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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 14:37

Un texte que j'ai écrit il y a 2 semaines, lors d'un atelier que j'animais, et que j'ai modifié depuis. 

Buon appetito !


risotto.jpgÇa faisait un mois qu'il habitait chez moi.

Il m'avait appelé un soir pour me demander ce petit service. Un hébergement de fortune, quelques nuits inconfortables sur mon clic-clac. Il arrivait juste en France et ne connaissait personne. Ce n'était pas vraiment un ami, mais il m'avait invité plusieurs fois chez lui, en italie. Je ne pouvais pas faire autrement que lui renvoyer l'ascenseur.

Au début, il était tout à fait vivable, je t'assure. Un vrai colocataire modèle. Il faisait le ménage et sa part des courses. Il rangeait ses affaires. Il passait même derrière les fourneaux et me préparait son fameux risotto al barolo. Dix jours plus tard, son riz, je l'avais déjà en travers de la gorge. Des poils foncés dans la baignoire, des chaussettes sales sous le canapé et des miettes de marijuana sur la table de la cuisine. Mon hospitalité atteignait ses limites.

C'est la qu'il a commencé à me baratiner.

Je ne croyais au début. J'ai toujours été foncièrement honnête, tu le sais. J'ai accepté ses explications vaseuses, ses prétextes fallacieux et ses mésaventures fantasmées.

Il venait d'arriver en ville, mais il n'avait pas de difficultés à se faire des amis. Un soir sur deux, il me ramenait un pote, qu'il venait de rencontrer dans un bar ou un musée. Un expatrié, en général, avec qui il communiquait dans un charabia anglo-latin. Puis ce fut progressivement une vraie congrégation d'étrangers qui installa ses quartiers dans mon appartement, qui fumait, buvait, criait, se battait de temps en temps. Vers une heure du matin, je les fichait inlassablement à la porte, me faisant traiter de asshole, de stupido, de coño ou de sale capitaliste.

Le lendemain, il réapparaissait, la queue entre les jambes, me présentant ses excuses avec tant d'éloquence que je les acceptais à chaque fois.

Ça faisait un mois qu'il habitait chez moi. Nous, on sortait ensemble depuis trois jours. C'était bien, très bien même. On avait envie de passer une soirée ensemble, en tête à tête, et je t'ai invitée dans mon F3. J'ai sorti le grand jeu, chandelles, huitres, champagne.

Quand je l'ai entendu arriver avec ses potes qui chantaient des chansons paillardes à tue-tête, je ne pensais pas qu'il allait rester. Je lui avait demandé de me laisser tranquille ce soir-là. J'avais même très lourdement insisté là-dessus.

Je n'ai pas voulu m'énerver devant toi, c'est pour ça que je n'ai pas été aussi ferme qu'il aurait fallu. Mais quand je l'ai vu enlever ses chaussettes, j'ai compris mon erreur. Trois minutes plus tard, c'est toi qui déguerpissais.

Maintenant, il est parti, il squatte un autre rital, ou un rosbif ou un teuton, enfin je m'en fiche. Il peut bien dormir sous les ponts ! L'important, c'est qu'il ne risque pas de remettre les pieds chez moi. Il parassita n'est plus. Alors je t'en supplie, laisse-moi une autre chance.

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Published by Sylvain Lasju - dans Ecriture
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commentaires

Caliope 21/05/2010 16:11


Comment je me suis fait avoir avec l'image du risotto, parce que je croyais que tu allais parler cuisine, eh bien non. Superbe histoire qui en plus peut-être vraie. Expérience vécue ?
J'espère que la fille lui redonnera une chance.

"Je ne croyais au début." --> Je le, non ?


Sylvain Lasju 21/05/2010 17:25



"Je ne croyais au début." --> Je le, non ?" Merci, l'erreur est corrigtée sur le texte original.


L'experience est vécue, en partie, mais sous l'autre angle, celui du squatteur. Mais j'ai vraiment forcé le trait (et déjà je ne suis pas
italien).


Merci pour ton commentaire ;)



Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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