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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 12:55

 

college.jpg 

J'interviens en collège depuis une semaine, pour animer un atelier d'écriture. Je trouve que ce lieu dégage une violence inouïe qui, si elle n'est pas physique, est symbolique et verbale. Durant un atelier, (ce matin à vrai dire), j'ai écrit ce texte qui redonne vie à de vieux démons.

 

 

Pour passer une horrible journée , il me faudrait simplement :

Me retrouver dans un univers parallèle où je serais de nouveau collégien.

Me lever tous les matins à 7 heures, réveillé par la lumière du couloir.

Prendre un petit déjeuner stressé, avec Chérie FM à la radio

Me mettre en rang dans le froid sous les vociférations d'un prof exaspéré et me faire bousculer en entrant en classe.

Écouter toute la journée, concentré, même si ça ne m'intéresse pas

Obéir, me conformer, ne surtout pas dépasser du moule

Surtout ne pas penser par moi-même.

Me résigner à passer ma jeunesse dans un lieu totalement étranger à lotion de plaisir, sauf dans l'idée d'en partir.

Vivre dans la peur de ramener des mauvaises notes à la maison.

Me faire pousser dans les sacs et être ridicule dans ma tentative de m'en dépêtrer.

Faire des tours de terrain de foot en short avec un point de côté

Me faire des ampoules au doigt à force de copier ce qui est écrit au tableau.

Me battre avec un stylo plume qui fuit et que, bien sûr, on m'oblige à utiliser.

Rester coincé dans ce collège comme dans une toile d'araignée et répéter toujours la même journée, celle où j'ai une interro de maths surprise et où je n'ai pas révisé.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:19

 

lapin.jpgJ'ai passé le week-end à animer des ateliers d'écriture et j'ai trouvé le temps d'écrire un peu, entre deux sessions. Voici ce que ça donne :

La petite fille, très concentrée, coloriait avec application un lapin qui faisait sa toilette sous un arbre. L'animal, fixé dans une attitude très studieuse, tirait une langue qui devint bleue sous les coups de feutres. La fourrure verte dépassait sur la prairie qui s'étalait derrière lui, comme si elle voulait lui prêter de sa couleur. L'herbe se fit grise et marron, et se couvrit de fleurs bleues, noires orange et rose qui fleurissaient en gribouillis.

Dans le feuillage de l'arbre, d'un rouge vif, un arc vert évoquait une hirondelle, à moins que ce ne fut un coup de crayon involontaire. De gros nuages roses, semblables à des barbapapas, moutonnaient au milieu d'un ciel violet, zébré de bandes jaunes.

La petite fille écarta ses feutres et éloigna son visage de son ouvrage, un air satisfait se peignant sur ses traits. Elle tourna la page et sourit en découvrant un toucan blanc qui s'envolait au milieu d'une nuée de ballons incolores. Elle saisit un feutre vert et commença par le bec de l'oiseau.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 11:11

boite.jpgUn texte écrit hier soir en atelier d'écriture aux Thétards. Bien sûr, tout ce qui suit est vrai.

Maggy avait préparé un petit paquet plein de cerises pour notre propriétaire, qui habite à quelques mètres de notre appartement. Elle y avait épinglé une carte disant « bon printemps », ou quelque chose dans le genre. Je suis allé à pieds le lui apporter, accompagné de Maya. La vieille femme a eu l'air de vraiment apprécier le geste, au point qu'elle nous a offert en retour une boîte de pâté.

J'ai glissé la boîte dans mon sac. Une simple boîte en fer blanc, contenant des « grillons de la tante Francine », selon l'étiquette. Je suis rentré avec Maya, après avoir fait un long détour par la Voie Verte, histoire de profiter un peu du beau temps de cette matinée. De retour à la maison, j'ai posé la boîte sur la table de la cuisine et j'ai raconté l'anecdote à ma femme. Elle a rigolé et a proposé d'ouvrir le pâté pour le manger à midi.

_ Comme ça, on verra ce que donne la tante Francine, à-elle déclaré.

Le repas a été prêt rapidement. Soupe et tarte aux légumes. J'ai dressé la table. Maya tournait autour de nous en gesticulant, comme à chaque fois que nous nous activions. J'ai pris un ouvre-boîte, je me suis assis et j'ai appelé ma fille.

_ Regarde bien.

J'ai manœuvré la lame courbe et le métal s'est entaillé. Ses petits yeux se sont écarquillés. Bientôt, l'opercule s'est détaché et j'ai pu lui montrer le contenu de la boîte : Rien.

_ Tagada, a dit ma fille de deux ans.

Traduction : c'est parti.

J'ai appelé Maggy pour lui montrer l'incongruité de la chose. Elle a mis plusieurs secondes à comprendre que notre cadeau n'était qu'une coquille vide.

_ Elle s'est bien fichue de nous.

_ C'est plutôt la tante Francine qui s'est fichue d'elle.

J'ai ouvert la poubelle et j'y ai machinalement jeté la ferraille. Elle est tombé au fond dans un bruit mat.

_ Dis-donc, ai-je lancé. Y'a pas de sac.

_ Y'en avait un hier.

Après un temps d'observation, elle s'est penchée et a ouvert le placard de sous l'évier.

_ Tagada !

_ Mais... Mais qu'est-ce que t'as fait des affaires de ménage ?

_ J'ai rien fait du tout ! me suis-je défendu.

Énervé, j'ai ouvert en grand le placard blanc, la réserve de nourriture.

_ Tagada ?

_ Mais c'est pas possible. C'était plein ce matin.

Maggy s'est précipitée vers le placard à vaisselle. Vide. Le tiroir à couvert. Vide. Le meuble à épices. Vide

_ On a été dévalisés, s'est-elle écriée.

Les tiroirs à saloperies-qu'on-ne-sait-jamais-où-ranger. Vides. Le placard des tasses et des mugs. Vide.

_ Mais non, ai-je compris. C'est depuis qu'on a ouvert cette fichue boîte. Tout ce qu'on ouvre est vide. Tiens, je suis sûr que le frigo est vide.

J'ai tiré sur la poignée blanche. Il ne restait plus que les grilles et les bacs à légume. Tout était propre, tout était net. Pas une odeur. Maggy s'est collée à moi.

_ Mais qu'est-ce qu'on va faire ?

J'ai ouvert la porte du salon. Vide. Plus un meuble. La pièce était telle qu'on l'avait vue lorsqu'on avait visité l'appartement un an plus tôt.

_ Tout est en train de disparaître, a hurlé ma femme.

Maya s'est mise à pleurer. Maggy l'a prise dans ses bras. J'ai attrapé le téléphone. Répertoire vide, bien entendu. Nous sommes resté groupés, tremblants et paniqués. Par la fenêtre nous parvenaient les bruits de la ville. J'y ai pensé mais je n'ai pas osé l'ouvrir, de peur que toute vie sur terre de ne disparaisse. À la place, nous nous sommes déplacés jusqu'à la salle de bain, en nous serrant très fort la main. Ici, il n'y avait même plus de lavabo ni de douche, juste des tuyaux qui sortaient du sol, comme dans une maison en travaux. Par contre, il restait un miroir, celui qui était normalement accroché au-dessus du lavabo. J'y ai jeté un coup d'œil. Dans le reflet, tout était revenu à la normale. Serviettes suspendues aux patères, jeux du bain, boites de médicaments, panier de linge sale.

Mais nous, nous n'y étions pas.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 14:37

Un texte que j'ai écrit il y a 2 semaines, lors d'un atelier que j'animais, et que j'ai modifié depuis. 

Buon appetito !


risotto.jpgÇa faisait un mois qu'il habitait chez moi.

Il m'avait appelé un soir pour me demander ce petit service. Un hébergement de fortune, quelques nuits inconfortables sur mon clic-clac. Il arrivait juste en France et ne connaissait personne. Ce n'était pas vraiment un ami, mais il m'avait invité plusieurs fois chez lui, en italie. Je ne pouvais pas faire autrement que lui renvoyer l'ascenseur.

Au début, il était tout à fait vivable, je t'assure. Un vrai colocataire modèle. Il faisait le ménage et sa part des courses. Il rangeait ses affaires. Il passait même derrière les fourneaux et me préparait son fameux risotto al barolo. Dix jours plus tard, son riz, je l'avais déjà en travers de la gorge. Des poils foncés dans la baignoire, des chaussettes sales sous le canapé et des miettes de marijuana sur la table de la cuisine. Mon hospitalité atteignait ses limites.

C'est la qu'il a commencé à me baratiner.

Je ne croyais au début. J'ai toujours été foncièrement honnête, tu le sais. J'ai accepté ses explications vaseuses, ses prétextes fallacieux et ses mésaventures fantasmées.

Il venait d'arriver en ville, mais il n'avait pas de difficultés à se faire des amis. Un soir sur deux, il me ramenait un pote, qu'il venait de rencontrer dans un bar ou un musée. Un expatrié, en général, avec qui il communiquait dans un charabia anglo-latin. Puis ce fut progressivement une vraie congrégation d'étrangers qui installa ses quartiers dans mon appartement, qui fumait, buvait, criait, se battait de temps en temps. Vers une heure du matin, je les fichait inlassablement à la porte, me faisant traiter de asshole, de stupido, de coño ou de sale capitaliste.

Le lendemain, il réapparaissait, la queue entre les jambes, me présentant ses excuses avec tant d'éloquence que je les acceptais à chaque fois.

Ça faisait un mois qu'il habitait chez moi. Nous, on sortait ensemble depuis trois jours. C'était bien, très bien même. On avait envie de passer une soirée ensemble, en tête à tête, et je t'ai invitée dans mon F3. J'ai sorti le grand jeu, chandelles, huitres, champagne.

Quand je l'ai entendu arriver avec ses potes qui chantaient des chansons paillardes à tue-tête, je ne pensais pas qu'il allait rester. Je lui avait demandé de me laisser tranquille ce soir-là. J'avais même très lourdement insisté là-dessus.

Je n'ai pas voulu m'énerver devant toi, c'est pour ça que je n'ai pas été aussi ferme qu'il aurait fallu. Mais quand je l'ai vu enlever ses chaussettes, j'ai compris mon erreur. Trois minutes plus tard, c'est toi qui déguerpissais.

Maintenant, il est parti, il squatte un autre rital, ou un rosbif ou un teuton, enfin je m'en fiche. Il peut bien dormir sous les ponts ! L'important, c'est qu'il ne risque pas de remettre les pieds chez moi. Il parassita n'est plus. Alors je t'en supplie, laisse-moi une autre chance.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 15:49

En lisant le dos d'une boite de chocolat en poudre équitable (on y explique que les travailleurs ont reçu un revenu acceptable et qu'on leur apprend à se débrouiller tous seuls), je me suis demandé ce que ça donnerait sur un autre produit, par exemple un jouet fabriqué en Chine (presque tous les jouets en viennent, en tous cas ceux qu'on trouve en grande surface).


jouet.jpgMerci d'avoir acheté ce jouet. Votre geste permet de contribuer à faire vivre une famille du nord-ouest de la Chine, dans la région du Xinjiang.

Ce produit a été fabriqué pour les enfants, par les enfants. Les travailleurs qui ont fabriqué ce jouet ont tous reçu un salaire d'un dollar par semaine. C'est plus qu'ils n'en ont besoin, puisqu'ils sont logés et nourris toute la semaine sur leur lieu de travail. Ils dorment dans la même pièce que leur parents, ainsi que dix-huit autres familles.

Le travail est très bénéfique pour les enfants. Il leur apprend dès le plus jeune âge la réalité de la mondialisation et leur donne des outils concrets pour exercer un métier durant leur vie d'adulte.

Ce produit répond à une logique marchande et chaque phase de sa fabrication et de son transport est soumis à un contrôle très strict visant à réduire les coûts. Nous pouvons ainsi vous offrir un produit au meilleur prix, sur lequel votre revendeur local peut prendre une grosse marge et développer l'économie de votre pays. (voir diagramme de répartition des charges).

Il est donc normal que vous trouviez des imperfections. Elles sont inévitables dans le système économique mondialisé qui est le nôtre. Si tel est le cas, nous vous invitons à jeter votre produit dans la poubelle des ordures ménagères (il pourrait s'avérer dangereux) et à le racheter. Inutile de le signaler à votre revendeur local, il y a peu de chances pour que cela soit suivi du moindre effet.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 11:47

Second texte, écrit à la suite directe de premier. L'idée, improvisée, était de transposer la technique à la campagne et de comparer les résultats. J'ai enlevé dans ce texte tout ce qui n'était pas purement visuel.


jardin.jpgPromenade dans le jardin de ma grand-mère :

Allée bétonnée – graviers perdus dans l'allée

poteaux blancs – fils avec linge qui sèche

Grand bâtiment de parpaings – porte à la peinture verte écaillée – foin

Petite bassine blanche pleine d'eau de pluie – poutre posée au sol – sabots usés

Portail grillagé du poulailler – herbes folles – chemin de terre – gros tilleul taillé ras

Plantations de pommes de terre de choux et de salades

Grand cerisier en face – poêle à bois déchiqueté – orties

Grand tas de fumier – petit parterre de fleurs – pensées jaunes et violettes

Pommier – pommes rouges écrasées

Rangées de poireaux – robinets sortant du sol – champs labourés – semis – petites serres

Plants de fraisiers de groseilliers et de framboisiers

Énorme figuier – branches soutenues par des étais de bois

Herbes hautes – piquets entassés sous abris



Ici, les termes charrient davantage de détails et l'impression de mouvement est atténuée. On dirait plus la description précise d'un grand tableau qu'un vrai déplacement. C'est dû au fait qu'on soit à pied et qu'on ne connaisse rien du lieu traversé, contrairement aux terme du paysage urbain qui sont partagés par (quasiment) tout le monde. De plus, dans le premier texte, le style est en accord avec le côté syncopé de la conduite (coups d'œils furtifs dans tous les sens). Dans cette description bucolique, point de stress, donc il faut trouver une autre justification au style : d'où l'impression de regarder un tableau.

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 11:46

 

Arrivent 2 textes écrits lors de ma première séance d'ateliers aux Thétards, le 1er avril. Je ne suis pas particulièrement fiers de ces écrits, pas parce qu'ils sont mauvais, mais parce qu'ils sont accessibles à n importe qui, vu qu'ils ne demandent pas de technique particulière.

Il n'est pas retouché. Son principe se base sur un texte de Claude Simon.


velo-b.jpg

Ce que je vois en vélo :

Bitume – grains de gravier

Auto-école garée blanche

Feu tricolore – voitures arrêtées – bonhomme vert

Chaussée qui défile – caniveau roulable – bâtiment de France Bleu Périgord

Zébrures jaunes d'un arrêt de bus

Vitres du Centre de la Communication – affiches

Rambardes du pont Saint-Georges – voitures qui me doublent – lignes blanches discontinues

Cul de voitures – gaz d'échappement

Plaque d'égout enfoncée – ornières à éviter – carrefour

Voitures alignés en épi – tourne-à-gauche

Bande blanche de stop

A gauche : station service

Le sol – les pédales – un scooter qui me double – passage clouté – gens pressés – le sol – kebab – le sol pizzeria Mataguerre – le sol – large trottoir roulable

Des marches – des massifs de fleurs – une large vitrine – une chaine en fer reliant deux poteaux

Murs de pierre – tout Mataguerre – pavés irréguliers – gouttière – porte rectangulaire du bar

C'est le récit du trajet reliant mon domicile au bar accueillant l'atelier.

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 19:16

Texte écrit en atelier d'après un extrait des trois Parques de Linda Mê : décrire une situation d'ennui à l'aide d'onomatopées.

Bruits d'hôpital

lit-hopital.jpgCette première nuit, dans ma chambre d'hôpital, juste après mon opération, un calvaire. Impossible de dormir, impossible d'oublier les signaux que m'envoie mon corps éventré, qui hurle sa douleur intérieure. En écoutant l'extérieur, peut-être : Le lit mécanique qui fait bzzzz-tac... bzzzz-tac. Dans le couloir, le bip-bip d'autres pensionnaires qui appellent les infirmières, suivi du tap-tap de leurs pas précipités. La télé est éteinte. Elle ne sait faire que bla-bla-bla. De l'eau passe dans les tuyaux des radiateurs. C'est un shhhhh continu.

Brem-brem-brem, c'est le chariot de la machine à tension que l'on roule dans le couloir. Ffff, la porte s'ouvre dans un souffle d'air. On me prend la tension. Rrrrhh, ne pas bouger le bras pendant que ça se gonfle. Pshhh, la machine ravale son air mécanique et mes muscles se détendent. Tshac-tshac-tshac, c'est le sang qui bat dans mes oreilles comme des coups de fouet. Tac, le thermomètre auriculaire me lit au dixième de degré près. Et de nouveau seul, à écouter le temps passer. Je tends le bras. Tlac, j'allume la radio en tournant la molette. Zing-zing, boum-bah, ta-ta-ta, la-la-lère... J'éteins, tlac.

En tendant l'oreille, la rue me parvient, feutrée. Ouaf-ouaf, le chien qu'on promène. Vrrr, les voitures qui passent rapidement. Aïe, c'est moi qui essaie de changer de position dans le lit. Bzzzz-tac, je redresse mon dos. Paf, je tape sur mon oreiller et le remonte – aïe – sous ma nuque. Tig-Tig, mes pieds battent contre l'armature métallique du lit. Hhhahhhg... ma respiration devient plus difficile. La douleur afflue. Bip-bip, tap-tap, ffff, brem-brem-brem « Ça va monsieur ? ». « J'ai mal. »

Tling, la perfusion d'analgésique contre le métal de la tige. Liip, l'écoulement imperceptible du liquide dans le tuyau de plastique, puis dans mon organisme. J'imagine déjà les molécules qui vont régler leur compte à la douleur qui me vrille le ventre. Ça va faire boum-bam, argh. Mais c'est un combat perdu d'avance.

Brem-brem-brem, ffff, tap-tap. Me revoilà seul avec moi-même. La nuit est encore longue.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 12:54

Ce texte n'a presque ni queue ni tête. Il se base sur le livre (génial) de Georges Perec (http://www.telerama.fr/livre/l-art-et-la-maniere-d-aborder-son-chef-de-service-pour-lui-demander-une-augmentation,35283.php pour un court extrait), écrit sans aucune ponctuation. Mon écrit, au contraire, utilise de nombreux signe de ponctuation, dans un souci de simplification (car il faut toujours – toujours – simplifier).

Toute douleur craniène suite à cette lecture ne serait que pure coincidence...


Le choix du moyen de transport pour se rendre en centre-ville

Bonvoiture-velo.jpgjour. Nous allons aujourd'hui nous pencher sur cette question classique, que dis-je ce cas d'école, que je nommerai " le choix du moyen de transport pour se rendre en centre-ville ". Dans un souci de simplification – car il faut toujours simplifier dans la vie, autrement tout devient incroyablement compliqué – nous nous cantonnerons à deux choix et seulement deux, à savoir la voiture et le vélo. Nous nous demanderons donc dans un premier temps si nous (je dis nous pour simplifier – car il faut toujours simplifier – mais cela peut impliquer une personne comme deux ou trois ou quatre ou davantage) si nous, disais-je, habitons près ou loin du centre-ville où nous comptons nous rendre, considérant en passant que le seul cas de figure qui ne se pose pas est celui où nous habitons au centre-ville (auquel cas nous nous y rendrons à pieds, à moins que le dit-centre-ville soit extrêmement grand ou qu'il nous soit difficile, voire impossible, d'envisager la marche à pied comme moyen de transport, peut-être par choix ou à cause d'une infirmité physique que nous ne détaillerons pas ici). Ainsi deux cas de figure se présentent : ou nous habitons près ou nous habitons loin du centre. Si nous habitons loin, le vélo semble être à proscrire, à moins que nous soyons particulièrement sportifs ou que nous aimions les longues balades à vélo (mais dans un tel cas, il s'agit d'une balade et non d'un trajet utilitaire qui, précisons-le, consiste à nous rendre en centre-ville pour un rendez-vous, une course, un besoin pressant, enfin un but important qui élimine de fait toute velléité de flânerie). Si nous habitons près du centre, c'est dire à une distance qui implique de se questionner sérieusement sur le moyen de transport à emprunter, à savoir le vélo ou la voiture, nous nous demanderons dans un premiers temps s'il fait froid. Dans l'éventualité où il ne fait pas froid, c'est à dire où la température est agréable, sans être non plus chaude, voire caniculaire (nous nous épargnerons cette éventualité dans un souci de simplification car il faut toujours simplifier) nous irons observer la voiture et nous noterons si elle est bien garée ou si son stationnement présente la moindre incidence sur la circulation des autres véhicules ou des piétons. Dans ce dernier cas, le choix est évident : il faut l'utiliser pour nous rendre dans le centre, afin d'éviter que notre monture ne continue ainsi de gêner par sa présence la fluidité du trafic roulant et marchant. Dans le cas où le véhicule est parfaitement bien garé, nous nous rabattrons sur le vélo, non sans nous être posé une autre question : Sommes-nous en forme ? Si nous pouvons répondre à cette question par la négative, nous jetterons notre dévolu sur l'engin motorisé, qui a l'avantage de ne pas solliciter notre capital musculaire outre mesure. Par contre, si nous répondons oui à cette question, nous serons bien inspirés d'opter pour la bicyclette, le VTT ou le type de vélo que nous aurons à disposition. Revenons maintenant à notre première question, celle qui concernait le climat – et plus précisément la température extérieure – et envisageons qu'il fasse froid. Nous ferons alors quelques pas en direction de notre carrosse et observerons le dépôt éventuel de givre sur les parties vitrées qui composent ce dernier. Si la voiture est gelée, nous chercherons la gratounette (la fameuse gratounette que l'on a toujours sous la main en été et qui a tendance à disparaître dès que le mercure descend en dessous de zéro degrés Celsius). Si nous trouvons cette gratounette – bingo ! – utilisons-là pour gratter vigoureusement les parties vitrées de notre véhicule, en insistant particulièrement sur le pare-brise et la vitre arrière, et rangeons-la dans un endroit nous permettant de la retrouver facilement la prochaine fois (par exemple dans un vide-poche, dans la boîte à gants ou dans tout autre emplacement de notre convenance). Si nous ne la trouvons point, considérons un instant la possibilité de conduire sans visibilité – et oublions-la aussi sec – et faisons tourner la clef de contact (après avoir mis la main dessus, ce qui n'a rien d'évident lors qu'on a passé son temps à chercher la gratounette) faisons-la tourner, disais-je, dans l'encoignure qui permet de démarrer le véhicule, pour faire disparaître le givre par l'augmentation de la température à l'intérieur de l'habitacle. Mais cela ne simplifie pas les choses et ne nous aide pas à choisir. Considérons donc, pour simplifier (car il faut toujours simplifier, je me tue à vous le répéter) qu'on puisse tout simplement revenir au questionnement concernant notre forme physique et notre propension à actionner les pédales avec suffisamment de force pour faire mouvoir notre masse (ainsi que celle du vélo (ce qui n'a rien d'évident (notamment dans les côtes))) auquel cas le fait que la voiture soit gelée, la gratounette introuvable et le mercure contracté ou dilaté dans le capillaire n'a pas plus d'importance que celle que nous voulons bien lui accorder, et le choix initial, à savoir le mode de transport à utiliser pour se rendre au centre-ville, s'effectuera principalement en tâtant nos mollets.

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 15:09

Leda.jpgCe texte est issu de la session d'ateliers du 2 février 2010, réalisé selon une variante de la technique de Caradec, à l'aide de Amphitryon 38 de Jean Giraudoux.


Est-ce que la reine Terre arrive à l'idée ?

Est-ce que la reine Création arrive à la robe ?

Est-ce que la reine Hercule arrive à la femme ?

Est-ce que la reine Adultère arrive au mari ?

Est-ce que la reine Patience arrive à la réponse ?

Est-ce que la reine Consentement arrive au compte ?

Non seigneur, la reine Léda arrive au palais.

Ce texte est construit selon les lois du hasard. Mais il parvient selon moi à distiller quelque chose qui tient autant du bricolage que de la poésie (ce truc, je le comprends depuis peu, qui se permet d'utiliser les mots en dehors de leur utilisation formelle et produit des textes sans pour autant vouloir raconter une histoire, en un mot, qui est une forme d'art)

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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