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Voici un nouveau texte à épisodes issu du blog précédent. Cette fois-ci, je demandais aux (quelques) lecteurs de me dire ce qu'ils voulaient qu'il se passe (ou pas) dans la suite de l'histoire. Expérience très frustrante et déstabilisante. A ne pas renouveler !


Le réveil de Boris


1. Boris a 42 ans. Il est ripper, c'est à dire éboueur en anglais. Ça fait plus propre quand on le dit en anglais. Quatre jours sur sept, il se lève à trois heures du matin et part travailler la gueule dans le sac et les mains glacées. Avant de quitter la maison, il fait rituellement une bise à sa femme et jette un coup d'oeil dans la chambre de ses deux enfants. Puis il démarre tant bien que mal sa Citroën et conduit dans la nuit glacée jusqu'au dépôt.

Là, il vérifie son camion avant de faire tourner le moteur, les niveaux, les câbles de commande, la benne, les phares, et prend un café avec les autres.

L'ambiance est bonne, tout le monde se serre les coudes, même le contrôleur qui s'est levé à la même heure que les autres. Dans la salle du café, on entend bourdonner l'armée de camions qui chauffent dehors. Des blagues salaces s'échangent à toute vitesse. Pour se réveiller, on se raconte les dernières nouvelles. Et la journée commence.

En pleine nuit.

La tournée se termine vers midi, quand tout va bien, quand le trafic est bon, quand rien ne tombe en panne, quand une décharge n'est pas fermée, quand la mouise ne se montre pas. Sinon, ce sont des heures sup' non payées, du temps en moins à dormir ou à profiter des gosses.

Ce matin, Boris est en route vers la centrale, au volant de sa vieille CX. Il file à travers les artères désertes de la ville. La ventilation est à fond mais souffle encore de l'air froid. Les vitesses craquent, renâclent, le volant est dur. De la buée a envahi le pare-brise. Boris se soulève pour l'essuyer d'un revers de manche.

Le corps a surgi du côté sans que Boris ne le voie. Quand il l'aperçoit enfin, il braque par réflexe. La voiture se met sur deux roues, se rétablit, se renverse de l'autre côté.

 

2. La conscience de Boris palpite, tourbillonne, s'élève dans l'éther.

En dessous de lui, sa voiture exhale une épaisse fumée grise, couchée sur le toit, le capot béant.

En dessous de lui, des pompiers en découpent la carcasse rouillée et extraient un corps inconscient mais intact.

En dessous de lui, les éclairs électriques tentent de réamorcer une pompe arrêtée depuis huit minutes. Pas trop tard, mais il faut faire vite. Allez, encore une fois. On dégage. C'est bon j'ai quelque chose.

En dessous de lui.

* *

*

Boris ouvre les yeux. Des yeux aveugles. Mais c'est normal, lui dit l'infirmière, c'est le temps de se réhabituer à la lumière. Il a passé beaucoup de temps dans l'obscurité. Trop de temps, ont trouvé ses proches et ses collègues.

Sur la table de chevet de l'hôpital, une fleur en pot. Quelques cartes. Bon rétablissement. Reviens vite au boulot. On t'aime. Boris les parcourt d'un air absent. Ça y est, il a retrouvé sa vue, un peu de sa mobilité. Son bandage au crâne le gratte un peu. Il attend un médecin qui doit venir le voir. Une heure qu'il doit arriver sans tarder. De toute façon, Boris a tout son temps. Les paupières closes, il essaie de retrouver des sensations enfouies. Déjà mortes. Irréelles. Il abandonne.

_ Bonjour, comment vous sentez vous ?

_ Complètement décalé.

_ Ha ha, c'est normal. C'est le réveil.

Le docteur regarde les yeux, les oreilles et la langue de Boris. Il prend son pouls et sa tension, consulte les relevés antérieurs. Le docteur trouve Boris encore un peu légume, mais c'est encourageant.

Un trou.

_ Comment ça un coma ?

_ Oui, vous avez eu un accident, vous vous souvenez ?

_ Non. Oui. Un peu. Je sais pas.

Je veux dormir.

_ Un accident de voiture, en percutant un chien errant. Vous avez été mort cliniquement durant plusieurs minutes. On vous a ramené mais vous avez fait un coma. Un coma assez long d'ailleurs.

Sursaut de conscience.

_ Assez long ? Comment ça ?

3. _ Presque un an.

 

Silence. Boris a les yeux fermés. Le docteur a les bras croisés.

_ On est quel jour ?

_ Le 8 décembre 2007.

Boris a eu son accident au mois de janvier. Il venait de passer les fêtes de fin d'année en famille. Il a reçu des cadeaux, un livre, un parapluie, des gants de laine. Il a mangé la galette avec des collègues de travail. Il a fait les soldes. Tout ça va se reproduire.

Son coma lui a fait remonter le temps.

Ce que lui raconte le docteur ne le touche pas. Considérations techniques. Mises en garde. Médications. On lui ôte son bandage, qui ne servait qu'à tenir une perfusion. Il voit des kinés. On lui dit d'essayer de marcher, de lever le bras, comme ça, c'est bien, on progresse.

Il retrouve sa femme, ses fils. Il voit bien qu'ils ont changé, mais il a du mal à se dire qu'ils ont un an de plus. Un an !

Son reflet dans le miroir le laisse de marbre, aussi. On l'a rasé, on lui a coupé les cheveux et les ongles pendant un an. On l'a maintenu présentable pendant sa demi-mort. Bien propret. Il est plus maigre. Beaucoup plus. Ses membres sont des os recouverts de peau blanche, son visage celui d'un vieillard, ses côtes des sabres prêts à trancher sa peau. Un an ? Mais on dirait qu'il en a pris dix !

Jour après jour, la vie à l'hôpital lui fait comprendre que tout cela est réel. Ce n'est pas un sale rêve. La répétition. Les repas sans goûts, les visites heureuses ou médusées, les médocs qui endorment, ceux qui réveillent, ceux qui énervent, ceux qui apaisent. La répétition. Même un mauvais rêve ne peut pas se répéter comme ça. Il faut que ce soit réel.

Finalement, il rentre chez lui. Dans son doux est accueillant foyer. Il repère des changements dans la maison. Des couleurs. Des bibelots. Les jouets des gosses. Mais il ne s'y fait pas. Ses yeux ont toujours envie de voir l'ancien-chez-lui.

Son chat l'accueille comme si rien ne s'était passé. Il se frotte amoureusement contre sa jambe, l'air ravi. Boris se sent rassuré. L'autre chose qui le rassure, c'est que ça sent toujours pareil. Ça sent la vie, la tranquillité et la douceur. Il respire à pleins poumons l'air de la maison, du confort, du passé.

Il sourit, assis dans son fauteuil, les yeux rivés sur une télé éteinte.

4. Petit à petit, Boris glisse dans un nouvel univers : le monde du déjà-vu. Il y a quelques semaines à peine, il se creusait la tête pour trouver des cadeaux de Noël a ses proches ; de nouveau il y est confronté. Il prévoyait le menu du réveillon – fois gras ou huîtres ? - et encore la question se pose. Mais le passé lui paraît plus vrai que le présent. Autour de lui, tout s'agite, court, s'organise, se vit sans lui. Il est un spectateur, un voyageur temporel perdu dans un univers qui ne lui appartient plus.

Outre le fait de le couper du monde, ce déjà-vu le rend Boris. Il ne veut pas chercher à bien s'habiller pour le repas de famille. Non, il n'appellera pas son cousin Gaston comme tous les ans, il lui a parlé il y a huit jours. Mais vous allez me laisser tranquille avec ces foutus cadeaux ?!

Ce soir, c'est le réveillon de Noël. Il s'est préparé sans lui. Pour le ménager (sa femme). Parce qu'on le veut pas dans les pattes (son fils aîné). Parce qu'il est chiant (son fils cadet). La grande table de la salle à manger est décorée de vert et de rouge, des bougies parfumées brûlent au bout des candélabres et les verres ballons ne désemplissent pas. Entre les plats, les enfants jouent avec leurs cousins, dans leur chambre. Les femmes s'échangent des anecdotes à la cuisine, les hommes à table. Boris est assis à sa place et a les yeux dans le vague.

Les conversations s'enchaînent devant lui comme un film en accéléré. Jeux de hasard, immobilier, santé. Il pense à sa femme. Qu'a t-elle fait pendant un an ? Musique, cuisine, littérature. Et les gosses, il leur a manqué au moins ? Équitation, assurance, changements de carrière. Son boulot. Jamais il ne parviendra à reconduire une benne. Pas après ça. Que va-t-il pouvoir faire avec son bac – 5?

Dans les yeux de Boris, ses hôtes croient lire de la fatigue ou de l'ennui. Un certain vide. De l'absence.

En réalité, Boris est perdu comme s'il venait de naître.

5. Finalement, l'année se termine. Les bilans de santé sont bons. Le médecin confiant. Boris s'en sort, il s'accroche, il en veut, paraît-il. Par contre, sa femme, Patricia, a l'air de plus en plus fatiguée.

Elle a fait preuve d'un courage exceptionnel durant cette année de demi-deuil : trouver du travail, garder sa fierté, élever ses enfants, rendre visite à son mari, surmonter la douleur, faire suivre la paperasse, vivre. Le dernier point, surtout, lui a demandé des efforts surhumains. Inviter des gens chez elle – chez eux, sourire, se faire belle, sortir étaient ses actes les plus difficiles. Elle ne pouvait les accomplir sans penser qu'elle n'aurait pas dû être seule. Elle avait au-dessus d'elle un fantôme qui flottait, à demi-mort, indécis, imprévisible.

Elle a envisagé de refaire sa vie. Bien sûr. Les garçons avaient besoin d'un père. Son lit avait besoin d'une autre chaleur. Son coeur aussi. Mais elle voulait attendre, elle aurait eu l'impression de le tromper, de céder à la facilité.

C'était sans compter avec le pouvoir de la vie et le hasard des rencontres. Elle ne s'était même pas rendue compte que Charles venait la voir si souvent. Toutes les semaines au début, puis presque tous les jours. Dix huit ans qu'il travaillait avec Boris, ils étaient presque frères. Les enfants le connaissaient tellement bien qu'ils l'appelaient tonton.

Est-ce qu'il s'est senti obligé, par mémoire pour son collègue ? Est-ce que ça l'a surpris autant qu'elle ? Est-ce que c'était le fruit d'une stratégie longuement mise au point dans son appartement d'éternel célibataire ? Patricia ne s'est pas posée autant de questions. Elle s'est laissée faire, dans ces bras musclés d'homme de labeur, chauds et doux comme l'étaient ceux de son mari.

Est-ce qu'elle l'a aimé ? Elle ne pense pas. Elle aurait pu, avec le temps, mais il ne s'est passé que quelques mois. En tout cas, elle savait qu'elle romprait avec lui dès qu'il se réveillerait.

Et il s'est réveillé.

Depuis, elle court après sa vie en essayant de raccommoder celle de son mari. Elle dresse son coeur et ses mains à retrouver de vieilles habitudes, la tête perdue entre les échos d'un passé glorieux et les bribes d'un futur incertain. Pour elle aussi, c'est une sorte de voyage dans le temps.

6. Mais un jour, tout bascule pour elle. Charles, qu'elle avait jusque là réussi à tenir à l'écart, sonne à la porte avec un bouquet de fleur. Panique. Patricia le voit à travers le judas lisser sa moustache rousse et se confectionner un sourire conquérant. Elle hésite à ouvrir la porte, tiraillée par des émotions contradictoires.

Boris est sorti faire une petite marche, les enfants sont à l'école. Elle a pris sa journée pour mettre de l'ordre dans la maison. Comment pouvait-il être sûr qu'elle était à la maison ? Est-ce qu'il la surveille ? Rien que pour répondre à cette question, elle décide d'ouvrir la porte.

Elle se compose un visage froid, inexpressif. Lui, essaie de maintenir ce sourire qui éclaire son visage de vieux garçon. Finalement, il parle en avançant le bouquet vers elle :

_ Bonjour Pat. Comment va le convalescent ?

_ Je...

Elle ne sait que dire. Pourquoi parle-t-il de Boris ?

_ C'est de la part de l'équipe, continue-t-il en tendant la gerbe de fleurs. Il nous manque.

L'espace d'un instant, Patricia sent ses jambes défaillir. Elle est un ballon de baudruche qui se dégonfle. Son visage se détend, laissant enfin voir les fossettes de son sourire, et elle soupire un merci en prenant le bouquet.

Ils entrent dans le salon, enfin détendus. Elle lui sert un café serré, qu'il boit goulûment. Il est 15 heures et il est debout depuis 4 heures du matin. Il a volontairement amputé son temps de sieste pour venir les voir et il semble déçu de ne pas trouver Boris. Il tapote nerveusement des ongles sur la table. Patricia est rassurée qu'il ne vienne pas pour elle mais son agitation l'inquiète. Elle demande :

_ Qu'est-ce qui t'arrive, Charles ?

_ Je pensais trouver Boris.

_ Il va bientôt rentrer. Mais, tu sais, il est encore fatigué. Il sera content de te voir mais il ne voudra peut-être pas te parler.

_ Il faut que je lui parle.

Patricia grince des dents.

_ Quoi ?

_ Je ne peux pas garder ça pour moi, dit-il dans une grimace. C'est mon ami, il faut que je lui parle. C'est trop dur à garder.

_ Mais non ! hurle Patricia. J'essaie de... de revivre... de refaire mon couple. Tu vas tout ficher en l'air !

Charles a les sourcils foncés. Il est déterminé et ne reviendra pas en arrière. Patricia sent la peur surgir, comme si un chapelet de nuages s'était lentement formé pile au-dessus de sa tête et que l'orage s'apprêtait à éclater.

C'est alors que la porte d'entrée fait entendre son grincement caractéristique.

7.Et que la voix joviale de Pierre retentit dans l'entrée :

_ Grève des profs !!!

Il se débarrasse de son blouson et de son sac, qu'il laisse tomber dans un coin. Il est encore dans sa routine, tout heureux de ne pas devoir aller au lycée cet après-midi et ne voit pas les deux adultes qui s'observent à quelques mètres de lui, immobiles. Lorsqu'il lève finalement la tête, il se fige devant la scène, et sourit.

_ Charly ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Ce n'est pas un grand élan d'affection qui anime le garçon. Il a seize ans et son père n'a jamais quitté sa mémoire. Il a toujours apprécié Charles, mais il a toujours eu du mal à comprendre qu'il passe tant de temps à la maison. Toutefois, maintenant que son papa est revenu – même s'il est bizarre – Charles est redevenu l'ami de la famille.

Pierre fait une bise au visiteur et demande à sa mère :

_ Papa n'est pas là ?

Il ne sait pas trop ce qui le pousse à poser cette question. Peut être l'intuition que les choses prendraient un tour différent s'il était dans la pièce.

_ Il est sorti pour un moment, dit sa mère. Il devrait revenir d'un instant à l'autre, reprend-elle plus fort.

Pierre hoche distraitement la tête. Il ressent le besoin de fuir la pièce.

_ Je suis dans ma chambre, lance-t-il en se sauvant.

Les deux adultes sont de nouveau seuls.

_ Je veux que tu partes, souffle Patricia à mi-voix. Tu n'es pas le bienvenu.

_ Je ne bougerai pas tant qu'il ne saura pas ce qui s'est passé entre nous, grince Charles. Les gosses sont au courant ?

_ Non. Personne ne le sait et c'est très bien comme ça. Ce n'est pas parce que tu n'as jamais su fonder de foyer que tu dois détruire le mien.

Les lèvres serrées, les yeux exorbitées. Charles est un arc bandé, un pur concentré de tension. Sa moustache se soulève au rythme des tics de ses lèvres.

Il se met à bouger, marche en rond et parle très vite.

_ Je ne veux pas te faire de mal, Pat. Je suis pas venu pour ça. Je suis pas venu pour te faire du mal. Je voulais dire la vérité, j'ai besoin de ça je peux plus dormir c'est trop dur c'est trop dur pour moi.

Patricia s'approche de lui, lui effleure l'épaule.

_ Charles, la vérité pourra sortir, mais plus tard. Laisse passer du temps et je te promets que je le lui dirai. Moi même.

Patricia ne peut s'empêcher de se sentir désolée pour son ancien amant. Elle a toujours apprécié son honnêteté, du moins l'apparence d'honnêteté qu'il abordait. Elle se rend compte à ce moment qu'il est vraiment une gentille personne.

Ce qui est rare.

Il sont face à face, très proches, lorsque le grincement de la porte retentit de nouveau. Cette fois-ci, c'est Boris qui fait irruption dans la pièce.

8 _ Qu'est-ce que j'ai fait de ce chèque !

Patricia est interdite. Elle bredouille :

_ Quel chèque ?

_ Celui que je devais poster, pour le... la... je sais plus. Il était dans mon portefeuille ! Il m'ont pris mon portefeuille !!

Patricia le prend dans les bras et il enfouit immédiatement sa tête au creux de son épaule. Réflexe infantile. C'est un bébé, un gros bébé paumé qui cherche à résoudre des problèmes qui se sont cristallisés en lui durant un an. Patricia a presque oublié la présence de Charles et sursaute alors qu'il passe dans son champ de vision. Les yeux rougis, la lèvre tombante, il esquisse un salut à son ancienne amante et se faufile par la porte entrouverte.

Boris n'a rien vu.

La femme conduit le mari par la main vers le canapé et le laisse s'asseoir. Ses yeux à lui sont secs. Malgré sa fragilité, il n'a pas pleuré une seule fois depuis son réveil, comme un vieux citron qu'il ne sert plus à rien de presser.

Le café est passé. Elle revient avec deux tasses, mais se fige alors qu'elle n'est plus qu'à quelques centimètre du canapé. Derrière Boris, Pierre est appuyé contre le mur, l'air dur, le regard vissé dans celui de sa mère. La culpabilité l'envahit, elle lâche les tasses qui se brisent au sol.

_ Qu'est-ce qui se passe ? s'écrie Boris avec un temps de retard.

_ Maman a quelque chose a te dire, tonne une voix peu assurée derrière lui.

Patricia s'assoit. Se met à pleurer. Se met à parler.

Boris l'écoute attentivement raconter sa solitude, son désespoir, sa souffrance et comprend de quoi il s'agit avant même qu'elle n'ait mentionné le prénom de son ami.

C'est alors que ça arrive. Les pupilles de Boris s'embuent, les paupières se plissent, les lèvres se retroussent et des gouttes perlent au coin des yeux comme une source au milieu du désert. Coulent sur les joues creusées comme de l'eau sur un sol craquelé. Tombent sur son col et imprègnent la chemise.

Boris regarde sa femme et voit enfin l'être humain derrière le roc, la fragile combinaison de féminité et de courage, de douceur et de franchise qu'il a épousé quinze ans plus tôt. La sensation de déjà-vu n'a jamais été aussi forte mais elle réveille des souvenirs enfouis sous des années de convention et de routine.

Oui, il pardonnera à sa femme.

Non, il ne sera plus ripper.

Oui, son état va s'améliorer. Oui, il va continuer à vivre.

Ou peut-être commencer.

Maintenant qu'il est réveillé.

FIN

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