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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 20:50

J'ai réalisé un nouveau tirage (plus favorable que le dernier en date) et je suis tombé sur les mots : Bénéficiaire – géophysique – marcher. Mais une contrainte pouvant en cacher une autre, j'ai également pondu un texte qui puisse s'insérer dans le thème de la semaine (voir la catégorie du post, en bas), à savoir la pluie. Voici donc un texte plein de pluie, de géophysique et d'autres trucs tout aussi agréables...


La pluie tombait depuis plusieurs jours sans discontinuer, sans même faiblir. John était trempé. Complètement imbibé, jusqu'au slip. D'un geste vif, il poussa la porte de la librairie et attendit que ses vêtements s'égouttent sur le paillasson avant de pénétrer dans la boutique. Tous les clients avaient tourné les yeux vers lui. Un noir d'un mètre quatre vingt dix, trempé au dernier degré, ils n'en avaient pas vu souvent. Et sûrement pas dans une librairie.

John marcha silencieusement entre les rayons des ouvrages techniques, consulta un traité de géophysique, fouina dans les sciences humaines, bref se fit oublier, jusqu'à ce qu'on lui touche l'épaule. Il ne cilla pas.

_ Vous vouliez vous faire remarquer, c'est ça ?

Le géant répondit à son interlocuteur sur le même ton : bas et monocorde.

_ Les gens les plus voyants sont ceux qu'on oublie le plus vite.

_ J'espère pour vous, en tout cas.

Il pivota légèrement et jeta un coup d'oeil rapide à celle qui faisait semblant de feuilleter un ouvrage de psychologie. Brune, lunettes fines, manteau noir et écharpe bordeaux, elle passait effectivement plus inaperçue que lui.

_ Vous avez la marchandise ? lança-t-elle.

Il reposa le livre qu'il parcourait sur une étagère en hauteur.

_ Entre les pages 100 et 102. Et le règlement ?

_ Dans le parapluie rouge qui se trouve à l'entrée.

_ Ça, ça va me servir ! Et vous, vous allez vous mouiller.

Elle sourit en saisissant le livre en question.

_ J'en ai un autre, dans mon sac.

_ Qui est le bénéficiaire ? demanda le noir sans transition.

_ Quelqu'un de riche, éluda la femme en faisant volte-face.

Elle s'éloigna vivement en cherchant la page 100 de l'ouvrage et ne vit pas le regard que lui lançait le colosse, ni l'arme qu'il délogeait de sa ceinture. Car en plus d'être d'une stature impressionnante, il avait une mémoire photographique hors du commun. Et dans son souvenir, le parapluie rouge était sec !

Notons au passage (mais avec application) que le thème sus-cité avait déjà été traité (en profondeur) avec ce texte.

PS : notons que le thème n'étant pas celui que je croyais (voir commentaires), ce texte devient, du coup, totalement libre (et ça fait du bien).

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 11:24


Amis lecteurs, oyez, oyez, l'histoire d'Héraclès le colosse (plus connu sous le nom latin de Hercule) qui, tel un licencié d'une usine Sony ou un samouraï déchu, cherche sa voie dans le dur chemin de la vie, le tout grêceà trois mot piochés au hasard dans le dictionnaire :
Emboîtement – réchauffeur – gymnosophistes (et grâce à l'influence salutaire que la lecture de la BD de Sfar a eu sur moi).

Heraclès arma son énorme poing et l'enfonça dans l'estomac du dernier des fantassins qui lui faisaient face en hurlant :

_ Bande de sodomites, fils de Morphée, gymnosophistes !!

L'homme en armure se courba en deux, reçut un coup de genou sur le nez et s'effondra sur le sol au milieu de ses congénères. La place était jonchée de silhouettes affalées au sol, parfois entassées ou encastrées, le tout baignant dans un mélange de sang et de fluides corporels. Le colosse en pagne s'étira et brandit ses mains écartées au firmament en criant :

_ Vois ce que tu me fais faire, papa ! Casser la tête des mes semblables, répandre le sang et la peur ! Tout ça pour effectuer ces sales travaux dont tu as la paresse de t'occuper ? Qu'est-ce ce que ce sera, le prochain, nettoyer tes latrines ?

_ Plutôt des écuries, dit un petit garçon qui se tenait derrière lui, l'air innocent.

_ Tu as toujours des déguisements incroyables, papa, railla Heraclès en se retournant.

Le garçon haussa les épaules et quitta la place ensanglantée. Le demi-dieu le suivit.

_ Tu es une machine à tuer, dit le garçonnet. Je ne t'ai pas conçu ainsi, mais c'est un fait. Tu n'est bon qu'à zigouiller, décimer, massacrer, écraser les têtes, exploser les jointures, dérouiller les emboîtements.

_ J'aurais préférer un autre rôle sur cette Terre, ô, Zeus, confia le colosse. Je puis être utile, réparer les chars, construire des maisons...

_ Pourquoi pas réchauffeur de pizza ? interrompit un individu qui venait d'apparaître.

Il était vieux et famélique et arborait un sourire rude.

_ Réchauffeur de quoi ?

_ Ne prête pas attention aux paroles de Cronos, trancha Zeus, elles sont pleines d'anachronisme.

En effet, cela arrivait souvent au dieu du temps.

_ Écoute moi, fils, reprit le dieu de la foudre. Je vois que ta tâche te pèse et te voir ainsi me rend malheureux. Aussi je te propose un nouveau travail, qui sera différent des autres. Tu dois aller chercher une personne et la ramener à un endroit que je t'indiquerai. Est-ce que tu te sens capable d'accomplir cela ?

Héraclès se racla la tête.

_ Est-ce qu'elle sera gardée par une armée ?

_ Non.

_ Par des monstres ?

_ Non.

_ Par des magiciens ?

_ Non.

_ Alors j'accepte !

La montagne de muscles et le petit garçon se serrèrent la main. Quelques jours plus tard, alors qu'il se retrouvait devant la porte du royaume des morts, où état enfermée Thésée, Héraclès se demanda s'il ne s'était pas fait avoir.

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 11:03

Les cinq participants à l'écriture mozaïque ont rendu leur copie. Le résultat est visible à droite (sang d'huître) et certains récits évoluent de manière surprenante !!
Jugez-en par vous même.
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 09:58

Une histoire de science-fiction, c'est assez rare ici pour être noté. Les ambiances ne sont pas mon fort, aussi j'espère avoir, en quelques lignes, réussi à en distiller une...


Mary marchait sur la plage, les cheveux au vent. Les vagues puissantes s'écrasaient sur la grève, s'émiettant en remous qui venaient lui lécher les orteils. Le soleil couchant se reflétait dans l'eau en un milliard de points argentés. L'odeur de l'eau salée piquait ses narines. Une voix lui parvint faiblement :

_ Tu as toujours aimé les clichés.

Elle leva les yeux vers un papillon qui voletait juste au-dessus de son visage et sourit.

_ Et toi, je ne savais pas que tu aimais tant les insectes.

Le papillon s'éleva quelque peu.

_ Moi, non. Mais je sais que tu adores ces petites bêtes volantes.

Elle rigola, la main devant la bouche.

_ Dit de cette manière, ce n'est pas très romantique.

_ Ce n'est pas mon fort, je sais. Et si on s'asseyait.

Mary hocha la tête et se dirigea vers les palmiers qui bordaient la plage. Lorsqu'elle se retourna, une panthère la suivait, ses muscles ondoyant puissamment sous son pelage noir.

_ Tu aimes les félins ? se hasarda-t-elle.

_ J'aime l'idée du félin : la puissance du prédateur contenue dans un animal au pelage doux comme celui d'un chat.

Elle s'assit dans le sable chaud, le regard tourné vers l'eau.

_ Tu as quelque chose à me dire ?

La panthère s'assit dans le sable, sa queue battant lentement derrière elle.

_ Tu sais que cet univers est mien. C'est une projection de mon cerveau, générée par ordinateur.

_ Bien sûr que je le sais, sourit Mary. Et alors ?

_ Alors... bafouilla la bête numérique, je crois que j'ai fait une bêtise.

Subitement, le bleu du ciel devint électrique, sans aucune nuance, et le soleil disparut complètement. A la place, une fenêtre s'ouvrit sur un message inintelligible : Le système à rencontré une erreur, merci de le redémarrer.

_ Mais c'est-ce c'est que ça ? s'offusqua la jeune fille.

_ C'est ce que je voulais de dire ! J'ai fait une bêtise. Je suis passé à Windows Vista.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 16:32
Bonjour à tous
Avec un peu de retard (j'ai eu une semaine assez chargée et j'ai manqué de temps pour poster les textes qui me sont parvenus) les secondes parties des textes sont disponibles par les liens à droite (sang d'huître). N'hésitez pas à laisser vos avis ci-dessous, en attendant la prochaine fournée de textes, dans 2 semaines.

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Published by Sylvain Lasju
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 14:56
Salut.
A la demande générale, je poste un second extrait de "A corps perdu" (extrait qui permet de mieux comprendre le choix du titre). C'est donc la même héroïne. Après son visage de jour, voici celui de la nuit. Elle est donc dans un bar et elle se laisser draguer.


 Tu te demandes bien quand ta conquête du jour va arriver lorsque tu sens une pression sur l'épaule.

_ Hey, Sophie ! C'est bien toi ?

Le gars, tu ne le connais ni d'Eve ni d'Adam mais il te colle la bise et te souris comme si vous aviez passé la primaire ensemble. Culotté, le nouveau.

_ Salut, réponds-tu, euh...

_ Marc !

Mais bien sûr ! Marc et Sophie... Tu te marres à gorge déployée. Il te reluques d'un air perplexe.

_ Marc, ça faisait un bail. Je suis bien contente de te retrouver. Tu vois, je suis nouvelle ici et je connais presque personne. Tu me payes un verre ?

Une minute plus tard, une margarita est posée sous ton nez. Le Marc a son bras autour de ta hanche. Il a une tête éberluée, comme s'il était lui-même étonnée que son plan drague fonctionne réellement. Et il parle... Tu n'écoutes un traître mot de ce qu'il raconte et tu hoches la tête d'un air concentré. Lorsque tu as terminé ton verre, tu demandes d'un ton lourd en insinuations :

_ Tu me payes un verre, chez toi ?

Ses yeux clignotent.

_ Ouais.

C'est presque en courant qu'il quitte le bar en te traînant derrière. Tout ce que tu espères, c'est qu'il ne sera pas aussi rapide au lit.

Durant la marche jusqu'à son appartement, tu temporises, tu humes l'air de la nuit et tu essaies de le faire parler de lui. Plusieurs fois, tu arrives à lui faire inventer des anecdotes qui t'impliquent et tu es émerveillée par son aplomb. Les hommes sont parfois complètement débiles.

Sur la fin du trajet, vous marchez plus lentement. Il commence à s'écouter parler, à croire à ses mensonges. C'est toi qui le presses, la main sur les fesses.

Il habite dans une maison de ville assez coquette. Il est certainement plus riche que ne le laissaient penser ses mensonges. Sur la sonnette, tu as lu Germain Faye.

A l'intérieur, il te propose le fameux verre prétexte, mais tu lui sautes dessus et le scotche sur le divan. Un peu surpris, il commence vite à se laisser aller et ses mains te caressent les fesses et le dos. Tout d'un coup, il te lance :

_ Tu veux que je mette la télé ?

Regard hostile.

_ Ça va pas, non ?

Vous continuez à vous embrasser. Tu soulèves sa chemise et tu découvre un torse glabre appétissant. De son côté, il passe ses doigts sous ton pantalon lâche, visitant fesses et cuisses.

Tu te mets debout et, un sourire coquin vissé sur les lèvres, tu fais glisser le pantalon et la culotte de coton sur tes chevilles. Aussitôt, il envoie valser son futal et sa chemise. Il est en slip... et en chaussettes. Tu regardes gravement ses pieds.

_ Vire ça.

Il s'exécute. Tu enlèves ton T-shirt et tu te colles sur lui, prête à lui arracher le slip avec les dents. Il se recule vivement.

_ Attends, t'as ??

_ Et toi, t'en a pas ?

_ Dans la chambre !

Vous allez tous les deux dans la pièce suivante, les bouches collées, les mains baladeuses, le souffle rauque. Vous vous retrouvez enlacés sur le lit, prêts à passer à l'acte. Comme prévu, il enfile son capuchon avant de s'intéresser à ton anatomie la plus intime.

En missionnaire, tu as une vue imprenable sur les mimiques de son visage. Les sourcils se froncent, les paupières se retroussent, les yeux papillonnent, tout ça en désordre. Soudain, tu comprends.

_ Hey, t'es pas en train de...

_ Heu...

Tes premières craintes étaient fondées. Le type est un pressé. Il baragouine :

_ Si on allume la télé, ça va m'aider à rester... plus longtemps.

_ Putain, tu pouvais pas le dire plus tôt ?

Tu le traînes jusqu'au salon et et tu allumes cette saloperie de télé. Son coupé. C'est une rediffusion d'une émission people sans intérêt. Ça crée un éclairage changeant et désagréable, mais si ça lui permet de tenir assez longtemps, tu es prête à faire un effort.

De nouveau en missionnaire, sur le canapé. Il a la tête sur le côté, concentré sur la lucarne hypnotique. Tu as les yeux fermés, ton imagination perdue entre Brad Pitt et Sergi Lopez. Tu sens que ça monte, que ça monte, que ça monte... Tu cherches son prénom.

_ Germain !!!

Tu as hurlé à en réveiller les voisins, te contorsionnant sous l'effet de l'orgasme. Tu ne vois pas son air ébahi alors qu'il jouit à son tour.

A peine calmée, tu te rhabilles, posément, le sourire conquérant. Il murmure :

_ Alors, c'était comment ?

Tu gardes le silence jusqu'à ce que tu aies récupéré toutes tes affaires, puis tu l'embrasses sur le front.

_ C'était pas terrible, mon petit Germain. Je te donne quatre sur dix. Tu aurais eu sinx sans la télé. Essaie les préservatifs avec retardateurs et... change de technique de drague.

Un vague geste de la main, un dernier coup d'oeil circulaire et te voilà de nouveau dans la douceur de la nuit. A ton portable, il est une heure du matin et tu en as pour une demi-heure de marche.

Tu dormiras vers trois heures.



Si vous voyez des coquilles ou si vous avez des remarques, vous pouvez laisser un comm.

Normalement, je ne mets plus d'extraits de ce texte en ligne. Je bosse de nouveau sur Alienation.

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 19:03
C'est parti. Chaque participant a pondu un texte. Et maintenant, chacun va devoir continuer le texte d'un autre. DUR...
Les premières parties sont visibles à droite (sang d'huître)
Enjoy
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 17:12

Jean-Hugues avait un sourire large comme un buffet de belle mère, et il était accroché à sa figure toute la journée. Lorsqu'on le voyait, on ne pouvait s'empêcher de sourire à son tour, qu'on soit gai ou pas. Certains lui rendaient visite rien que pour ça, parce qu'ils savaient que ça leur remonterait le moral.

Un jour, la mère de Jean-Hugues décéda. Les funérailles furent déchirantes de tristesse, mais Jean-Hugues conservait son sourire. Il pleurait, mais sa banane ne fléchissait pas. C'est à partir de ce jour que les gens comprirent qu'il y avait un problème.

Jean-Hugues était un garçon très discret. Il illustrait des ouvrages pour enfant et travaillait chez lui. Qui aurait pu imaginer qu'un gars qui passait ses journées à dessiner des petits lapins et des sorcières pouvait être dépressif ? Surtout avec ce sourire éclatant comme une publicité pour de la joie de vivre en boite.

On était un groupe à bien l'aimer, le Jean-Hugues. On le connaissait depuis le lycée et, depuis, on s'efforcer à le traîner dehors, à lui payer des coups. Dans les bars, avec son sourire visible à des kilomètres, il nous rendait immédiatement sympathique auprès des filles. C'était notre joker. On l'utilisait mais il se laissait faire. Et on pensait que ça lui plaisait, vu la tête qu'il faisait toujours.

Après la mort de sa mère, on s'est rapproché un peu. On essayait de savoir ce qui se passait, chez lui, derrière les murs épais de la demeure familiale. En cinq ans, on n'a rien trouvé d'autre qu'une maladie neurologique qui l'empêchait de tirer la tronche. Quoi que soit la raison de sa tristesse intérieure, elle nous est restée invisible.

Jusqu'au jour où il est arrivé en ville.

Il faut savoir que Jean-Hugues détestait les chauves-souris. Une vraie phobie. C'était la seule chose qui arrivait à ternir son sourire, à le rendre... effrayant. Alors, bien sûr, un homme déguisé en chauve-souris, ça l'a rendu fou, notre joker. Complètement fou.

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 13:20

Un petit peu de magie dans l'air... Un texte écrit à partir de l'image :

Alicia se réveilla en sursaut. Elle avait entendu un bruit, comme un grondement sourd venant du sol. Peut-être un grognement ! Elle se leva, passa sur la pointe des pieds devant la chambre de son père et vérifia sa présence par son ronflement caractéristique avant de sortir dans la nuit douce. Un clair de lune teintait le jardin d'une lumière spectrale et faisait ressortir les pierres plates qui formaient l'allée. Elle marcha à petits pas sur cette surface dure et chaude et parcourut une centaine de mètres avant d'arriver jusqu'au ravin.

Au bord du précipice, la petite veilleuse brillait toujours.

Alicia s'agenouilla près du lumignon et regarda au fond du gouffre. Rien, le néant. Mais peut-être fallait-il l'appeler. Elle mit ses mains en coupole autour de sa bouche et cria : Ohé

Pas de réponse. Elle attrapa un morceau de pain, posé dans un panier à côté de la veilleuse, et le jeta dans le gouffre. Elle n'entendit pas de choc mais rien ne faisait du bruit en touchant le fond. Peut-être même qu'il n'y avait pas de fond. Finalement, elle s'assit, les genoux sous le menton et contempla les étoiles qui veillaient sur elle.

Elle se réveilla en sursaut et déplia brusquement ses jambes. La lune s'était couchée et on n'y voyait presque plus rien. Mais la veilleuse brillait toujours, et ce qu'elle lui montrait était incroyable...

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 16:32
Ceci est le début d'un roman qui devrait s'intituler "A corps perdu". j'ai un peu carrément tatônné avant de trouver un ton et un système d'énonciation qui me plaisait.

Tu entres dans le magasin. Tes talons claquent sur le carrelage blanc. Tu avances et tes yeux se promènent partout, de la grille de ventilation jusqu'au comptoir en passant par les différents présentoirs. Les deux vendeuses du jour sont à leur poste, Mathilde et Véronique. La première replie des chemisiers au fond du magasin tandis que l'autre encaisse une cliente.

Les clients sont rares. Il est encore tôt. Un couple d'adolescents traîne du côté des pantalons. Elle, elle chine en passant chaque article au peigne fin. Lui, il baille en se grattant la nuque. Un homme entre juste derrière toi. Il plisse les yeux, effectue un panoramique rapide et ressort. Il s'est trompé de magasin. Personne ne lui a dit bonjour.

Tu avances lentement vers les cabines. Un coup d'oeil à la vendeuse qui met en rayon. Tu fais semblant de t'intéresser aux caracos. Les couleurs sont foncées cette année, couleurs de crise. Tu joues quelques instants avec un système antivol et le morceau de plastique tombe au sol. En un éclair, la pièce de tissu manufacturée finit dans ton sac à main du jour, en cuir clair et fermetures en corne. Le couple est parti sans acheter, tu es seule dans la place. Tu redresses la tête et te diriges vers la sortie, l'air conquérant. Véronique te glisse un au revoir alors que tu passes à sa hauteur.

Elle commence à blêmir quand elle aperçoit l'étoffe qui dépasse de ton sac.

_ Madame !

Tu es déjà dans la rue et tu fais semblant de ne rien entendre. Mais tu marches lentement, lui laissant le loisir de te rattraper. Au bout de deux minutes, tu es à trois blocs du magasin. Tu fulmines. Personne ne t'a couru après. Elle avait largement le temps de te rattraper, la minette, si elle ne s'était pas pissée dessus.

Tu reviens sur tes pas, agacée. Dans la lueur du soleil matinal, tu franchis les portes vitrées avec lassitude et tu attends. Les deux filles sont interdites. Véronique est au téléphone. Tu les juges. Pas plus de quarante-cinq ans à elles deux. Du maquillage mais pas énormément. Des habits marron, ou vert, un style passe-partout. Véronique raccroche. Elle regarde brièvement sa collègue et balbutie.

_ Madame, je crois que vous avez... là...

Elle montre du doigt le triangle violet qui dépasse de ton sac beige. Tu éclates de rire.

_ Je l'ai volé votre truc et ça n'a même pas sonné. Si vous saviez le nombre de fois que ça arrive. (Tu lances le caraco sur le comptoir.) Dès qu'un système de sécurité se décroche – et ça arrive, croyez-moi – il y a toujours quelqu'un qui le vole. Toujours. Personne ne le ramène en caisse pour qu'il soit re-magnétisé. Les gens sont comme ça. Bon, je suppose que vous avez appelé la police ?

Un temps.

_ Oui, lance enfin Véronique, un air de défi au fond des yeux mais la voix tremblante.

_ C'est bien, ça, mais ce ne ramène pas la marchandise. Vous auriez pu me courir après, non ? Vous aviez peur que je vous casse la gueule, un truc comme ça ?

Pas de réponse. Véronique vire au rouge.

_ Qu'est-ce que vous nous voulez ? demande Mathilde, très mal à l'aise. Elle a dû regarder trop de films américains, elle s'attend sans doutes à ce que tu sortes un fusil à pompe et que tu les dégommes sur leur lieu de travail.

_ Bonne question, réponds-tu avec un clin d'oeil. Voyons, je veux voir Joséphine. Elle arrive à quelle heure ?

_ Joséphine ?

_ Oui, votre manager. Vous ne saviez pas qu'elle s'appelait Joséphine ?

Les filles se regardent une fois de plus, comme si elle ne pouvaient prendre la moindre décision sans l'appui de l'autre.

_ Vous la connaissez.

Tu souffles bruyamment. Le jeu t'ennuie et tu veux en finir.

_ Ouais. Et bientôt vous allez me connaître aussi. Je suis envoyé par le siège pour redresser le magasin. Redresser, oui, parce qu'il est complètement écroulé en ce moment. Allez, on fera connaissance plus tard, allez faire votre boulot, je vais l'attendre dans un coin, votre patronne. Et rappelez la police, ajoutes-tu en t'éloignant.

...


Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?

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Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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