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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 20:37

 

basquet.jpgUn texte écrit pour prérarer un atelier. La contrainte concerne les 3 phrases en gras (début, milieu et fin du texte)

La première phrase est donnée dès le début. La seconde est donnée au bout de 10 minutes. On doit la placer rapidement dans son texte. La dernière est donnée au bout de 10 minutes supplémentaires d'écriture. Elle doit finir le texte, qui doit être achevé au bout de 5 minutes de plus (vous suivez ?).

Et voilà la résultat :

 

 

Conversion

On jouait au basket pour la bonne raison qu'il n'y avait pas grand chose à faire. Il faisait chaud cet été là, et on transpirait comme des baleines sous le soleil de juillet. Les vacances commençaient à peine. Les ennuis également.

Jim a envoyé la balle par dessus le grillage. Le ballon s'est mis à rebondir et à rouler dans le jardin de la vieille Mme Gardot. On disait qu'elle vivait seule avec ses quinze chats. On disait qu'elle cachait une carabine à chevrotine sous sa robe à fleur. On disait qu'elle ne sortait jamais de chez elle, sauf pour pisser dans le jardin.

Le jardin, c'était le lieu où avait élu domicile mon unique ballon de basket. Là, au milieu de l'herbe envahie de petites fleurs, de pousses d'arbustes et caillasses. Et de quoi d'autre ? Pièges à loups, chausses trappes, serpents à sonnettes ?

En lorgnant sur Jim, j'ai bien vu qu'il pensait la même chose que moi. Son teint mat avait viré pâle et il se frottait la nuque d'un air d'excuse. Il m'a dit : « Mec, c'est ton ballon. Moi, j'ai pas envie de mourir jeune ».

Je l'ai foudroyé du regard.

«  On y va tous les deux ou c'est moi qui te tue en ressortant de là. »

Il a hésité et il a dit « ouais ».

On a escaladé le petit portail en fer forgé, en faisant attention aux barbelés qui en hérissaient le tour. En mettant le pied dans l'herbe, j'ai senti le sol tout mou, comme si personne ne le foulait jamais. Jim me suivait. Pas à pas. On avait repéré le ballon et on s'y dirigeait direct, sans un bruit, sans un mot. Ça y est, on était.

Je me suis baissé pour ramasser mon bien et j'ai relevé la tête. Merde.

La vieille Mme Gardot était là, sur son perron, dans sa robe à fleur. J'étais surpris, je la croyais centenaire, mais elle n'était pas plus vieille que mes parents. Elle n'était pas laide, un peu rustique : des dents déchaussées, des grosses mains tremblantes, un dos vouté. Mais elle ne faisait pas peur.

J'ai soufflé : « on se taille » en esquissant un demi-tour stratégique, mais elle a parlé :

«  Les jeunes. Vous êtes chez moi. »

« Oui, on sait madame. On s'excuse. On récupérait le ballon. On repart maintenant. »

C'était Jim qui avait parlé. Sa voix n'avait presque pas flanché.

« Vous êtes chez moi », a répété la femme, beaucoup plus durement.

Je l'ai regardé pour la seconde fois. Elle avait désormais à la main sa fameuse carabine et son air n'était plus aussi sympathique.

« Vous allez bien accepter une tasse de thé ? ».

J'ai avalé ma salive. Je sentais ma transpiration couler sur mes tempes, tremper mon T shirt. La vieille était folle à lier. Est-ce qu'on pouvait se permettre de la contrarier ?

«  Avec plaisir, ai-je » articulé.

L'intérieur était frais et sombre. J'avais des frissons partout. La vieille avait disparu dans sa cuisine, nous laissant, Jim et moi, tous les deux dans le salon. On essayait de communiquer par signes, aucun de nous n'osant prononcer un mot à vous haute. Tout autour de nous sur des meubles, dans des vitrines, contre les murs, on voyait des armes à feu. Quand elle est revenue, un plateau entre les mains, et qu'elle s'est installée sur le fauteuil à bascule, j'ai pensé à lui sauter dessus. Son regard s'est alors posé sur un fusil à pompe posé accroché au mur et on a compris qu'on n'avait pas le choix. On devait lui tenir compagnie.

« Mon fils est homme d'église » a-t-elle lancé sur le ton de la conversation. « A la Noël, il m'offre des cadeaux. Je les collectionne »

Jim a hoché poliment la tête. Moi, j'ai compris que son taré de fils, qui était curé, lui donnait des armes tous les ans. J'ai eu une idée.

«  Vous les collectionnez ? Donc vous ne vous en servez pas ? »

«  Oh, si », a-t-elle dit en se balançant. Et vous ?

« Non », ai-je balbutié. « Je... je suis pas croyant »

« Quel dommage. Mais une conversion tardive est toujours possible »

« Vous croyez ? »

« Venez »

Elle s'est levée et nous a mené vers une pièce dans laquelle les colifichets catholiques, croix, représentations de Jesus ou de Marie, se disputaient la place avec des armes à feu de tous calibres. Le tout sous une lumière au néon verdâtre.

« Voici mon sanctuaire. Peu de gens ont le droit de le voir. Seulement les serviteur du Seigneur, en vérité. »

Elle pointait sur nous sa carabine, le doigt pressé sur la gâchette, et son sourire angélique me faisait penser à celui d'un benêt.

« Etes vous un fidèle serviteur du Seigneur ? »

J'ai hésité. A ma droite, Jim hochait la tête frénétiquement en regardant la dame. Je lui ai donc donné ma parole la plus solennelle et la plus hypocrite de toujours servir le Seigneur.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 18:44

Troisième jet de mon roman terminé !

Je me lance donc dans la longue et fastidieuse phase de recherche d'un éditeur. Donc, si par hasard vous êtes intéressé par l'édition d'un roman de Fantasy de 530.000 caractères, qui ne parle ni de roi, ni de princesses, ni l'elfe, ni de trolls, ni de religion, ni de bastons à grands coups d'epées, mais de magiciens, de trafic d'organes, d'enqueteurs et d'extracteurs de pierre...

contactez moi !

Le roman se titre Décadence, il est le premier volet d'une trilogie (si dieu le veut) et il commence comme ça :

 

 

Approchez. Approchez-vous !

Venez écouter l'histoire de la plus grande des cités du monde. Embarquez-vous pour un voyage empli de magie et de mystères.

Mais auparavant, prenez de la hauteur. Élevez-vous au-dessus des nuages, très haut, et contemplez votre monde. On dit qu'il serait carré, qu'il aurait été façonné par les douze Maitres-Mages et leurs dagues créatrices. On dit que nul homme ne peut en faire le tour à pieds en une vie. On dit que quiconque tente d'en franchir les limites sombre dans une folie immédiate.

C'est votre monde. Vous en faites désormais partie...

 

PS : Une nouvelle de moi, Ambassadeur est au sommaire du magazine PdE n°66,

et je suis très fier !

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 18:06

 

C'est spécial, c'est barré, c'est cadeau.

C'est...

 

pilule.jpgStrobodrug

Main qui tremble – main vide

Pièce exiguë – trop – formes étranges

Lumière violette – flashs dans la gueule – coin d'un meuble – dalle du sol

Mon vomi poisseux – lavabo crade – qui tourne – robinet coincé

vomi dans le lavabo – vomi qui clignote

Couloir – formes qui dansent sur les murs – déformations

portes fermées – marque de ma main sur les poignées

Piège grandeur nature – piège en forme de cerveau

Odeur bleutée – musique à rayure – dalles du sol qui ondulent – dalles qui chantent

Mon corps qui me double

Une envie de vivre qui m'appelle – course dans le couloir

sol trop près

sang dans le nez – sang sur les doigts – lavabo coincé – qui clignote

course au ralenti – grands pas

tempo battu par les atomes de poussière en suspension dans l'air une fois deux fois trois fois c'est une valse

petit – dans un coin – caché – longtemps

Une horloge – coucou – 20 heures

Une horloge – coucou – 23 heures

Une horloge – coucou – 26 heures

Petite main multicolore qui veut son amie

Manque de jus

Reptation – meuble bariolé – boîte magique fermée

boîte magique ouverte

Strobodrug dans ma main – main qui tremble – main vide

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:21

 

chimere.jpgVoici un texte écrit en atelier. J'avais demandé aux participants de lister 10 parties du corps et 10 animaux, puis de réaliser une description avec tout ça. Mais ils ne savaient pas ce qu'ils allaient devoir faire de ces mots au moment où ils les ont choisi.

 

Animalité

Oswald, vous l'entendez venir de loin. Déjà, quand il marche, ses genoux se cognent et claquent comme des pinces de crabe et ses poumons sifflent comme un aboiement de chihuahua. Quand il s'approche, vous remarquez tout de suite ses oreilles en ailes de chauve-souris et son nez semblable à une truffe de pitt-bull.

Pas joli le Oswald.

Ensuite, il vous tend la main, et ses doigts sont comme des pattes de tarentule, fins et crochus. Son œil de scorpion se pose sur vous et vous vous demandez bien ce qu'il veut.

Oswald ne parle pas. Un problème du à une mauvaise greffe de pancréas de piranha, parait-il. Mais il vous donne un petit papier, que vous ne lisez pas tout de suite. Vous êtes trop occupés à détailler son menton d'orang-outan et son nombril en forme de tête d'araignée, qui dépasse de sa veste ouverte.

Puis il part, en trainant ses pieds qui laissent une trace de bave d'escargot. Vous pouvez alors respirer et lire le prospectus qu'il vous a laissé. Vous vous attendez à un texte du type « Je suis handicapé, donnez-vous un peu d'argent que je puisse vivre dignement, etc ? ».

Non, il y a juste inscrit « votez pour moi ».

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:16

J'en suis actuellement à la partie un peu chiante de l'écriture d'un roman, que je nommerai le 3ème jet.

C'est un peu comme une épilation. Non, comme une fête. On fait la fête un soir, c'est génial : c'est le premier jet du roman.

On remet ça le soir suivant. C'est toujours sympa, mais plus dur à encaisser, plus laborieux : le 2ème jet.

Mais si on doit encore ressorit le soir suivant, je veux dire la même soirée, exactement la même, les mêmes musiques, les mêmes invités (sauf si vous invitez quelqu'un d'autre), c'est carrément chiant.

Bienvenu dans le monde du troisième jet.

 

Sinon, ça va.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 21:20

 

tas.jpgUne périphrase, ce n'est pas seulement le « miroir aux alouettes » ou la « ville rouge ». Ce n'est pas juste le bon mot, le trait d'humour, la connaissance culturelle. Non, c'est bien plus simple que ça.

La périphrase, c'est dire en plusieurs mots ce qui peut l'etre en un seul.

Mon père n'est mon père. C'est « celui qui m'a mis au monde. »

Ma voiture est « le tas de boue qui me ruine en essence. »

Mon chat est « une bête inutile qui laisse ses poils sur mon fauteuil »

Mes enfants sont « les plus belles réussites de ma vie. »

La périphrase peut donc transformer une phrase banale, comme par exemple : « Mon père, ma femme, mes enfants et mon chat me sont plus chers que ma voiture » en monument d'humour et de poésie :

« Celui qui m'a mis au monde, les plus belles réussites de ma vie et la bête inutile qui laisse ses poils sur mon fauteuil me sont plus chers que le tas de boue qui me ruine en essence. »

On peut aller plus loin en considérant que :

Le monde est un « vaste endroit plein d'inconnus»

Ma vie est « un champ d'incertitudes »

Un fauteuil est « un amalgame de métal et de plastique servant de support fessier »

la boue est « de l'eau et de la terre savamment mélangés ».

Ainsi : « Celui qui m'a mis dans un vaste endroit plein d'inconnus, les plus belles réussites de mon champ d'incertitudes et la bête inutile qui laisse ses poils sur mon amalgame de métal et de plastique servant de support fessier me sont plus chers que le tas d'eau et de terre savamment mélangés qui me ruine en essence. »

Merci la périphrase.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 17:39

ombres.jpgSeconde ville impossible : Javila

 

Notre bonne ville de Javila ne possède aucun écrit physique. Toutes les informations publiques – le nom des rues, les panneaux de signalisation, les publicités – sont projetées en ombre chinoise depuis les nombreux lampadaires que comporte ses rues. De fait, il fait toujours nuit à Javila. La cité est recouverte d'un plafond opaque qui empêche les rayons du soleil de perturber l'éclairage public.

Dans les bâtiments également, les écrits sont projetés de cette manière : les post-il sur le frigo, les posters au mur, les cartes des restaurants, tout est remplacé par une petite plaque sculptée, convexe, glissée devant une puissante lampe.

Quelle économie de gestes ! Quelle simplicité !

Pas besoin d'utiliser des quantités monstrueuses de métal et de plastique pour assurer la signalisation, ni d'encre, de colle et de papier pour faire varier les publicité. Ici, nous ne connaissons pas les affres des stylos qui fuient.

Notre bonne ville de Javila possède la plus grosse usine de luminaire au monde. Elle fournit la ville, ainsi que la plupart des grosses villes du globe, en lampes de toutes tailles. Son équipe municipale d'intervention d'urgence, spécialement entrainée, peut changer une ampoule grillée à n'importe quel endroit de la ville, en moins de dix minutes. Jour et nuit.

Javila possède enfin une école de gravure sur plaque de plomb unique en son genre, qui apprend à tous les habitants à manier le poinçon, le marteau et le burin. Ici, chacun est un artiste en puissance. Chacun possède son style graphique et peut confectionner ses plaques de plomb.

 

A noter que ce textes, ainsi que les autres productions des participants, devraient prochainement être disponibles sur le site de Thétards, qui hébergent mes ateliers.

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 17:35

gondole.jpgDurant un atelier que j'ai animé à Périgueux, j'ai produit 2 textes, tous deux inspirés des Villes Invisibles d'Italo Calvino. dans cet ouvrage, l'auteur invente et décrit tout un tas de villes incongrues et improbables.

 

Voici ma première ville :  Syana

 

 

Les rues de la ville de Syana sont revêtues d'un matériau qui a la particularité d'être solide les jours pairs et liquide les jours impairs. Un jour sur deux, on peut marcher sur les trottoirs, conduire une voiture ou promener les bébés en poussette. Un jour sur deux, un liquide gris translucide envahit les artères et les gondoles remplacent les voitures.

La plupart des habitants de Syana possèdent les deux sortes de véhicules, roulant et flottant. Ici, on fait passer deux permis : celui de conduire et celui de naviguer. Les panneaux de signalisation routiers et les feux tricolores côtoient les panneaux de navigation fluviale. Pour faciliter la visibilité des uns et des autres, les affichages ont d'ailleurs été réduits au strict minimum : Quelques feux et stops pour la partie routière et les avertissements d'usage à l'aplomb des ponts pour la partie fluviale.

Les personnes qui ont le pied marin ont leur place à Syana, les as du volant également. Ceux que la routine ennuie s'y plaisent, et les artistes se régalent de son paysage changeant. Les seuls à émettre des doléances sont les oublieux qui, le soir à minuit, n'ont pas rentré leur véhicule au garage quand le macadam se met brusquement à fondre, ou ceux qui n'ont pas mis leur embarcation en cale sèche lorsque le liquide des rues se solidifie d'un seul coup.

C'est pourquoi, un jour sur deux, on peut voir des voitures slalomer entre les gondoles prises dans la surface de la route et, un jour sur deux, des bateaux racler leur fond de coque contre des véhicules échoués.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 16:05

 

père N

 

Demain, j'interviens de nouveau en collège pour un atelier d'écriture et je vais leur faire écrire une lettre au Père Noël (Fin d'année oblige). Du coup, j'ai écrit un petit texte en me basant sur la contrainte de mots que je m'étais créée à cette époque, avec les mots :

Pièce – souhait – xylophone – papier – ciboulette – squelette

 

 

Chère Père Noël

Cette année, je n'ai pas été sage. En effet, tu ne m'as pas apporté ce que j'avais demandé l'an dernier (la tronçonneuse à essence et le dragon apprivoisé) et je me suis dit que tu ne devais pas exister. Du coup, j'ai commencé à me lâcher et à faire tout ce que je m'(étais interdit durant tout ce temps, quand je croyais que tu m'observais depuis ton nuage du Pôle Nord. Mais comme on est en décembre et que mes parents me mettent la pression, je me dis que je devrais tenter le coup et te présenter mes souhaits. Je sais que tu vas passer dans le coin pour livrer cet abruti de Jason et cette nouille de Marion (qui sont toujours sages, c'est sûr) et que ça ne te fera pas un long détour pour passer me voir. Alors je voudrais :

Une pièce de monnaie avec deux faces piles pour tricher quand on tire à pile ou face.

Du papier tue-mouche pour jeter dans les cheveux des filles en classe.

Une poupée piégée pour faire peur à ma petite sœur (encore une que tu vas livrer, tiens je l'avais oubliée). Dans le genre de la Poupée Ciboulette est toujours Chouette, mais avec un lanceur à napalm et des griffes rétractables.

Un squelette grandeur nature, pour décorer ma chambre.

Un xylophone, parce que j'aimerais bien essayer d'en jouer.

Voilà, c'est ta dernière chance de me faire plaisir. Si tu te loupes sur ce coup-là, je ne crois plus du tout en toi.

PS : si tu devais ne m'amener qu'un jouet, je préfèrerais que ce soit le xylophone.

Mathéo

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 12:55

 

college.jpg 

J'interviens en collège depuis une semaine, pour animer un atelier d'écriture. Je trouve que ce lieu dégage une violence inouïe qui, si elle n'est pas physique, est symbolique et verbale. Durant un atelier, (ce matin à vrai dire), j'ai écrit ce texte qui redonne vie à de vieux démons.

 

 

Pour passer une horrible journée , il me faudrait simplement :

Me retrouver dans un univers parallèle où je serais de nouveau collégien.

Me lever tous les matins à 7 heures, réveillé par la lumière du couloir.

Prendre un petit déjeuner stressé, avec Chérie FM à la radio

Me mettre en rang dans le froid sous les vociférations d'un prof exaspéré et me faire bousculer en entrant en classe.

Écouter toute la journée, concentré, même si ça ne m'intéresse pas

Obéir, me conformer, ne surtout pas dépasser du moule

Surtout ne pas penser par moi-même.

Me résigner à passer ma jeunesse dans un lieu totalement étranger à lotion de plaisir, sauf dans l'idée d'en partir.

Vivre dans la peur de ramener des mauvaises notes à la maison.

Me faire pousser dans les sacs et être ridicule dans ma tentative de m'en dépêtrer.

Faire des tours de terrain de foot en short avec un point de côté

Me faire des ampoules au doigt à force de copier ce qui est écrit au tableau.

Me battre avec un stylo plume qui fuit et que, bien sûr, on m'oblige à utiliser.

Rester coincé dans ce collège comme dans une toile d'araignée et répéter toujours la même journée, celle où j'ai une interro de maths surprise et où je n'ai pas révisé.

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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