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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 17:12

Jean-Hugues avait un sourire large comme un buffet de belle mère, et il était accroché à sa figure toute la journée. Lorsqu'on le voyait, on ne pouvait s'empêcher de sourire à son tour, qu'on soit gai ou pas. Certains lui rendaient visite rien que pour ça, parce qu'ils savaient que ça leur remonterait le moral.

Un jour, la mère de Jean-Hugues décéda. Les funérailles furent déchirantes de tristesse, mais Jean-Hugues conservait son sourire. Il pleurait, mais sa banane ne fléchissait pas. C'est à partir de ce jour que les gens comprirent qu'il y avait un problème.

Jean-Hugues était un garçon très discret. Il illustrait des ouvrages pour enfant et travaillait chez lui. Qui aurait pu imaginer qu'un gars qui passait ses journées à dessiner des petits lapins et des sorcières pouvait être dépressif ? Surtout avec ce sourire éclatant comme une publicité pour de la joie de vivre en boite.

On était un groupe à bien l'aimer, le Jean-Hugues. On le connaissait depuis le lycée et, depuis, on s'efforcer à le traîner dehors, à lui payer des coups. Dans les bars, avec son sourire visible à des kilomètres, il nous rendait immédiatement sympathique auprès des filles. C'était notre joker. On l'utilisait mais il se laissait faire. Et on pensait que ça lui plaisait, vu la tête qu'il faisait toujours.

Après la mort de sa mère, on s'est rapproché un peu. On essayait de savoir ce qui se passait, chez lui, derrière les murs épais de la demeure familiale. En cinq ans, on n'a rien trouvé d'autre qu'une maladie neurologique qui l'empêchait de tirer la tronche. Quoi que soit la raison de sa tristesse intérieure, elle nous est restée invisible.

Jusqu'au jour où il est arrivé en ville.

Il faut savoir que Jean-Hugues détestait les chauves-souris. Une vraie phobie. C'était la seule chose qui arrivait à ternir son sourire, à le rendre... effrayant. Alors, bien sûr, un homme déguisé en chauve-souris, ça l'a rendu fou, notre joker. Complètement fou.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 13:20

Un petit peu de magie dans l'air... Un texte écrit à partir de l'image :

Alicia se réveilla en sursaut. Elle avait entendu un bruit, comme un grondement sourd venant du sol. Peut-être un grognement ! Elle se leva, passa sur la pointe des pieds devant la chambre de son père et vérifia sa présence par son ronflement caractéristique avant de sortir dans la nuit douce. Un clair de lune teintait le jardin d'une lumière spectrale et faisait ressortir les pierres plates qui formaient l'allée. Elle marcha à petits pas sur cette surface dure et chaude et parcourut une centaine de mètres avant d'arriver jusqu'au ravin.

Au bord du précipice, la petite veilleuse brillait toujours.

Alicia s'agenouilla près du lumignon et regarda au fond du gouffre. Rien, le néant. Mais peut-être fallait-il l'appeler. Elle mit ses mains en coupole autour de sa bouche et cria : Ohé

Pas de réponse. Elle attrapa un morceau de pain, posé dans un panier à côté de la veilleuse, et le jeta dans le gouffre. Elle n'entendit pas de choc mais rien ne faisait du bruit en touchant le fond. Peut-être même qu'il n'y avait pas de fond. Finalement, elle s'assit, les genoux sous le menton et contempla les étoiles qui veillaient sur elle.

Elle se réveilla en sursaut et déplia brusquement ses jambes. La lune s'était couchée et on n'y voyait presque plus rien. Mais la veilleuse brillait toujours, et ce qu'elle lui montrait était incroyable...

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 14:17

Un texte rapide, pour tous ceux qui veulent lire sans se casser la tête...


_Allo, Brigitte... Brigitte ?? Brigitte, allo !

_Oui, je vous entends très bien, Jean-Philippe. Qu'est-ce qui se passe ?

_ Ce qui se passe ?? Ha, ha. C'est une super bonne question, ça. Vous entendez derrière moi ?

Brigitte avait beau être secrétaire du groupe Lavaud-Descoup depuis près de quinze ans, sa patience téléphonique commençait déjà à ciller. Elle tendit l'oreille attentivement et n'entendit rien d'autre qu'un vague bruit de moteur. Cet abruti était en train de téléphoner en conduisant ?

_ Non, J.P., je n'entends rien de spécial. Vous savez que monsieur Lavaud vous attend ce matin à neuf heure pour la réunion de...

_ Je suis dans une ambulance, Ha, ha. Qu'est-ce que vous dites de ça ?

La voix de la standardiste se fit plus inquiète.

_ Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

_ Me suis cassé la jambe. Comme un con. Dans les escaliers, ces putains d'escaliers que la concierge cire toutes les semaines. Ha, ha, ha, quelle con...

C'est toujours la fautes des autres, pensa Brigitte en lorgnant sur un appels qu'elle devait mettre en attente.

_ ... fracture ouverte ! On voit l'os et tout ! J'avais tellement mal qu'ils ont été obligé de me mettre un masque à oxygène et de me filer une piqûre de morphine. C'est trop bon cette saloperie, je plane, c'est ...

_ Vous avez intérêt à ce que ce soit vrai, coupa sèchement la secrétaire. Vous savez que monsieur Lavaud n'aime pas...

_ Lavaud ! Tu sais ce que je lui dit, moi à Lavaud ?

_ Justement, il est là, je...

_ ... de veau ! Lavaud, tête de veau ! Lavaud, tête de veau...

_ Et ça rime, en plus, émit une voix grave et énervée. Rovel, vous êtes bourré, ou quoi ?

_ Il dit qu'il est sous morphine, intervint la secrétaire. Il est en ambulance.

_ Hum... Rovel, qu'est-ce qui me prouve que c'est vrai ?

_ Alors, ça c'est facile, vous allez voir... L'ambulance va bientôt passer près des bureaux et elle va mettre la sirène. Vous allez voir...

_ Allez à la fenêtre, intima le PGD à la secrétaire.

Quelques seconde plus tard, il entendit un bruit de moteur et des coups de klaxon répétés. Au téléphone, la voix de son employé retentit de nouveau.

_ Alors, boss, c'est pas de la preuve, ça, hein ?

La secrétaire revint au pas de course.

_ C'est lui, monsieur, il est passé en voiture.

_ Merde, il est encore bourré, ce con.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 16:19

On est habitués à lire ou voir des fictions mettant en scène des professionnels de la santé, de la justice OU du maintien de l'ordre et on connaît plutôt bien le vocabulaire qui y est associé. Si j'écris «  Il rangea son berreta dans son holster, passa devant les cellules et la salle de garde à vue et s'installa au volant de son véhicule de patrouille. Là, il démarra, enclencha le gyrophare et... » tout le monde comprend ce qui se passe. Dans d'autres domaines, le vocabulaire technique, même s'il n'est pas vraiment compris, permet de se faire une vague idée de l'action, ou de la situation, comme dans une note précédente, où j'avais fait une recherche de vovabulaire.

Mais quel effet cela produirait-il de lire une histoire située dans un univers que l'on ne connaît pas du tout ?

Dès qu'il pénétra dans l'enceinte de la station d'épuration, Manuel comprit que quelque chose s'était passé. Il se précipita sur le synoptique de fonctionnement et releva plusieurs alarmes muettes. Le clarificateur avait un problème, sûrement un débris coincé dans la goulotte qui bloquait le pont roulant. Le venturi était monté en charge. Le bassin d'aération avait l'air OK mais des mousses s'étaient formées le long des parois. La charge hydraulique était normale mais la charge organique beaucoup trop élevée. La nitrification se passait sûrement mal.

Pas de panique, ça arrivait souvent, sur les stations forte charge sous-dimensionnées. Il allait commencer par un test de décantation, un disque de Secki et un prélèvement des mousses avant que le SATESE n'arrive. Ensuite, tirerait les boues et il mettrait les turbines en manuel pour la journée – pour booster la nitrification. La dénit se ferait dans la nuit.

Heureusement qu'il était passé par là !


Alors, (Ah, ah, ah, je ris très fort) vous avez compris quelque chose ?

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 10:25

Touveau texte à déguster. Je suis pas très doué en cuisine... N'hésitez pas à me dire si vous trouvez des incohérences.


Le chef prit ses couteaux et commença à découper la viande. Le rôti fut bientôt débité en parts exactement identiques et présenté sur un plat en porcelaine. Derrière lui, plusieurs casseroles fumaient sur les brûleurs. Devant lui, les bruits de conversation de la salle lui parvenaient à travers un voile de concentration. Il s'apprêtait à laver la salade lorsque le serveur déboula en trombe dans la cuisine. Il haleta :

_ Ils n'aiment pas la soupe.

_Comment ça ! Qui n'aime pas la soupe ?

_ Tous. Enfin, le général n'a pas aimé et personne n'aime.

_ Le vieux saligot, s'écria le chef en fonçant vers la double porte.

Il émergea dans la salle de réception : une vingtaine de convives dispersés en tables de quatre, des lumières tamisées inondant une pièce aux tons rouge et crème, des murs ornés de colonnades et d'une banderole déclamant : Bon anniversaire Général.

Il se dirigea vers la table centrale et se pencha à l'oreille du vieillard en costume militaire qui y siégeait. La discussion chuchotée dura près d'une minute, animée à défaut d'être sonore. Autour, tout bruit avait cessé et tous les yeux avaient convergé vers l'épicentre de la pièce.

Lorsque l'homme à la toque blanche se redressa, le général saisit sa cuillère et porta quelques millilitres de potage à ses lèvres. Puis il prit une cuillère entière et la sirota avec appétit, puis une autre, puis une autre. Aux tables périphériques, les convives effectuèrent docilement le même geste, les yeux rivés sur leur assiette. Le chef revint en cuisine, le sourire satisfait.

Il trouva le serveur penché au-dessus d'une casserole de sauce chasseur.

_ Allez, rugit-il, il y a des assiettes à desservir.

_ Ah bon, ils aiment ! Comment vous avez fait ?

_ J'ai dit au vieux que la recette de la soupe me venait de mon grand père, qui était cuistot dans les tranchées durant la Grande Guerre.

Le jeune serveur restait rêveur, les yeux dans le vague. Il s'ébranla :

_ Et c'est vrai ?

Le chef claqua dans ses mains.

_ Allez, au boulot ! Les assiettes.

Le jeune homme disparut derrière les portes battantes et le chef se retrouva seul dans sa cuisine, une expression de nostalgie peinte sur ses traits durs.





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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 10:37


Une petite histoire à mâcher. Certains diront qu'elle est à la limite du bon goût. A ceux-là je répondrai qu'elle n'est pas en dessous de la ceinture. Plutôt au dessus de la glotte.

Aldo mâchouillait son Chewing-gum depuis vingt ans. Toujours le même. Goût menthe – enfin au début. Aldo comptait réellement battre le record du monde. Actuellement, un américain le détenait : il mâchait la même pâte depuis vingt-cinq ans. Mais l'homme avait dépassé les cinquante cinq ans et il allait bien finir par s'épuiser. Aldo n'affichait que trentre huit ans au compteur et il était ne pleine forme.

Il avait toutes ses chances.

C'était un record sérieux. Périodiquement, un expert de commission des records venait vérifier qu'il s'acharnait bien sur le même bout de gomme jour après jour. On y avait incorporé un marqueur invisible et sans goût, facilement identifiable grâce à une lampe à ultra-violet.

Il devait le garder en bouche toute la journée. Même s'il se sentait malade ou s'il faisait du sport. Il était autorisé à le poser lors des repas et la nuit. Il le conservait alors dans un verre d'eau, dans lequel il faisait parfois infuser du thé.

Plusieurs fois, il l'avait avalé. Ça arrivait toujours dans des circonstances inattendues : dans l'ascenseur, en s'endormant au cinéma, dans des auto-tamponneuses, en faisant l'amour, devant un film d'horreur. Chaque fois, il n'y avait qu'une seule solution pour rester dans la course : remuer la luette...

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 17:51

Voila. Premier article du nouveau blog. le principe est exactement le même que l'ancien, mis à part que je vais essayer d'y faire plus de trucs. Genre des écrits intéractifs.

Sinon, voici un petit texte que j'ai écrit au mois de décembre sur mon lit d'hôpital (j'ai été un peu malade).

Amusez-vous.



Les oiseaux volaient bas. Le ciel était tellement lourd qu'il semblait solide. Qu'on aurait dit un sol à l'envers. Le cinéma n'ouvrait pas avant 9 heures. Il me restait un peu de temps avant que je rende ma visite amicale au réceptionniste, Renaud Malzini. Je lui rappellerai amicalement qu'il y a des personnes avec lesquelles il vaut mieux ne pas avoir de dettes.

En attendant, je suis agglutiné après le bar en zinc du 51. J'ai siroté mon café en tendant l'oreille et je me suis remis en mémoire mon emploi du temps de la journée. D'abord le petit cinoche de quartier, puis une brasserie, une pâtisserie, une boutique de meubles et un magasin de farces et attrapes. Pas de blagues, ces gars-là avaient la réputation de bien résister. Il allait falloir que je me montre très persuasif.

Dès le début.

L'heure a sonné. Je me suis dirigé vers la façade ouvragée du petit cinéma et je suis entré sans frapper. Dans un bureau, il y avait un type, un moustachu, en train de s'abîmer les yeux derrière un vieil ordi avec une cigarette au coin du bec. C'était mon homme. Malzini. Il avait l'air suspicieux. Il a voulu se lever, je l'ai arrêté d'un geste calme de la main droite. Ma gauche s'était rapprochée de ma ceinture. Il a lancé :

- Je vous connais ?

J'ai secoué la tête. « Vous avez des dettes ». Il a plissé les yeux. « De grosses dettes ».

Il a pas répondu tout de suite. Le ventilateur de l'ordinateur faisait un vacarme pas croyable. Il a dit :

- Je peux payer, bientôt.

J'ai secoué la tête une nouvelle fois. « Pas mon problème, ça. Vous avez assez, pour tout rembourser ? M'étonnerais. C'est un petit cinéma, que vous avez là. Pas beaucoup de gros films. Pas beaucoup d'entrées.

Il a commencé à trembler un peu. La clope était éteinte, il s'en rendait même pas compte.

- Ecoutez, on peu s'arranger...

- Ça, j'en suis sûr.

Je lui ai tendu ma carte. Ecriture bistre, papier mat, finition à la main : Marc Meunier, rachat de crédit, solutions financières.

- Un petit étalement sur dix ans, ça vous dirait ?

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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