée. D'abord le petit cinoche de quartier, puis une brasserie, une pâtisserie, une boutique de meubles et un magasin de farces et attrapes. Pas de blagues, ces gars-là avaient la réputation de bien résister. Il allait falloir que je me montre très persuasif.
Dès le début.
L'heure a sonné. Je me suis dirigé vers la façade ouvragée du petit cinéma et je suis entré sans frapper. Dans un bureau, il y avait un type, un moustachu, en train de s'abîmer les yeux derrière un vieil ordi avec une cigarette au coin du bec. C'était mon homme. Malzini. Il avait l'air suspicieux. Il a voulu se lever, je l'ai arrêté d'un geste calme de la main droite. Ma gauche s'était rapprochée de ma ceinture. Il a lancé :
- Je vous connais ?
J'ai secoué la tête. « Vous avez des dettes ». Il a plissé les yeux. « De grosses dettes ».
Il a pas répondu tout de suite. Le ventilateur de l'ordinateur faisait un vacarme pas croyable. Il a dit :
- Je peux payer, bientôt.
J'ai secoué la tête une nouvelle fois. « Pas mon problème, ça. Vous avez assez, pour tout rembourser ? M'étonnerais. C'est un petit cinéma, que vous avez là. Pas beaucoup de gros films. Pas beaucoup d'entrées.
Il a commencé à trembler un peu. La clope était éteinte, il s'en rendait même pas compte.
- Ecoutez, on peu s'arranger...
- Ça, j'en suis sûr.
Je lui ai tendu ma carte. Ecriture bistre, papier mat, finition à la main : Marc Meunier, rachat de crédit, solutions financières.
- Un petit étalement sur dix ans, ça vous dirait ?