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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 17:57

Un texte écrit en 20 minutes. L'idée était de mettre en scène un personnage qui avait un problème, et dont la résolution était subordonnée à l'utilsation de 3 objets, piochés au hasard. mes objets étaient : une fourchette, une bougie et une paire de lunettes.

 

 


disjoncteur.jpgEt clac ! Plus de lumière. C'est toujours comme ça. Il suffit que le repas commence pour que les plombs sautent. Et tout le monde crie « hoooo » en rigolant. Mais au moment de décider qui va descendre à la cave remettre en route le disjoncteur, il n'y a plus personne. Ou plutôt si :

_ Étienne, on est chez toi. Il n'y a que toi qui puisse y aller dans le noir.

Voilà. Tous ligués contre moi. Et on appelle ça des copains.

_ Il me faut mes lunettes, dis-je. Je les ai posées pour cuisiner.

_ Pourquoi ? clame Patrice. Ce sont des lunettes à vision nocturne ?

Tous les autres invités éclatent de rire.

_ Je les ai, dit Éléonore, ma voisine de droite. Tiens.

Je tends la main et sens un objet allongé s'y déposer. Une seconde me suffit pour comprendre la supercherie.

_ C'est une fourchette, constatai-je.

_ Ha bon ?

Et tous les convives de rire à nouveau. Je finis par me lever, la fourchette toujours dans la main gauche. Alors que tout le monde reste à sa place et que Gregoire commence à imiter un fantôme, je me dirige à tâtons vers le buffet où, je le sais, sont posés une boîte d'allumette et une bougie qui sent la vanille. Une fois cette dernière allumée, je pars enfin à la recherche de mes lunettes. Je les trouve sur le plan de travail de la cuisine et les chausse. Je n'y vois guère mieux mais, même dans le noir, je me sens tout nu sans elles.

Maintenant, direction la cave. En me voyant passer près de la table avec ma bougie à la main, Éléonore me lance :

_ Super ! Laisse-nous la bougie. On va pouvoir manger tant que c'est chaud.

_ Tu ne sais pas manger dans le noir ? rétorqué-je en m'éloignant.

Je n'écoute pas les commentaires. Je descend prudemment l'escalier qui mène au sous-sol, longe un mur tapissé de salpêtre, déplace quelques cartons habités par des araignées et accède finalement au tableau de commande électrique. Comme je l'avais supposé, le bouton noir du disjoncteur est enfoncé alors que le rouge dépasse du boîtier de manière insolente. Je monte la flamme à bonne hauteur et presse le bouton. Ça résiste. Je lance un juron. La machine est encore sans doute bloquée. Il faut vraiment que je fasse intervenir EDF. Mais en attendant, j'ai faim. Et je ne vaux pas être la cible des quolibets de mes invités. Alors j'avise le petit trou surmonté de la mention reset. Il me suffirait d'un objet pointu...

Je m'aperçois alors que ma main gauche – outre la bougie – tient toujours la fourchette. Je pose ma source de lumière, plie légèrement l'une des branches de la fourchette et l'enfonce dans le trou. Un claquement retentit alors que la lumière de l'étage baigne brusquement l'arrière de la cave. Des vivats fusent de la salle à manger. Je fais demi-tour et j'entends crier :

_ Étienne, c'est bon, la lumière est revenue toute seule.

C'est la voix de Patrice, que vient accompagner le rire des autres convives.

C'est bien la dernière fois que j'invite tous ces cons.


 

PS : ça ne marche pas le coup de la branche de fourchette pour faire reset. Mais un cure-dent fait bien l'affaire.



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Published by Sylvain Lasju - dans Ecriture
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commentaires

maggy 25/11/2011 21:13

hein? y'a des boutons reset sur les disjoncteurs?! j'croyais que c'était que sur les ordis....
mais le texte est très chouette, et sent le repas bien arrosé de vin rouge, avec au moins un beau frère ou un copain de promo dedans!

Sylvain Lasju 26/11/2011 08:22



Bah... Y'a un reset sur la box alors pourquoi pas ?



gina 26/10/2011 23:57


Sympa ce petit texte qui sent le vécu. J'ai beaucoup aimé " le village " que j'ai lu tout à l'heure. et j'ai aimé ta générosité lors de l'atelier d'écriture de dimanche.Beaucoup de coeur dans tout
cela.
Gina


Sylvain Lasju 27/10/2011 09:04



Ce texte est plus proche du "j'aimerais pas que ça m'arrive" que du réellement vécu. En tout cas, merci de ta visite et à bientôt.



Avancée des différents projets

Voici tous mes projets actuels, avec leur nature et leur état d'avancement.


 

Rêve de papier (Roman ado) : V3 terminée, en recherche d'un éditeur.

Depuis que son père a disparu, Martin note ses rêves sur des blocs notes. Sa vie prend un tournant innatendu lorsqu'il rencontre Sasha, une blonde qui hante ses rêves depuis plusieurs années...

 

La Marche Rouge (polar - fantasy, adulte, suite de Décadence) : premier jet en cours, chapitre 14 sur 14.

Badia et Fahim ont pris des chemins différents. Le devin tente d'oublier ses chimères et a trouvé une retraite dans un Temple perdu dans la montagne. La jeune femme est quant à elle de retour à Twynte, bien décidée à rendre l'organicisme officielle...

 

Celui qui parle (roman ado) : premier jet terminé.

Le 31 décembre 1999 à minuit, la voix a disparu de la surface de la terre. Plus personne ne parle. Sauf Roméo, qui est justement né le 31 décembre 1999 à minuit. Mais ce n'est pas facile d'être Celui qui Parle, dans un monde devenu muet...

 

Les démons de l'East End (recueil de nouvelles policier / fantastique) : 4ème nouvelle en cours de rédaction : 21b Baker Street

Lors de l'été 1890, une horde de démons de l'enfer a déferlé sur Londres. La plupart ont été tués durant la première semaine. Mais les survivants se sont terrés dans l'est de la capitale britanique et commentent à l'occasion des crimes horribles...

 

A corps perdu (Bande dessinée réaliste) : découpage en cours (21 pages découpées sur 54).

Bérénice a un comportement particulier : elle utilise les choses, les gens, les boulots, puis les jette. Mais sa vie change le jour où emménage chez elle un chat qui parle.


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