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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 10:15

Je viens de recevoir deux bonnes nouvelles d'un coup :

 

1)

reveur.jpg

Ma nouvelle "le rêveur de l'Elysée", une nouvelle de science-fiction très récente, très d'actualité et très délirante va être publiée dans le fanzine AOC (je ne mets pas de lien, leur site est l'objet d'attaques de hacker répétées - d'ailleurs, les gars si vous pouviez arrêter un peu... !!)

Les premières lignes :

 

Je vois un grand bâtiment. Tout blanc. Blanc comme de la neige. J'aime manger la neige, ça a goût de rien, mais des fois je me dis que c'est de la vanille. La vanille ça sent bon. La tarte au pommes aussi, ça sent bon. Surtout quand elle sort du four. Un four, c'est dangereux, il ne faut pas le toucher...

 

2)

soleil.jpgMa nouvelle "une explosion de soleil bleu" a été acceptée par le commité de lecture de l'association Transition, pour une anthologie sur le thème "horloges et engrenages". Comme ils disent dans leur mail, c'est original, déroutant et, à mon avis, également très délirant.

Les premières lignes :

 

 

Je suis sur les berges de L'Isle et le soleil de juillet frappe mon front.

Je suis entre deux murs blancs de la Rue des Chaînes.

Je suis sur le trottoir ascendant des Boulevards Montaigne, avec le souffle de la circulation qui me frôle. Les voitures font un bruit de tonneau plein de ferraille qu'on renverse.

 

 

Déroutant, vraiment ?

Pour info, l'action de cette dernière nouvelle se situe à Périgueux, ville où j'habite.

 

Plus d'informations lorsque ces deux fanzines auront paru (sans doute pas avant cet hiver)

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Published by Sylvain Lasju - dans Mon actualité littéraire
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 11:12

 

Vian.jpgUn texte écrit hier, au cours d'un ateleir sur le thème du jazz. L'animateur proposait de partir sur les origines de cette musique, le blues, le gospel, les esclaves noirs qui chantaient des passages de la bible pour s'évader en musique.

J'ai choisi un autre chemin.


Adrien voudrait être trompettiste de jazz. Pas facile. Surtout qu'après sa première heure de cours, il a la bouche en compote, des crampes aux doigts et qu'il n'a pas réussi à sortir le moindre son de son instrument.

La trompette, c'est dur, lui dit son père. Tu es sûr que tu ne veux pas plutôt faire de la guitare, comme moi ?

Non, Adrien n'a pas envie de grattouiller. Il ne cherche pas la facilité. Il veut être trompettiste de jazz.

Un mois passe. Il apprend à produire des notes. Sol, sol, do. C'est la même position des mains. Tout est dans l'intensité du pincement des lèvres. La bouche est le vrai instrument.

Deux mois passent. Adrien est sans cesse enrhumé. Il a l'impression que c'est cette satané de tuyauterie qui lui refile des miasmes quand il en joue. Il la lave régulièrement, mais rien ne change.

Six mois passent. Il parvient à enchaîner la gamme, même s'il devient rouge pivoine en parvenant au do aigu. Il joue « au clair de la lune », du moins le début. On est loin d'entendre Armstrong ou Dizzie.

Ce soir, Adrien se couche légèrement enfiévré. Il sort tout juste de son cours hebdomadaire et il tousse dans son lit. Il manque de persévérance, selon son prof. Pourtant, il est sûr de lui : il veut devenir trompettiste de jazz !

Une porte. Fermée. D'où filtre une douce et chaude mélodie. Adrien l'ouvre et tombe sur un homme, seul, qui joue de la trompette. Il est brun, le front dégarni, à peu près aussi âgé que ton père, et... blanc. L'homme joue drôlement bien pour un blanc. Avec beaucoup de facilité.

Il termine son morceau sur un decrescendo parfaitement maitrisé et lève les yeux sur Adrien.

_ Ça t'a plu ?

_ Oui. C'est vous qui l'avez écrit ?

Le trompettiste hoche la tête.

_ Ça me détend, explique-t-il.

_ Ça fait longtemps que vous jouez ?

L'adulte se gratte la tête et semble réfléchir.

_ J'ai joué toute ma vie, je crois. Peut-être plus.

Adrien rigole et se détend. Alors il lui raconte ses propres difficultés, sa toux, ses lèvres enflées, ses crampes aux doigts.

_ C'est normal, explique l'homme. Mais ça ne dure qu'une dizaine d'années. Après, c'est de la magie.

_ Quoi ! Dix ans ?

_ Bah ! C'est quoi dans une vie. Après, évidemment, il faut jouer tous les jours, sinon, on perd tout.

Adrien fronce les sourcils.

_ Vous vous appelez comment, au fait ?

_ Boris Vian.

Et Adrien se réveille.

Dix ans ! Jouer tous les jours.

Adrien se lève en toussant. Dans la cuisine, son père prend son petit déjeuner. Adrien s'assoit et approche de lui un bol vide.

_ Papa, tu l'as toujours ta vieille guitare ?

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 20:26

lettres.jpgJe viens de mettre en ligne le 3ème podcast des ateliers d'écriture enregistrés aux Thétards.

Cette fois-ci, ce sont des lettres inattendues qui ont été écrites par les 3 participants, à savoir :

1. Lettre de l'inventeur de la chasse d'eau à Eugène Poubelle (et réponse)
2. Lettre de Xavier Darcos à Rocco Siffredi (et réponse)
3. Lettre de Kung-Fu Panda à Britney Spears (et réponse par e-mail)

 

En espérant que vous vous poilerez autant à les écouter que nous à les écrire.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 09:11

rue.jpgTexte conceptuel, plutôt poétique, faisant suite à un atelier où j'ai relevé tout un tas d'écrits de la ville. A noter qu'aucun mot n'a été ajouté par rapport aux écrits relevés dans la rue. Juste de la ponctuation.


Les ateliers Crsi'danse présentent une fresque somptueuse et envoûtante : La poésie est de retour.

La rue Montozon est rebaptisée rue de la Liberté (rue barrée).

Bonjour monsieur Vincent, libérez les otages. Ici, on vous accueille même le samedi, pour elle où pour lui. Partez sans payer (promotions à l'intérieur).

François Portalier pharmacien, cuisinier de métier, en vente ici !

Bayonne, 1ère ville chocolatière de France, english spoken, entrée libre.

Agence de relooking pour femme. Interdit sauf Mistique Pradier.

La Chambre, salle climatisée, menu XXL, devis gratuit par téléphone, ambiance jazzy, escalier renaissance, nouvelle carte.

Toilettes de la « Cathédrale », en congés du 24-05 au 02-06.

Dépot vente « recherche et assistance » : visite commentée, rideaux sur mesure (bail à céder).

Maxime, je t'aime : vente en ligne sur game.fr.

 

Pour info ce texte n'a pas été écrit lors de l'atelier. Je ne savais pas encore quoi faire (ni faire faire) de toutes les notes urbaines prises par les participants. Je n'ai eu cette idée que dans la nuit...

J'en profite pour ajouter le texte de Céline qui a, quant à elle, relevé uniquement des noms de rue :

 

 

Itinéraire d'un nom-de-rutier

Ma monture est fourbue, mon cheval est crevé, rue de l'Etrier

Je le conduis boire un ricard, rue de l'Abrevoir, rue du Désespoir

La bataille a été rude, les remords me tenaillent, rue de la Mitraille

Je me plante debout devant le musée militaire, en haut de la rue Taillefer

Saisi par une odeur, rue des Tanneurs

Je suis dans l'antichambre de la mort, rue du Sergent-Major

Pour s'engager dans l'armée, il fallait être illuminé, rue de la Clarté

Pour échapper à la panique, fallait passer rue de la République

Mais au lieu de ça, j'ai coupé par la rue Modeste, tout près de la rue de la Peste

Je me dis qu'il fallait penser à s'accrocher, rue de la Clarté

Pour penser un peu plus à moi, rue de l'Oie et rue de la Joie

Alors pour oublier le turbin, rue des Augustins

et pêcher par la Gaudriole, rue de la Bricole

Un instant j'ai eu une envie de fesses, rue de la Sagesse

Mais je me suis souvenu, rue de la Vertu

Que Dieu seulement aux sages l'accorde, rue de la Miséricorde

Alors, pour invoquer son pardon

Me suis noyé rue du Syphon.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 15:23

combat.jpg

 

Tiens, en ce moment, je me remets à jouer.

Ca tombe bien, Motion Twin a sorti un nouveau un en ligne. C'est un jeu de guerre plutôt sympa.

A essayer ici.

 

 

 

 

Sinon, j'ai reçu l'accusé de réception des éditions L'Atalante pour mon manuscrit précité. Donc... wait and sea.

 

Et vous, vous racontez quoi ?

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 11:11

... L'épaisseur de mon manuscrit, avant envoi aux éditeurs. Presque 400 pages, ça commence à faire.

 

DSCF6020.JPG

 

DSCF6019.JPG

 

Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai une suite à écrire, moi.

 

[edit] pour info, l'envoi d'un manuscrit de presque 400 pages, ça fait :

19€ pour l'impression

6€60 pour la reliure

1€ pour l'enveloppe

6€25 pour l'affranchissement.

Soit presque 33€ pour UN SEUL manuscrit. D'où l'intérêt de bien cibler les éditeurs auxquels on fait ses envois.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:40

 

choucroute.jpgUn texte écrit en atelier, avec pour thème... choucroute au soleil (et le titre imposé). Bien sûr il n'y a eu que moi pour glisser ainsi vers la bolognaise.


Voix off : Bienvenus à tous sur « cuisine au soleil », notre émission hebdomadaire, tournée en plein air et en direct. Aujourd'hui : la choucroute. Rejoignons sans plus attendre Mathilde et Thérèse, notre sympathique duo de cuisinières.

« Bonjour Mathilde. »

« Bonjour Thérèse. »

« Alors, tous les ingrédients sont là ? »

« Oui, sauf la chair à saucisse »

Un temps.

« Pour quoi faire ? »

« Ben, les boulettes »

« Mais...mais c'est pas une bolognaise qu'on fait, triple andouille, c'est une choucroute ! Montre-moi ce que tu as. Des tomates, du basilic, des oignons. Mais y'a rien de bon là-dedans !

« Si ! La mayo. »

Un temps.

« Tu comptais mettre de la mayonnaise dans la sauce bolognaise ? »

« Heu... »

« Laisse-moi faire. D'abord, on va se servir un verre. Parce qu'une petite gnôle, ça fait toujours du bien par où ça passe.

« Oh... C'est fort ! Mais c'est bon. Je peux me – hips – resservir ?

« Ensuite, nous allons préparer une sauce bolognaise. Hein, Thérèse, pas de chou, pas de choucroute ! »

« Gna, gna, gna »

« Qu'est-ce qu'il y a Thérèse, tu défailles ? »

« Hi, hi. »

« Tu as raison, sous la table, ce n'est pas une si mauvaise place. Pour toi. Nous allons donc commencer par couper les tomates en fines rondelles. Comme ceci. Notez le mouvement du poignet. Ensuite... mais elle est périmée ta mayo !

« Hi, hi »

« D'abord, tu te goures dans la recette et ensuite tu nous prends des aliments périmés ! T'as du mou dans le coquetier, Thérèse ! Thérèse ? Mais où elle est encore passée cette truie ? Thérèse, descends de là-haut ! »

« Je cueille des pommes. »

« Pour la bolognaise ? »

« Non pour le désert, banane »

« Mais Thérèse... C'est un chêne. »

Voix off : C'est ainsi que se termine notre émission du jour. La semaine prochaine : La salade verte.

 

J'en profite pour faire de la pub pour un podcast dont je m'occupe: il regroupera, tous les 15 jours, les textes écrit lors des ateliers d'écriture que j'anime à Périgueux. Le premier est en ligne, sur le thème du printemps.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:41

Un petit texte pondu en atelier. Je n'explique pas de quelles contraintes tordues il est issu, juste qu'il fait suite à des exercices préliminaires qui ont fait "tomber le cerveau".

 


escargot.jpgL'escargot sort sa tête de sa coquille par temps de pluie. Quand il faut beau, il se cache et on ne le voit plus de la journée. C'est durant ces journées-là qu'on marche dessus. C'est dégeu. Ça colle. Mais le bestiau n'est pas mort. Il devient juste barjot.

Un barjot qui broute la marquise et qui encroûte la banquise.

Un barjot qui goûte à sa gu ise et qui doute de sa prise.

Un barjot qui s'occupe de la crise et qui retire son emprise.

L'escargot plat, cet agglomérat collant, n'a plus de possibilités de mouvement. Tant mieux. Son évasion devient intellectuelle. Il vole au-dessus des coquelicots, entre les cyprès et les hêtres, frôle des rivières de bave magique.

Il vole sur les caravanes.

Il vole vers La Havane.

Il vole entre les bananes.

Il vole et il plane.

L'escargot écrasé, emplâtré dans sa maison enroulée, est toujours chez lui. Il fait corps avec ses paravents, ses ampoules et sa cuisine équipée, sa boule à facette, la suie de sa cheminée, le siphon de son évier.

Heureux, il n'aspire plus à rien. D'ailleurs, il n'inspire plus, et n'expire pas davantage. Aérien, éternel, gastéropode divin, il rejoint en toute félicité le paradis des escargots.

 

Sinon, j'ai fini le troisième jet de mon roman "Décadence" et l'envoi aux éditeurs a commencé. Des éventuelles nouvelles du bébé dans... 6 mois à 1 an.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 20:14

Une short story que j'ai écrite pour un concours lancé par la communauté de blogs autres-mondes (si vous cliquez, vous verrez que le texte est arrivé deuxième et que j'ai gagné un livre - Youpi ).

 

foret.jpgA ciao bonsoir.

A la revoyure.

A pluche.

Benjamin chercha une autre réplique, une qui lui aurait permis de rester un peu plus longtemps sur le seuil.  Mais rien ne vint. Son copain Denis lui envoya un clin d'œil complice et referma la lourde porte du garage. Benjamin resta seul, le ventre noué, les yeux fixés sur le plastique de la porte.

La seule lumière provenait d'une lampe halogène fixée au mur. Elle éclairait un parterre de roses, une partie de l'allée et quelques mètres carrés de pelouse. Au-delà, l'incertitude. Le froid. Le noir.

Benjamin traversa le puits de lumière et releva son vélo, qu'il avait laissé tomber dans l'allée lorsqu'il était arrivé, deux heures plus tôt. Comme tous les soirs, après avoir fini ses devoirs, il allait jouer avec son pote Denis. La contact des poignées de plastique le rassura légèrement. Sa bécane ne l'avait jamais laissé tomber, même dans les moments les plus difficiles, et elle le mènerait à bon port. Une fois de plus. Il se réchauffa les doigts en jouant avec les gâchettes des freins et les pieds en faisant tourner les pédales à vide. Il ne voulait toutefois pas faire trop de bruit. Si la mère de Denis l'entendait et sortait la tête par la fenêtre, il aurait la honte de sa vie.

Qu'y a-t-il, Benjamin. Tu as peur du noir ? Tu veux que quelqu'un t'accompagne ? Tu vas pleurer ?

Non, il ne fallait pas que ça arrive. Plutôt mourir.

Benjamin pressa un bouton de sa montre à quartz et l'affichage digital lui indiqua qu'il était presque 19 heures. Il devait se dépêcher avant que ses parents ne s'inquiètent.

Il prit son inspiration, réajusta son bonnet, resserra son écharpe et appuya de tout son poids sur une pédale du VTT. Le vélo chancela un instant sur le gravier et prit de la vitesse.

Le vent glacé lui fouettait le visage. Ses coudes tremblaient. Ses mollets se durcissaient sous l'effort. Mais il s'en fichait. Comme tous les soirs, la seule chose qu'il voulait, c'était rentrer chez lui. Franchir les cinq cent mètres de chemin qui traversaient la forêt. Le plus vite possible. Benjamin plissa les yeux en amorçant le premier virage. Il connaissait parfaitement la trajectoire à emprunter, il faisait cela tous les soirs. Et ça se passait toujours bien, alors il n'y avait aucune chance pour qu'il y ait un problème ce soir.

Il pressa l'allure dans la ligne droite. Il percevait, plus qu'il ne le voyait, le défilement des arbres autour de lui. Son VTT n'avait pas de lumière, mais il n'en avait pas besoin. Il en était déjà à la moitié du parcours. Bientôt, il verrait apparaître les lueurs provenant de sa maison, et tout serait fini. Il poserait son vélo contre un mur, se laverait les mains et s'installerait directement à table. Le ventre noué, il se forcerait à manger, du moins au début, mais le bonheur d'avoir vaincu les ténèbres de la forêt lui dénoueraient rapidement les entrailles.

Dans quelques secondes...

C'est alors qu'il se sentit soulevé. Véritablement. Il s'éleva dans les airs, les mains toujours crispées sur les poignées et retomba durement sur le sol gelé. Il venait de faire un soleil. Un comble quand on n'y voit rien. Le vélo bascula lui aussi et lui retomba dessus, le cognant à la tête et au coude.

Benjamin cria, puis se mordit les lèvres. Il lui sembla que l'écho de sa voix venait d'être mangé par la nuit. Il fit rapidement l'inventaire de ses bobos. Une bosse au crâne, un coude qui saignait, un genou douloureux. Rien de grave. Il se mit debout et frissonna. Il avait la tête qui tournait et il ne savait pas où il se trouvait. Sans lumière, dans cette nuit sans lune, il était à la merci de la forêt. Et sa mère qui refusait toujours de lui acheter un portable. Elle aurait sa mort sur la conscience !

Benjamin se rappela qu'il disposait d'une source de lumière. Il pressa le bouton de sa montre et la lueur phosphorescente se diffusa sur le sol. Il put distinguer les extrémités du chemin, ainsi que la raison pour laquelle son VTT s'était rebellé contre lui. Son écharpe avait glissé et s'était coincée dans les rayons de la roue avant. Il réalisa également que la roue était voilée, et le vélo inutilisable. Il abandonna sa bécane et se remit en route en boitillant.

Les bruits de la nuit le cernaient. Craquements, hululements, bruissements fourbes, craquettements. Il marchait lentement, rallumant régulièrement sa montre pour vérifier qu'il restait bien sur le chemin. Peut-être le rôdeur qui l'espionnait tous les soir n'attendait-il que cette occasion pour se manifester. Peut-être les créatures des bois, celles qui ne sortaient que la nuit et qui se nourrissaient de viande humaine, allaient-elles se jeter sur lui. Pourquoi laisseraient-elles passer cette occasion ?

Benjamin sentit les larmes couler sur ses joues. Neuf ans, c'est trop peu pour mourir. Surtout avant d'avoir embrassé sa première fille, avant d'avoir regardé un film d'horreur jusqu'au bout, avant d'avoir appris à conduire. Sans s'en rendre compte, il accéléra. Il n'en pouvait plus de cette traversée, qui ne durait que cinq minutes en vélo. Vivement que le printemps arrive, et que les jours rallongent !

Lorsqu'il verrait sa mère, il la serrerait dans ses bras et il lui dirait qu'il l'aime. Il mangerait tout ce qu'elle lui cuisinerait, même les salsifis. Il ne lui dirait plus jamais non.

Benjamin écarquilla soudain les yeux. La lumière de la maison. Enfin ! Il se mit à courir, et plus il se dépêchait, plus les contours du chemin devenaient visibles. Il foula la pelouse, enjamba un parterre de roses et se planta devant la porte d'entrée. Son sourire s'évanouit d'un seul coup.

La porte n'était pas bleue, mais couleur bois. Il recula de deux pas et embrassa d'un seul regard la totalité de la façade. Il était revenu à la maison de Denis.

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 18:13

 

ange.jpgUn truc pas sérieux pour une fois...

Les longues ailes blanches d'Adriel battaient l'air avec grâce. Lorsqu'il traversait les nuages, des gouttes de pluie s'accrochaient sur sa peau nue. Un sourire éternel illuminait son visage qu'encadraient des boucles brunes. Il survola un désert, effectua une série de loopings et remonta vers le royaume des cieux.

Adriel se dirigeait vers le royaume des cieux et comptait se rendre à la demeure céleste, celle de son créateur. Il n'était qu'un ange de niveau 1, et il comptait passer à un niveau supérieur. Il avait aidé de nombreux humains ces dernières années, en tout cas suffisamment selon lui pour accéder à un grade un peu plus élevé que sous-fifre céleste.

Il dut attendre un long moment. De nombreux anges demandaient une audience à leur créateur. Lorsqu'il se présenta enfin devant l'homme à la barbe blanche, il se courba révérencieusement et dit :

« Père. Je crois être digne d'une promotion. »

Le créateur se gratta la barbe et répondit :

« Tu sais, Adriel, les temps sont durs. Le nucléaire, les terroristes, les fonds de pension, la Star Ac... Tout va de travers de nos jours. Je vois bien que tu fais des efforts et que as de l'ambition, mais...

« C'est à cause de ma couleur ? »

« Mais non. Il y a plein de nèg... de noirs bien plus haut placés que toi. C'est juste... tu vois... reviens dans quelques années. »

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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