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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 15:26

A venir une série de textes écrits hier (23 octobre) en atelier d'écriture. Le principe était de glaner des mots dans les rues de Périgueux et de réaliser un texte en utilisant nos trouvailles.

Ces écrits sont à rapprocher de productions précédentes, réalisées suite à une consigne similaire.

Après une tentative peu satisfaisante de réaliser un podcast des textes produits, j'envisage donc de collecter les productions des participants et de les publier sur ce blog. Commentaires et réactions sont les bienvenus.

 

Je commence par mon texte, qui est à la poésie ce que Bézu est à la chanson française. Les autres suivront dans les jours qui suivent.

 

 

images.jpgComment écrire un texte sans sens

1) Se promener en ville, un bloc à la main

2) Glaner des noms et prénoms sur les boîtes aux lettres où près des sonnettes

3) Mélanger. Laisser reposer quelques minutes

4) Raconter n'importe quoi en y incorporant les noms choisis



Un jour, j'ai mangé une raclette, chez D'incamps Yvette

Mais je fromage n'était pas frais, Lavaud Didier

J'ai été malade comme un rat, Greta Laura

On m'a ramassé à la truelle, Coelho Manuel

Et m'a fait boire beaucoup de thé, Deneuville Thimothée

Ça se passait un vendredi, Mazens Mohamedi

Je portais un pull en laine, de Delcoste Marlène

Ou un bob ? Ster Bob



Un autre jour je suis allé, Matthieu Barranger

A la plage du Touquet avec Tony Coutier

Ce dernier avait une tare, Virginie Bernard

Il n'avait qu'une seule oreille, Henri Maurel

Du coup, il portait un bandeau, José Manceau

Qui lui couvrait les bajoues, Jérémie Barjou

La bouche et le nez, Jean-Claude Rey

Je lui ai demandé pourquoi, Marguerite Garcia

Il ne le montait pas sur ses oreilles, son fichu bandeau, Fanny Lirau

Il m'a répondu mblmbl...

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 17:57

Un texte écrit en 20 minutes. L'idée était de mettre en scène un personnage qui avait un problème, et dont la résolution était subordonnée à l'utilsation de 3 objets, piochés au hasard. mes objets étaient : une fourchette, une bougie et une paire de lunettes.

 

 


disjoncteur.jpgEt clac ! Plus de lumière. C'est toujours comme ça. Il suffit que le repas commence pour que les plombs sautent. Et tout le monde crie « hoooo » en rigolant. Mais au moment de décider qui va descendre à la cave remettre en route le disjoncteur, il n'y a plus personne. Ou plutôt si :

_ Étienne, on est chez toi. Il n'y a que toi qui puisse y aller dans le noir.

Voilà. Tous ligués contre moi. Et on appelle ça des copains.

_ Il me faut mes lunettes, dis-je. Je les ai posées pour cuisiner.

_ Pourquoi ? clame Patrice. Ce sont des lunettes à vision nocturne ?

Tous les autres invités éclatent de rire.

_ Je les ai, dit Éléonore, ma voisine de droite. Tiens.

Je tends la main et sens un objet allongé s'y déposer. Une seconde me suffit pour comprendre la supercherie.

_ C'est une fourchette, constatai-je.

_ Ha bon ?

Et tous les convives de rire à nouveau. Je finis par me lever, la fourchette toujours dans la main gauche. Alors que tout le monde reste à sa place et que Gregoire commence à imiter un fantôme, je me dirige à tâtons vers le buffet où, je le sais, sont posés une boîte d'allumette et une bougie qui sent la vanille. Une fois cette dernière allumée, je pars enfin à la recherche de mes lunettes. Je les trouve sur le plan de travail de la cuisine et les chausse. Je n'y vois guère mieux mais, même dans le noir, je me sens tout nu sans elles.

Maintenant, direction la cave. En me voyant passer près de la table avec ma bougie à la main, Éléonore me lance :

_ Super ! Laisse-nous la bougie. On va pouvoir manger tant que c'est chaud.

_ Tu ne sais pas manger dans le noir ? rétorqué-je en m'éloignant.

Je n'écoute pas les commentaires. Je descend prudemment l'escalier qui mène au sous-sol, longe un mur tapissé de salpêtre, déplace quelques cartons habités par des araignées et accède finalement au tableau de commande électrique. Comme je l'avais supposé, le bouton noir du disjoncteur est enfoncé alors que le rouge dépasse du boîtier de manière insolente. Je monte la flamme à bonne hauteur et presse le bouton. Ça résiste. Je lance un juron. La machine est encore sans doute bloquée. Il faut vraiment que je fasse intervenir EDF. Mais en attendant, j'ai faim. Et je ne vaux pas être la cible des quolibets de mes invités. Alors j'avise le petit trou surmonté de la mention reset. Il me suffirait d'un objet pointu...

Je m'aperçois alors que ma main gauche – outre la bougie – tient toujours la fourchette. Je pose ma source de lumière, plie légèrement l'une des branches de la fourchette et l'enfonce dans le trou. Un claquement retentit alors que la lumière de l'étage baigne brusquement l'arrière de la cave. Des vivats fusent de la salle à manger. Je fais demi-tour et j'entends crier :

_ Étienne, c'est bon, la lumière est revenue toute seule.

C'est la voix de Patrice, que vient accompagner le rire des autres convives.

C'est bien la dernière fois que j'invite tous ces cons.


 

PS : ça ne marche pas le coup de la branche de fourchette pour faire reset. Mais un cure-dent fait bien l'affaire.



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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 13:25
JFEVoici un communiqué réalisé par les éditions Jacques Flament, qui éditent une de mes nouvelles. En gros, je ne peux que vous inviter à commander le livre et à lire (entre autre) les quartiers roses.
Quoi qu'il en soit, j'en reparlerai lorsque j'aurai l'ouvrage entre les mains, ce qui ne devrait pas tarder.

119 AUTEURS ONT PRIS LE TRAIN EN MARCHE… 
Il était en effet question d'histoires de voies ferrées pour ce nouvel opus du concours de Jacques Flament éditions. 

Le train LEITMOTIVE 2 du 15 septembre 2011 comporte 28 wagons, tous de première classe, autrement appelés nouvelles.
Elles devaient toutes débuter par les phrases suivantes :  « Fatigués de lutter contre les forces d’inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l’odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l’acier sur les rails étouffait les soupirs. »
Près d'une moitié des textes publiés traite d'un problème toujours douloureux et bien présent dans la mémoire collective : la déportation. 

248 pages, 28 auteurs aux univers et imaginaire débridés, c'est certes beaucoup de lauréats mais il n'en reste pas moins que 91 textes n'ont pas été publiés, même si nombre d'entre eux méritaient de l'être. Le revers de la médaille pour tout appel à textes, et la règle du jeu inévitable dès lors qu'il s'agit d'un concours soumis à une sélection finale !

Se côtoient dans ce nouveau recueil, présenté en deux parties bien distinctes (afin d'éviter tout amalgame) : une première partie nommée DÉPORTATION avec des textes à caractère résolument mémoriel ; une seconde partie, intitulée VARIATIONS FERROVIAIRES, où des univers différents s'y côtoient, parfois réalistes, futuristes, incitant au voyage, parfois beaucoup plus légers, voire frivoles, l'allusion aux corps entremêlés n'ayant pas laissé insensibles certains des auteurs. 

LEITMOTIVE, Opus 2, 16,90 €, disponible à partir du 15 septembre 2011,
Pour vous procurer l'objet-livre, résultat final de ce deuxième opus, suivez ce lien :


Sachez également que l'opus 1, ayant pour thème la marée, est, quant à lui, toujours disponible au lien suivant :


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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 13:30

cocy.jpgSi vous vous intéressez un tant soit peu à l'écriture de littérature SFFF, vous aurez entendu parler du site cocyclics.

Il s'agit d'un forum plein de gens qui écrivent de la SFFF. Il y a des sections où on peut se filer des conseils sur l'écriture, critiquer des bouquins, parles des éditeurs, etc. Mais il y a surtout une section où peut se faire bêta-lire (entendez "critiquer / corriger") ses écrits par d'autres auteurs. Et c'est là que c'est plutôt pas mal.

Vous avez écrit un texte dont vous êtes incapable de juger de la qualité ? En quelques jours, d'autres auteurs vont vous donner leur avis dessus et proposer des corrections. Comme ils ne vous connaissent pas, ils n'ont aucun intéret à vous brosser dans le sens du poil, ni à vous casser. Ils donnent leur avis, point. Et ils s'attendent à ce que vous fassiez la même chose sur leurs textes.

 

J'ai donc testé cocyclics sur mon dernier texte, la bague de Tiresias, une nouvelle fantastique. En 24h, j'avais deux avis détaillés (peut-etre parce que ma nouvelle était marquée "int - 18 ans"). J'étais un peu pressé alors j'ai illico fait les corrections proposées (qui me paraissaient toutes judicieuses), puis j'ai posé la version 2. Là, un autre avis m'a poussé à opérer d'autres changements.

Comme je commençais à saturer (ça faisait 2 ou 3 semaines que je n'étais que sur cette nouvelle) j'ai envoyé mon texte définitif à l'éditeur qui réalisait l'appel à texte.

C'est alors que j'ai commencé à avoir des remords. Qui sont vites passé. Après tout, le texte était bon.

Quelques jours plus tard, ce matin pour être précis, j'ai compris ce qui n'allait pas. La version finale de ma nouvelle n'était pas celle que je voulais écrire. Elle n'était pas mauvaise, mais ce n'était pas exactement ce que j'avais prévu d'écrire à la base. Et pour m'en rendre compte, il m'aurais fallu plus de recul, recul qu'était censé m'apporter les bêta-lectures.

Donc, quand je poste ma nouvelle sur cocyclics, il faut que je prennent de la distance sur mon texte et que j'en prenne sur les avis des autres (sans compter le temps que prennent les bêta-lectures que je fais aux autres en retour). What the hell ?

Donc, j'ai testé cocyclics.

Mais je crois que je me débrouille mieux tout seul.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 14:47

 

Voici un texte écrit en juin dernier, lors de mon dernier atelier d'écriture à Périgueux. Le sujet était un simple logo-rallye, avec les mots suivants:

Ingurgité – corps – lit – union – geste – pression – fille – dix ans – mépris – société

 

Voici donc les...


 Les 10 règles de base pour séduire une fille, si vous avez ingurgité trop d'alcool.

bourre-copie-1.jpg1) Si vous devez vous tenir debout, gardez le corps droit. Ne vous appuyez pas sur les personnes qui vous entourent. Si vous tombez, faites croire que vous pratiquez un art partial et que vous testez une technique de chute.

2) N'essayez pas d'entrainer votre conquête potentielle au lit. Dans votre état actuel, estimez-vous heureux si vous parvenez à récupérer un numéro de téléphone.

3) Laissez-la écrire le fameux numéro de téléphone elle-même. Si elle note des petits cœurs à la place des traits d'union, c'est bon signe.

4) Communiquez pas gestes le plus possible. Les gestes n'enverront pas de relent d'alcool au visage de votre interlocuteur.

5) Ne buvez plus. Même pas une petite pression. De toute façon, vous êtes plein.

6) Ne draguez pas le filles de moins de dix ans. D'autant qu'elles doivent normalement être accompagnées de leur mère.

7) Ne prenez pas personnellement les marques de mépris de la gente féminine face à votre état. Si cela se produit, essayez avec une autre fille.

8) Préférez les filles saoules elles-aussi. Au besoin, saoulez-en une.

9) Évitez les sujets de conversations complexes (société, économie, politique, etc. )et les mots que vous ne comprenez pas.

10) Faites régulièrement un compliment, toutes les trois phrases environ. Si vous n'êtes pas en état de compter jusqu'à trois, rentrez vous coucher et retentez l'expérience une autre fois.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 09:18

grossesse.jpgLa nouvelle 28 jours, dont je postais le début ici, alors que j'étais en train de la rédiger, a été sélectionnée pour l'anthologie annuelle Malpertuis III.

 

 

Ca a l'air de rien, comme ça, mais c'est une sacré bonne nouvelle ! Malpertuis, c'est une anthologie de référence dans le (petit) monde de la littérature fantastique. Ce sont surtout des grosses pointures qui y publient et les textes sont toujours loués par la critique.

En gros, pour une fois, j'ai écrit une nouvelle qui risque d'être lue par beaucoup de monde. Je vais faire des séances de dédicaces, rencontrer d'autres écrivains, être contacté par Spielberg en vue de l'adaptation ciné de mon texte (rayez l'intrus).

 

Sinon, 28 jours, c'est un texte assez noir et oppressant qui parle de grossesse. Mais d'une grossesse assez inhabituelle...

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 16:34

bifrost.jpgOn parle de moi dans le dernier Bifrost :

"la nouvelle "Ambassadeur" de Sylvain Lasjuilliarias (qui aurait pu être écrite en 1952, à un ou deux détails près, et encore) ne présente aucun intérêt, comme c'était à craindre (un tel niveau d'indigence stylistique est bluffant)."

C'est donc une critique dithyrambique dont je peux m'enorgueillir lors de mes soirées mondaines. Youpi !

Plus sérieusement, cette critique a été écrite par Thomas Day, qui a la réputation de tailler dans le gras lorsqu'il parle des publications amateurs. Et "Ambassadeur" est une nouvelle mineure dans laquelle j'utilise à dessein un minimum d'effets stylistiques, pour renforcer le côté froid et mécanique du personnage principal.

Néanmoins, ça me fait tout bizarre de voir mon nom cité (sans fautes d'orthographe) dans cette revue, que je lis depuis longtemps.

J'en profite pour ajouter le lien vers une autre critique de la nouvelle (enfin du numéro du magasine Présences d'Esprits où elle paraît), celle du Traqueur stellaire, qui contribue également à ce fanzine avec son excelente rubrique "Ceci n'est pas de la SF").

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 15:55

orient expressLes éditions Jacques Flament ont organisé pour la seconde fois leurs concours intitulé Leitmotiv.

Le principe est d'écrire une courte nouvelle dont les deux premières phrases sont imposées, à savoir

 

 

Fatigués de lutter contre les forces d'inertie, nous roulions soudés vers la nuit, subissant l'odeur aigre des corps entremêlés. Le bruit sourd et saccadé de l'acier sur les rails étouffait les soupirs.

 

La plupart des participants sont partis sur un texte traitant de la déportation. Moi, j'y ai vu quelque chose de plus... érotique (d'où le titre "les quartiers roses"). L'histoire que j'ai écrite se passe sur l'orient express dans les années 70, et on peut y voir les effets de l'abus d'alcool et de sexe avec des inconnus.

Quoi qu'il en soit, ma nouvelle a été retenue et c'est avec une fierté non dissimulé que je peux annoncer que je vais publier mon premier écrit "professionnel". En effet, l'édition de cette nouvelle va donner lieu à un contrat d'édition, des droits d'auteurs, etc.

Du coup, j'en profite pour remercier officiellement ceux qui m'ont relu et aidé à l'écriture de cette histoire : Maggy et Léa Silva.

 

Voila, à bientôt

 

PS : Pour info, les premiers droits d'auteurs tombent au second trimestre 2012 (j'aime cette inertie du monde de l'édition).

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 19:57

Une nouvelle qui est arrivée avant dernière du coucours lancé par la communauté Autres-Mondes. Pourtant, je l'aime bien cette nouvelle, moi...



geantegazeuse.jpgLivreur n°25-G-85497, vous avez dévié de votre trajectoire. Veuillez préciser la raison de votre détour dans les plus brefs délais, sous peine de pénalités.

Elias fit quelques pas mal assurés dans la salle de commandement. Le message s'affichait sur l'écran général en grosses lettres rouges. Une couleur qui irritait ses yeux fermés depuis très longtemps. Il lissa sa longue barbe et se vautra dans le siège de commandement. La console se positionna d'elle-même devant lui. Il la chassa d'un mouvement brusque.

_ Orbrac, fais-moi un café. Et efface-moi ça, ajouta-t-il en désignant les mots affichés sur l'écran général.

_ Oui, capitaine.

Elias ne bougea pas un seul muscle durant la période de silence qui suivit. Les yeux fermés, il entreprit finalement de se masser les tempes. Rien à faire, pour émerger de ces années de sommeil artificiel, il lui fallait de la caféine. Une grosse dose.

_ Votre café est prêt, capitaine.

Le capitaine se leva. Il s'attarda devant la baie d'observation, dont les volets étaient fermés pour stopper les rayons gammas, longea un étroit couloir et gagna la cambuse. C'était une pièce minuscule où un homme seul pouvait prendre un repas.

Il se servit une tasse de café fumant et se brûla la langue en le goûtant. Ça faisait un bien fou. Ça lui rappelait ces années sur Terre, avant la récession, avant l'obligation de faire des livraisons extra-solaires pour survivre financièrement. Il avala le breuvage à petites gorgées et s'en resservit une seconde tasse.

Il observa son reflet dans un miroir de la cambuse. Un grand gars quasiment décharné, aux cheveux hirsutes et à la barbe tombant sur sa poitrine. Une épave, après dix ans de sommeil artificiel. Anna devait désormais ressembler à une grand-mère, avec des rides au coin des yeux et des cheveux grisonnants. Mais elle serait sans doute bien plus jolie et rayonnante que le légume qu'il était devenu, coincé dans son cargo de livraison dont il était le seul à se croire capitaine.

_ Capitaine, voulez-vous manger ?

_ Non.

Il s'installa de nouveau dans le siège de commandement et ne repoussa pas la console, qui se positionna sur ses genoux. Il leva ses mains tremblantes au-dessus du clavier sensitif et demanda :

_ Orbrac, est-ce que nous sommes aux coordonnées que je t'ai indiquées ?

_ Je vous ai réveillé une heure avant d'y parvenir. Nous y serons dans douze minutes.

_ C'est bien, grogna le capitaine.

Il posa ses doigts sur le clavier et rappela des données stockées dans la mémoire de l'ordinateur embarqué. Sur l'écran qui couvrait le mur du fond s'affichèrent des lignes de texte. Elias se frotta les yeux et afficha les caractéristiques d'une planète en particulier. Il se pencha en avant, posa son menton sur ses poings et sourit.

Son sourire s'évanouit quand le logo d'un message prioritaire s'afficha dans un coin de l'écran. Elias valida et lut :

Second avertissement. Livreur n°25-G-85497, vous avez dévié de votre trajectoire. Veuillez préciser la raison de votre détour dans les plus brefs délais, sous peine de lourdes pénalités.

Je n'ai pas tant dévié que ça, fulmina-t-il intérieurement. Un crochet d'à peine quelques minutes-lumières. S'il n'y avait pas ces saletés de mouchards, personne ne s'en serait rendu compte. Ce n'était pas comme s'il transportait des denrées périssables. C'était du métal, bon sang ! Vingt-quatre millions de tonnes de métaux divers.

_ Orbrac, combien de temps avant d'arriver ?

_ Un peu moins de dix minutes, capitaine.

_ Tu ouvres le volet dès qu'on est en position. On ne va pas s'éterniser ou ils risquent de me faire sauter ma prime.

_ Bien capitaine.

Elias se concentra sur les données qui s'affichaient sur l'écran. La planète était une géante gazeuse d'un diamètre de 120.000 kilomètres, d'une masse de 600×1024 kg, dépourvue d'anneaux et de satellites. Une atmosphère essentiellement constituée d'hydrogène et d'hélium, plus quelques gaz à l'état de traces. Rien ne la distinguait des millions de géantes gazeuses qui pullulaient dans la galaxie. Elle tournait autour d'une géante rouge, une étoile qui commençait doucement à mourir.

La planète avait dû subir un incident sur son pôle nord car elle accusait une importante cavité qui ne parvenait pas à se résorber. Météorite géante ou explosion interne, les spéculations scientifiques allaient bon train et n'expliquaient rien. Sur l'autre pôle, en revanche, le phénomène qui se produisait était archi-connu. On l'appelait « volcan de gaz » : une éminence en forme de cône qui se renouvelait en continu, générée par une circulation anormale de matière au sein de la planète.

En clair, la planète était en train de se détruire à petit feu. Elle perdait de la matière par l'un de ses pôles et ne parvenait pas à endiguer la béance qui se formait de l'autre côté. Dans quelques milliers d'années, il n'y aurait plus rien.

_ Il nous reste une minute, capitaine.

_ Y a-t-il d'autres vaisseaux spectateurs ?

_ Trois.

_ Trouve une bonne place, loin des autres.

_ Oui, capitaine.

Un bruit mécanique emplit la salle de commande. Les volets s'ouvraient. Elias cligna des yeux et fixa son regard sur la planète. Une merveille de six-cent-mille milliards de milliards de tonnes. Une aberration de la nature d'une beauté à couper le souffle. Des larmes coulèrent immédiatement sur ses joues. Depuis le temps qu'il attendait ça. Il aurait aimé qu'Anna soit là, il aurait aimé que ça soit dans d'autres conditions. Il se rappela fugitivement son sourire, la manière dont elle attachait ses cheveux, dont elle se couchait pour lire. La douceur de ses mains, le bleu-gris de ses yeux, l'emplacement de ses grains de beauté. Tous ces petits détails qu'il n'aurait plus jamais l'occasion de revoir, car Anna serait une petite vieille sénile quand il la retrouverait.

Un nouveau message arriva, mais il n'y prêta pas attention. Il n'avait d'yeux que pour le spectacle céleste qui s'offrait à lui. La planète avait reçu comme dénomination scientifique CAS C3 8344 153 mais elle était mieux connue sous le nom de planète de l'amour. Si on la contemplait depuis un certain point, la lumière rosée du soleil mourant, associée aux creux de son pôle nord et à la protubérance de son pôle sud, lui donnaient l'apparence d'un cœur. Un immense cœur en rotation.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 19:51

J'ai mis en ligne le 4ème épisode des podcasts des ateliers d'écriture que j'anime le dimanche à Périgueux.

C'est frais, c'est chouette, c'est gai.

C'est ici. (cliquez et vous saurez tout)

 

Enjoy

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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