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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 15:02

Quatrième texte avec les 6 mêmes mots : Pièce – souhait – xylophone – papier – ciboulette – squelette.

Je sais, cette fois-ci je me suis pas foulé pour les placer. Je ferai mieux la prochaine fois...


Une série de cartes était disposée devant lui. Un arbre vert, un xylophone multicolore, un squelette blanc, un soleil au jaune éclatant, une pomme... probablement rouge. Eric soupira. Une voix retentit de l'autre côté de la table – tiens, c'est vrai, il était là, lui.

_ Que voyez, vous, Eric ?

Il décrivit, sans omettre les couleurs, tout ce que comportaient les petits rectangles de carton qu'on lui avait présenté. Citron jaune, ciboulette verte, cocotte en papier blanche... Son vis-à-vis hochait la tête, très concentré. Entre eux deux, un dictaphone tournait en grésillant.

A la fin de son énumération, Eric ajouta, clairement :

_ Autrement dit, je ne vois toujours pas la couleur rouge. Voilà, c'est fini ?

L'homme portait une blouse blanche, qui recouvrait ses habits de ville grisâtres. Il se pencha sur son dictaphone et articula.

_ C'était l'expérience numéro 21-b sur le sujet 128. Terminé.

Il pressa un bouton et glissa le petit objet dans une poche de poitrine.

_ C'est tout ? s'écria Eric. Vous me faites passer un test dont le résultat est déjà connu et vous détallez, encore une fois ?

Il se leva et balaya les cartes d'un geste rageur.

_ Notre souhait, articula l'homme d'une voix égale, est de vous guérir, monsieur.

_ Non, grogna Eric. Vous voulez me rendre fou !

Dans se départir de son calme, l'homme en blanc ramassa les cartes et quitta la pièce. La porte se verrouilla derrière lui en émettant un cliquetis aigu. Eric se vautra sur sa banquette et donna des coups de poing rageurs dans les coussins.

Dans le couloir de la clinique, le docteur avait repris son dictaphone en main et parlait tout en marchant :

_ Le sujet n'a réussi à décrire aucun des quinze items de l'expérience 21-b, niveau cinq ans. Une fois de plus, il a montré des signes d'agressivité et ne semble pas être conscient de sa pathologie. Voir avec le docteur Fleury pour modifier le traitement. Terminé.

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 14:54

Troisième texte avec la même contrainte : Pièce – souhait – xylophone – papier – ciboulette – squelette.

La dernière fois, c'était le xylophone la vedette, cette fois-ci, c'est le souhait. A vos souhaits...


_ Une petite pièce, s'il vous plaît...

Des heures que René se tient debout à côté de cet horodateur. La vieille dame qui sort du marché passe à quelques centimètre de lui en s'efforçant de ne pas croiser son regard. Les yeux baissé, rené n'a vu que le choux et les brins de ciboulette qui dépassaient de son cabas. Lorsqu'elle disparaît à l'angle de la rue, il ne reste d'elle qu'un parfum de mépris.

Brr-zz fait le papier qui sort de la machine. Surpris, René s'approche de la masse de métal qui lui sert de compagne d'infortune. Ce n'est pas normal. Personne n'a mis de pièce. Personne.

Il prend le papier, plisse les yeux et lit :

C'est ton jour de chance. Tes trois premiers souhaits seront gratuits. Mais les autres seront étudiés au cas par cas et accordés en fonction de la pertinence de la demande. Réfléchis bien avant de parler.

_ Putain, siffle René.

Immédiatement, une prostituée apparaît à côté de lui. René sursaute.

_ Merde.

Son pied gauche atterrit dans l'objet de son second voeu, ce qui le fait de nouveau tressaillir. Il parvient à plaquer ses mains devant sa bouche et s'assoit contre un mur. Il lui reste un dernier voeu. Il ne faut pas le gâcher. Les yeux fermés, il compose cette phrase dans sa tête : J'en ai assez de mon vieux squelette. Je souhaite avoir la santé de mes vingt ans. A vingt ans, il était artiste de cirque et pouvait jouer du xylophone avec ses doigts de pieds en jonglant avec des massues enflammées.

Il prend son inspiration, ouvre les yeux et... la prostituée qui est penchée sur lui lui susurre :

_ Tu veux quoi, mon loup ?

La ferme ! n'est la la parole qu'il avait choisi de dire. Néanmoins, il est certain que la fille ne pourra plus jamais parler.

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 09:37
Exercice de style : Ecrire plusieurs textes avec la même contrainte, c'est à dire six mots à placer : Pièce – souhait – xylophone – papier – ciboulette - squelette. Voici le deuxième texte que j'ai produit :

Bonne lecture !

Cadeau !

Charlie était en train de couper de la ciboulette dans sa salade quand on frappa à la porte. Il s'essuya grossièrement les mains et ouvrit. Personne. Juste un objet : un xylophone. Un petit modèle, avec des lames de bois peintes et deux massues croisées dessus. Charlie regarda à droite, à gauche et se lécha les babines. Le cadeau était trop beau pour être refusé. Il agrippa l'objet et le posa sur la table de la cuisine, au milieu des gamelles, des papiers gras et des épluchures. La popote pouvait attendre.

Il examina l'objet en se frottant les mains. Se pouvait-il que son souhait soit exaucé, finalement ? Ce charlatan de marabout aurait-il fini par lui décoincer l'aura, comme il disait, à appeler sa bonne étoile, à faire venir la bonne fortune ? Charlie y croyait plus fort que jamais. Ce cadeau providentiel lui avait été prédit par le médium. Il devait lui ouvrir les voies de la réussite, de l'accomplissement, de la richesse. Il ne lui restait plus qu'à en déchiffrer le sens.

Le plus évident était celui-ci : il devait apprendre à en jouer et devenir célèbre. Mais il ne connaissait pas un seul joueur de xylophone qui eut jamais connu la gloire et doutait un peu que son accomplissement passe par ce biais là. Peut-être l'objet était-il rare, et donc cher. Il pouvait le vendre aux enchères, et en tirer une bonne somme. Malheureusement, en soulevant l'instrument il découvrit son prix inscrit sur une étiquette, et celui-ci n'avait que deux chiffres.

Peut-être était-ce un xylophone magique ! Il suffisait d'en jouer pour libérer le génie contenu à l'intérieur. Charlie attrapa fermement les petites baguettes et martela le squelette de l'instrument comme une furie, en cherchant du regard par où pouvait surgir le génie.

Loin dans la rue, on pouvait entendre la cacophonie produite par la tentative de Charlie de percer à jour l'instrument de musique. Même le marabout qui quittait le quartier en sifflotant pouvait l'entendre. Il entendait le bruit de la crédulité.


Il y a encore au moins deux textes sur la même contrainte qui arrivent. Et vous, seriez-vous capables de faire de même ? (j'attends vos contributions)

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13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 21:44

Cette fois-ci ce ne sont pas trois mots, pas quatre mots, pas cinq mots, mais six mots, oui je dis bien six mots qui ont été choisis comme contrainte pour écrire ce texte.

D'ailleurs, ces mots étaient tellement biens que je les ai gardés pour commettre d'autres textes, qui suivront celui-ci.

Quels sont ces mots ? Essayez de deviner et découvrez-les à la fin de cette histoire :

 

Monsieur Persil aimait la citrouille. Il aimait aussi la ciboulette, le boudin, la chasse, le jazz et les xylophones, mais il préférait la citrouille. En face du génie de la lampe, son voeu numéro un aurait été de manger une soupe de citrouille, puis d'être riche et beau. Et bien portant, et sûr de lui... mais il n'y avait généralement que trois souhaits.

Dans sa chambre, un papier-peint immonde orange avait été collé. Dans son bureau, un presse papier en bois sculpté rappelait la cucurbitacée. D'ailleurs, dans la pièce qui lui servait de débarras, un tas d'objets évoquant plus ou moins le légume d'automne s'entassaient sans raison.

Monsieur Persil était obsessionnel. Il mangeait de la citrouille à chaque repas, quel qu'en soit la forme, sélectionnait les programmes télé qui traitaient de son sujet favori et n'adressait la parole qu'à des personnes qui aimaient également le légume orange.

Tous les ans, pour Halloween, monsieur Persil se déguisait en citrouille. Cette fête était son plaisir ultime, son Noël. Il se promenait à travers la ville, à moitié en transe, et distribuait à qui mieux mieux des pâtisseries à la citrouille. Les gens le connaissaient et le toléraient, voire l'appréciaient pour sa bonne humeur.

Mais pas en ce trente-et-un octobre 2008. On avait découvert qu'une certaine variété de cucurbitacées avaient empoisonné un village en Amérique du sud. Les citrouilles tueuses, avait titré un quotidien. Monsieur Persil était atterré. Pourquoi lui faire ça, à lui, le plus beau jour de l'année ? Tel un enfant adopté qui apprend sa véritable descendance, son cerveau se mit à tourner à plein régime, anarchiquement, follement. Son oeil s'attarda sur la première chose qu'il vit et son esprit s'y accrocha comme un noyé à une bouée. Monsieur Persil ne serait plus jamais le même.

S'il y a une chose que monsieur Persil adore et collectionne, ce sont les squelettes. Portes-clefs, autocollants, coloriages, radiographies, tout est bon pour assouvir sa passion...

Et les trois mots sont...

Pièce – souhait – xylophone – papier – ciboulette - squelette

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 15:54
Sang d'huître...
Qu'est-ce que ça vous évoque ? Un plat cuisiné findus ? Un jeu de mot manqué ? Une découverte scientifique révolutionnaire ?
En tout cas, cinq auteurs ont écrit 5 textes, en mozaïque, dont sang d'huître est le titre. Le sang d'huître n°2 et le n°4 sont terminés et les autres vont suivre, en fonction de la vitesse du dernier auteur à conclure.
Comment, c'est pas clair ? Cliquez sur les liens à droite et lisez les textes. Vous allez tout comprendre.
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 10:23

Ce qui suit n'est que pure fiction. Ce n'est pas du tout le sort que voudrait que subisse mon banquier. Non, c'est juste ce que m'on inspiré les mots : respiration – ventre – cafetière.

D'ailleurs, j'aime mon banquier. En plus.


La respiration par le ventre est une technique servant à réguler le stress. Henri la connaissait, la maîtrisait même. Quant à l'appliquer, il ne fallait pas exagérer.

Le canon de l'arme qu'on pointait sur lui lui semblait énorme. Une gueule démesurément grande, ronde et noire, à quelques centimètres de son nez. Ça sentait le métal, la poudre, la mort. Est-ce qu'il allait pouvoir se retenir de pisser encore longtemps ?

_ Le code, répéta l'homme qui tenait le fusil.

Henri respirait fortement et bruyamment. Il ferma les yeux, serra très fort et les ouvrit d'un coup sec. Il était toujours là, en face de lui, encagoulé, armé et agressif. Enfin, agressif, pas vraiment. Sa voix restait calme, et ses paroles n'étaient jamais grossières. Seule son action était source d'agressivité.

_ Le code. Il reste trente secondes... Après ce délai, j'appuie sur la gâchette.

Oui. Son ultimatum faisait également montre d'une certaine agressivité.

Henri craqua. Il se pissa dessus et sa respiration devint encore plus rapide. Puis il se mit à trembler et à perdre toute sensation dans ses mains. D'une position assise, il se laissa glisser au sol et tout son corps fut pris de soubresauts. Il ne sentait plus ses bras, ne pouvait plus bouger les jambes. Il ne parvenait qu'à implorer :

_ Aidez-moi !! Je peux plus bouger !!!

Depuis cinq ans qu'il était directeur de banque, Henri subissait son premier hold-up et sa première crise de tétanie.

Quelques minutes plus tard, il eut conscience d'une odeur. Une odeur réconfortante. Une cafetière faisait passer son liquide noir et réconfortant. Sa cafetière. Dans son bureau.

Il avait dû perdre connaissance... Il passa une main fébrile dans ses cheveux grisonnants et se demanda si c'était terminé, s'ils avaient réussi à forcer le coffre, si la police était intervenue, ou si le fou au fusil attendait derrière la porte qu'il revienne à lui.

Il n'eut pas long à attendre. La porte s'ouvrit et plusieurs personnes s'approchèrent de lui. On le leva, on l'épousseta. On lui fit boire quelques gorgées de café. Et l'homme s'assit devant lui. Lui. L'homme au fusil.

Mais sans fusil. Et sans cagoule. Et avec un curieux sourire. Il dit :

_ Notre compagnie d'assurance est heureuse de constater que votre établissement respecte les règles de sécurité, monsieur Robert. Vous n'avez pas donné le code et vous avez enclenché l'alarme muette. Nous allons pouvoir négocier votre contrat à la baisse.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 14:44

Un tirage plutôt simple, cette semaine (Lapider – passif – bécasseau) . Et une envie de parler de nature. J'étais parti sur un chasseur à la becasse, mais le sujet m'a déplu et je me suis rabbatu sur cette histoire d'arbre.

Et de couteau.

Georges fixait cet arbre depuis longtemps. C'était son arbre. Il l'avait planté cinquante ans auparavant. De ses mains ! Et voilà que deux jeunes délinquants avaient osé le profaner, le souiller, le meurtrir. A la pointe d'un couteau (d'une arme meurtrière), ils avaient entaillé définitivement l'écorce, jusqu'à la sève, qui avait coulé sur quelques centimètres.

Un bécasseau s'ébroua et Georges tourna la tête, par réflexe. Son élevage était à deux pas, derrière sa maison, mais l'arbre se trouvait dans le square qui avait été aménagé devant le perron. Square qui était auparavant un bosquet sauvage. Passif, le coin de verdure n'avait pas bougé alors que les maisons l'avaient encerclé. Georges avait combattu bec et ongles pour que ces arbres restent. Surtout cet arbre.

Ils avaient gravé leurs prénoms. Ils ne seraient pas durs à retrouver, ces délinquants. Il voulait les poursuivre, les injurier, les lapider ! Mais n'en ferait rien, il le savait bien. Ils ne l'auraient pas voulu. Malgré toute sa colère, tout son dégoût, son impression d'impuissance, il laisserait la blessure cicatriser dans le bois et dans son coeur.

Sans regarder si on l'observait, Georges embrassa l'arbre et frotta sa joue contre le tronc mutilé. D'une voix frêle, il chuchota quelques mots, laissa ses larmes imprégner l'écorce et recula. Plusieurs minutes passèrent avant qu'il ne tourne les talons, qu'il ne laisse l'arbre qu'il avait planté un demi siècle plus tôt et sous lequel il avait enterré les cendres de ses parents.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 20:50

J'ai réalisé un nouveau tirage (plus favorable que le dernier en date) et je suis tombé sur les mots : Bénéficiaire – géophysique – marcher. Mais une contrainte pouvant en cacher une autre, j'ai également pondu un texte qui puisse s'insérer dans le thème de la semaine (voir la catégorie du post, en bas), à savoir la pluie. Voici donc un texte plein de pluie, de géophysique et d'autres trucs tout aussi agréables...


La pluie tombait depuis plusieurs jours sans discontinuer, sans même faiblir. John était trempé. Complètement imbibé, jusqu'au slip. D'un geste vif, il poussa la porte de la librairie et attendit que ses vêtements s'égouttent sur le paillasson avant de pénétrer dans la boutique. Tous les clients avaient tourné les yeux vers lui. Un noir d'un mètre quatre vingt dix, trempé au dernier degré, ils n'en avaient pas vu souvent. Et sûrement pas dans une librairie.

John marcha silencieusement entre les rayons des ouvrages techniques, consulta un traité de géophysique, fouina dans les sciences humaines, bref se fit oublier, jusqu'à ce qu'on lui touche l'épaule. Il ne cilla pas.

_ Vous vouliez vous faire remarquer, c'est ça ?

Le géant répondit à son interlocuteur sur le même ton : bas et monocorde.

_ Les gens les plus voyants sont ceux qu'on oublie le plus vite.

_ J'espère pour vous, en tout cas.

Il pivota légèrement et jeta un coup d'oeil rapide à celle qui faisait semblant de feuilleter un ouvrage de psychologie. Brune, lunettes fines, manteau noir et écharpe bordeaux, elle passait effectivement plus inaperçue que lui.

_ Vous avez la marchandise ? lança-t-elle.

Il reposa le livre qu'il parcourait sur une étagère en hauteur.

_ Entre les pages 100 et 102. Et le règlement ?

_ Dans le parapluie rouge qui se trouve à l'entrée.

_ Ça, ça va me servir ! Et vous, vous allez vous mouiller.

Elle sourit en saisissant le livre en question.

_ J'en ai un autre, dans mon sac.

_ Qui est le bénéficiaire ? demanda le noir sans transition.

_ Quelqu'un de riche, éluda la femme en faisant volte-face.

Elle s'éloigna vivement en cherchant la page 100 de l'ouvrage et ne vit pas le regard que lui lançait le colosse, ni l'arme qu'il délogeait de sa ceinture. Car en plus d'être d'une stature impressionnante, il avait une mémoire photographique hors du commun. Et dans son souvenir, le parapluie rouge était sec !

Notons au passage (mais avec application) que le thème sus-cité avait déjà été traité (en profondeur) avec ce texte.

PS : notons que le thème n'étant pas celui que je croyais (voir commentaires), ce texte devient, du coup, totalement libre (et ça fait du bien).

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 11:24


Amis lecteurs, oyez, oyez, l'histoire d'Héraclès le colosse (plus connu sous le nom latin de Hercule) qui, tel un licencié d'une usine Sony ou un samouraï déchu, cherche sa voie dans le dur chemin de la vie, le tout grêceà trois mot piochés au hasard dans le dictionnaire :
Emboîtement – réchauffeur – gymnosophistes (et grâce à l'influence salutaire que la lecture de la BD de Sfar a eu sur moi).

Heraclès arma son énorme poing et l'enfonça dans l'estomac du dernier des fantassins qui lui faisaient face en hurlant :

_ Bande de sodomites, fils de Morphée, gymnosophistes !!

L'homme en armure se courba en deux, reçut un coup de genou sur le nez et s'effondra sur le sol au milieu de ses congénères. La place était jonchée de silhouettes affalées au sol, parfois entassées ou encastrées, le tout baignant dans un mélange de sang et de fluides corporels. Le colosse en pagne s'étira et brandit ses mains écartées au firmament en criant :

_ Vois ce que tu me fais faire, papa ! Casser la tête des mes semblables, répandre le sang et la peur ! Tout ça pour effectuer ces sales travaux dont tu as la paresse de t'occuper ? Qu'est-ce ce que ce sera, le prochain, nettoyer tes latrines ?

_ Plutôt des écuries, dit un petit garçon qui se tenait derrière lui, l'air innocent.

_ Tu as toujours des déguisements incroyables, papa, railla Heraclès en se retournant.

Le garçon haussa les épaules et quitta la place ensanglantée. Le demi-dieu le suivit.

_ Tu es une machine à tuer, dit le garçonnet. Je ne t'ai pas conçu ainsi, mais c'est un fait. Tu n'est bon qu'à zigouiller, décimer, massacrer, écraser les têtes, exploser les jointures, dérouiller les emboîtements.

_ J'aurais préférer un autre rôle sur cette Terre, ô, Zeus, confia le colosse. Je puis être utile, réparer les chars, construire des maisons...

_ Pourquoi pas réchauffeur de pizza ? interrompit un individu qui venait d'apparaître.

Il était vieux et famélique et arborait un sourire rude.

_ Réchauffeur de quoi ?

_ Ne prête pas attention aux paroles de Cronos, trancha Zeus, elles sont pleines d'anachronisme.

En effet, cela arrivait souvent au dieu du temps.

_ Écoute moi, fils, reprit le dieu de la foudre. Je vois que ta tâche te pèse et te voir ainsi me rend malheureux. Aussi je te propose un nouveau travail, qui sera différent des autres. Tu dois aller chercher une personne et la ramener à un endroit que je t'indiquerai. Est-ce que tu te sens capable d'accomplir cela ?

Héraclès se racla la tête.

_ Est-ce qu'elle sera gardée par une armée ?

_ Non.

_ Par des monstres ?

_ Non.

_ Par des magiciens ?

_ Non.

_ Alors j'accepte !

La montagne de muscles et le petit garçon se serrèrent la main. Quelques jours plus tard, alors qu'il se retrouvait devant la porte du royaume des morts, où état enfermée Thésée, Héraclès se demanda s'il ne s'était pas fait avoir.

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 09:58

Une histoire de science-fiction, c'est assez rare ici pour être noté. Les ambiances ne sont pas mon fort, aussi j'espère avoir, en quelques lignes, réussi à en distiller une...


Mary marchait sur la plage, les cheveux au vent. Les vagues puissantes s'écrasaient sur la grève, s'émiettant en remous qui venaient lui lécher les orteils. Le soleil couchant se reflétait dans l'eau en un milliard de points argentés. L'odeur de l'eau salée piquait ses narines. Une voix lui parvint faiblement :

_ Tu as toujours aimé les clichés.

Elle leva les yeux vers un papillon qui voletait juste au-dessus de son visage et sourit.

_ Et toi, je ne savais pas que tu aimais tant les insectes.

Le papillon s'éleva quelque peu.

_ Moi, non. Mais je sais que tu adores ces petites bêtes volantes.

Elle rigola, la main devant la bouche.

_ Dit de cette manière, ce n'est pas très romantique.

_ Ce n'est pas mon fort, je sais. Et si on s'asseyait.

Mary hocha la tête et se dirigea vers les palmiers qui bordaient la plage. Lorsqu'elle se retourna, une panthère la suivait, ses muscles ondoyant puissamment sous son pelage noir.

_ Tu aimes les félins ? se hasarda-t-elle.

_ J'aime l'idée du félin : la puissance du prédateur contenue dans un animal au pelage doux comme celui d'un chat.

Elle s'assit dans le sable chaud, le regard tourné vers l'eau.

_ Tu as quelque chose à me dire ?

La panthère s'assit dans le sable, sa queue battant lentement derrière elle.

_ Tu sais que cet univers est mien. C'est une projection de mon cerveau, générée par ordinateur.

_ Bien sûr que je le sais, sourit Mary. Et alors ?

_ Alors... bafouilla la bête numérique, je crois que j'ai fait une bêtise.

Subitement, le bleu du ciel devint électrique, sans aucune nuance, et le soleil disparut complètement. A la place, une fenêtre s'ouvrit sur un message inintelligible : Le système à rencontré une erreur, merci de le redémarrer.

_ Mais c'est-ce c'est que ça ? s'offusqua la jeune fille.

_ C'est ce que je voulais de dire ! J'ai fait une bêtise. Je suis passé à Windows Vista.

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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