Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 11:07

Voici le plaisir minuscule de Pascale. A lire avec attention, tant on s'y croirait.

 

train.jpg Prendre le train

 

D'abord il y a la gare, et la peur d'arriver en retard, de manquer le train. De manquer le départ, d'être obligé d'appeler : « non, je ne serai pas là, j'ai encore raté le train. Pouvez-vous venir me chercher à 16h00? Ah, il est déjà parti... tu essaieras de le joindre? Oui, je sais, c'est compliqué, désole. Oui, j'aurais préféré aussi... »

Mais on n'a pas rencontré d'obstacle sur la route, pas eu besoin de faire demi-tour parce qu'on avait laissé le billet sur la table de la cuisine et nous voilà en avance.

Donc il y a la gare et son hall si grand qu'on aimerait y chanter, y danser, ou peut-être y faire du patin à roulettes. Il y a les gens, comme des insectes, des gens qui courent et des gens qui s'embrassent avec l'énergie du désespoir prochain ou l'enthousiasme du bonheur retrouvé. Des gens aux prises avec les objets : poinçonneuse récalcitrante, valises encombrantes, talons qui se cassent dans les escaliers, billets égarés au fond du sac, sous les confiseries et le journal achetés au kiosque.

Mais on est en avance, le billet en sûreté dans une poche, un livre et une bouteille d'eau rendent inutile le passage par le kiosque bondé. On s'y arrête tout de même, satisfait de pouvoir y flâner. La machine qui avale le billet nous gratifie d'un petit bruit rassurant, le quai est devant nous. Il y a des trains qui partent et des trains qui arrivent. Les gens regardent dehors, ils sont pleins d'histoires, nous aussi ; nous faisons semblant de ne pas nous regarder.

Sur le quai, on a encore le temps d'une dernière cigarette dans le bruit des gens et des machines. C'est maintenant l'heure de prendre place. On a repéré la sienne en fonction du numéro inscrit sur le billet ou selon d'autres critères : l'anonymat d'un wagon ou la promiscuité à la fois amusante et pesante d'un compartiment.

On est assis confortablement, le train part. Assis dans le sens contraire de la marche, on voit le monde extérieur surgir brutalement pour s'éloigner lentement. Il est de toute façon indifférent à nos regards. On sort un livre qu'on lit sans conviction. Autour de nous bruissent mille histoires. Bercé et promené comme en ses premiers jours, on s'endort.

Par Sylvain Lasju - Publié dans : atelier d'écriture
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Commentaires

Bonsoir Sylvain,

Agréable souvenir.

Une question (plusieurs en fait): je n'ai trouvé aucune trace de programmation d'un prochain atelier ; n'ont-ils pas lieu tous les dimanche? est-ce dû à ton actualité? à une volonté de réduire / sélectionner les participants?

Cordialement,

Nathalie
Commentaire n°1 posté par Nathalie le 26/11/2011 à 19h06

En fait c'est un dimanche sur deux. J'enverrai bientôt un mail à tout le monde et je mettrai la sortie sur OVS.

A bientôt

Réponse de Sylvain Lasju le 26/11/2011 à 21h33

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