Malpertuis III

malpertuis.jpgUne de mes nouvelles est disponible dans l'anthologie Malpertuis III.

Il s'agit d'une antho de littérature fantastique qui regroupe tous les ans ce qui se fait ce mieux dans le genre (je sais, je sais, c'est cool...).


La nouvelle qui fait l'ouverture est 28 jours. Une histoire de grossesse sans enfant. Plutôt visceral et angoissant. 

 

Le livre peut être commandé via le site de l'éditeur. Si vous êtes sur Périgueux, contactez moi avant. J'ai des exemplaires en réserve, que je pourrai vous dédicacer.

 

Bonne lecture.


Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 14:17

Un texte rapide, pour tous ceux qui veulent lire sans se casser la tête...


_Allo, Brigitte... Brigitte ?? Brigitte, allo !

_Oui, je vous entends très bien, Jean-Philippe. Qu'est-ce qui se passe ?

_ Ce qui se passe ?? Ha, ha. C'est une super bonne question, ça. Vous entendez derrière moi ?

Brigitte avait beau être secrétaire du groupe Lavaud-Descoup depuis près de quinze ans, sa patience téléphonique commençait déjà à ciller. Elle tendit l'oreille attentivement et n'entendit rien d'autre qu'un vague bruit de moteur. Cet abruti était en train de téléphoner en conduisant ?

_ Non, J.P., je n'entends rien de spécial. Vous savez que monsieur Lavaud vous attend ce matin à neuf heure pour la réunion de...

_ Je suis dans une ambulance, Ha, ha. Qu'est-ce que vous dites de ça ?

La voix de la standardiste se fit plus inquiète.

_ Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

_ Me suis cassé la jambe. Comme un con. Dans les escaliers, ces putains d'escaliers que la concierge cire toutes les semaines. Ha, ha, ha, quelle con...

C'est toujours la fautes des autres, pensa Brigitte en lorgnant sur un appels qu'elle devait mettre en attente.

_ ... fracture ouverte ! On voit l'os et tout ! J'avais tellement mal qu'ils ont été obligé de me mettre un masque à oxygène et de me filer une piqûre de morphine. C'est trop bon cette saloperie, je plane, c'est ...

_ Vous avez intérêt à ce que ce soit vrai, coupa sèchement la secrétaire. Vous savez que monsieur Lavaud n'aime pas...

_ Lavaud ! Tu sais ce que je lui dit, moi à Lavaud ?

_ Justement, il est là, je...

_ ... de veau ! Lavaud, tête de veau ! Lavaud, tête de veau...

_ Et ça rime, en plus, émit une voix grave et énervée. Rovel, vous êtes bourré, ou quoi ?

_ Il dit qu'il est sous morphine, intervint la secrétaire. Il est en ambulance.

_ Hum... Rovel, qu'est-ce qui me prouve que c'est vrai ?

_ Alors, ça c'est facile, vous allez voir... L'ambulance va bientôt passer près des bureaux et elle va mettre la sirène. Vous allez voir...

_ Allez à la fenêtre, intima le PGD à la secrétaire.

Quelques seconde plus tard, il entendit un bruit de moteur et des coups de klaxon répétés. Au téléphone, la voix de son employé retentit de nouveau.

_ Alors, boss, c'est pas de la preuve, ça, hein ?

La secrétaire revint au pas de course.

_ C'est lui, monsieur, il est passé en voiture.

_ Merde, il est encore bourré, ce con.

Par Sylvain lasju - Publié dans : Ecriture
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 16:19

On est habitués à lire ou voir des fictions mettant en scène des professionnels de la santé, de la justice OU du maintien de l'ordre et on connaît plutôt bien le vocabulaire qui y est associé. Si j'écris «  Il rangea son berreta dans son holster, passa devant les cellules et la salle de garde à vue et s'installa au volant de son véhicule de patrouille. Là, il démarra, enclencha le gyrophare et... » tout le monde comprend ce qui se passe. Dans d'autres domaines, le vocabulaire technique, même s'il n'est pas vraiment compris, permet de se faire une vague idée de l'action, ou de la situation, comme dans une note précédente, où j'avais fait une recherche de vovabulaire.

Mais quel effet cela produirait-il de lire une histoire située dans un univers que l'on ne connaît pas du tout ?

Dès qu'il pénétra dans l'enceinte de la station d'épuration, Manuel comprit que quelque chose s'était passé. Il se précipita sur le synoptique de fonctionnement et releva plusieurs alarmes muettes. Le clarificateur avait un problème, sûrement un débris coincé dans la goulotte qui bloquait le pont roulant. Le venturi était monté en charge. Le bassin d'aération avait l'air OK mais des mousses s'étaient formées le long des parois. La charge hydraulique était normale mais la charge organique beaucoup trop élevée. La nitrification se passait sûrement mal.

Pas de panique, ça arrivait souvent, sur les stations forte charge sous-dimensionnées. Il allait commencer par un test de décantation, un disque de Secki et un prélèvement des mousses avant que le SATESE n'arrive. Ensuite, tirerait les boues et il mettrait les turbines en manuel pour la journée – pour booster la nitrification. La dénit se ferait dans la nuit.

Heureusement qu'il était passé par là !


Alors, (Ah, ah, ah, je ris très fort) vous avez compris quelque chose ?

Par Sylvain lasju - Publié dans : Ecriture
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Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /Jan /2009 10:25

Touveau texte à déguster. Je suis pas très doué en cuisine... N'hésitez pas à me dire si vous trouvez des incohérences.


Le chef prit ses couteaux et commença à découper la viande. Le rôti fut bientôt débité en parts exactement identiques et présenté sur un plat en porcelaine. Derrière lui, plusieurs casseroles fumaient sur les brûleurs. Devant lui, les bruits de conversation de la salle lui parvenaient à travers un voile de concentration. Il s'apprêtait à laver la salade lorsque le serveur déboula en trombe dans la cuisine. Il haleta :

_ Ils n'aiment pas la soupe.

_Comment ça ! Qui n'aime pas la soupe ?

_ Tous. Enfin, le général n'a pas aimé et personne n'aime.

_ Le vieux saligot, s'écria le chef en fonçant vers la double porte.

Il émergea dans la salle de réception : une vingtaine de convives dispersés en tables de quatre, des lumières tamisées inondant une pièce aux tons rouge et crème, des murs ornés de colonnades et d'une banderole déclamant : Bon anniversaire Général.

Il se dirigea vers la table centrale et se pencha à l'oreille du vieillard en costume militaire qui y siégeait. La discussion chuchotée dura près d'une minute, animée à défaut d'être sonore. Autour, tout bruit avait cessé et tous les yeux avaient convergé vers l'épicentre de la pièce.

Lorsque l'homme à la toque blanche se redressa, le général saisit sa cuillère et porta quelques millilitres de potage à ses lèvres. Puis il prit une cuillère entière et la sirota avec appétit, puis une autre, puis une autre. Aux tables périphériques, les convives effectuèrent docilement le même geste, les yeux rivés sur leur assiette. Le chef revint en cuisine, le sourire satisfait.

Il trouva le serveur penché au-dessus d'une casserole de sauce chasseur.

_ Allez, rugit-il, il y a des assiettes à desservir.

_ Ah bon, ils aiment ! Comment vous avez fait ?

_ J'ai dit au vieux que la recette de la soupe me venait de mon grand père, qui était cuistot dans les tranchées durant la Grande Guerre.

Le jeune serveur restait rêveur, les yeux dans le vague. Il s'ébranla :

_ Et c'est vrai ?

Le chef claqua dans ses mains.

_ Allez, au boulot ! Les assiettes.

Le jeune homme disparut derrière les portes battantes et le chef se retrouva seul dans sa cuisine, une expression de nostalgie peinte sur ses traits durs.





Par Sylvain lasju - Publié dans : Ecriture
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Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /Jan /2009 12:06
Ceux qui me suivent le savent : je suis en train d'écrire une nouvelle qui a pour titre l'homme qui rebondit. Et bien figurez vous qu'elle est terminée !! (mis à part 2 - 3 modifications soufflées par la mère de mon enfant qui ne vont pas tarder à être effectives). Etant donnée qu'il semblerait qu'elle soit bien meilleure que celles que j'ai écrites jusque là, je ne vais pas hésiter à la présenter aux revues "sérieuses" spécialisées, style Galaxies, Black mamba ou autres Kimaira.
A suivre, donc.

En attendant, un extrait :


J'y ai trouvé, je sais pas... Une paix. Au début, je voulais juste le contempler de mes propres yeux, réaliser le miracle de la survie ultime. Je me suis sanglé contre une paroi du caisson et je l'ai détaillé, alors qu'il dérivait de manière presque imperceptible. Il portait une tenue réglementaire de déblayeur, mais il paraît qu'on l'a trouvé tout nu. Il se tient en boule, les bras repliés autour des tibias, la tête enfouie entre les genoux. Je n'ai pas vu son visage. Juste son crane, glabre, luisant sous la lumière crue et son front lisse. Pour le reste, je n'ai pas cherché à savoir. Est-ce que ses yeux sont ouverts ? Est-ce qu'il est vieux ? Est-ce que ses membres sont tous secs ?

Lorsqu'il touche une paroi, il repart dans l'autre sens, comme une bille de billard. Ça ne fait même pas de bruit. C'est juste une affaire de mécanique, un rebond comme il en a déjà fait des milliers, des millions. Mais la première fois que je l'ai vu rebondir, j'ai eu un frisson. Un être humain doit se raidir lorsqu'il approche d'un mur, se crisper, se préparer au choc. Lui, non. Il ne frémit pas. Même lorsque c'est sa tête qui touche le mur.

Il subit un très lent mouvement de rotation. Comme s'il réalisait une hypothétique roulade sur l'épaule. Et il retrouve sa position initiale au bout d'une quinzaine de galipettes.

Je me suis rendu compte que j'étais fasciné par ce ballet. Cette bille humaine se baladant dans le petit caisson. Je me suis endormi sans m'en rendre compte. Il m'a réveillé lorsqu'il m'a touché. Je suis pas prêt d'oublier ce contact. C'est sa tête qui a frôlé ma main qui dérivait. Une sensation de dureté et de froideur, comme si une machine venait me tapoter les phalanges. J'ai crié comme un dément. Il a pas sourcillé.

...

Vos réactions ??

PS : Est-ce la mise en page est plus lisible que dans les articles précédents ?

Par Sylvain lasju
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 10:37


Une petite histoire à mâcher. Certains diront qu'elle est à la limite du bon goût. A ceux-là je répondrai qu'elle n'est pas en dessous de la ceinture. Plutôt au dessus de la glotte.

Aldo mâchouillait son Chewing-gum depuis vingt ans. Toujours le même. Goût menthe – enfin au début. Aldo comptait réellement battre le record du monde. Actuellement, un américain le détenait : il mâchait la même pâte depuis vingt-cinq ans. Mais l'homme avait dépassé les cinquante cinq ans et il allait bien finir par s'épuiser. Aldo n'affichait que trentre huit ans au compteur et il était ne pleine forme.

Il avait toutes ses chances.

C'était un record sérieux. Périodiquement, un expert de commission des records venait vérifier qu'il s'acharnait bien sur le même bout de gomme jour après jour. On y avait incorporé un marqueur invisible et sans goût, facilement identifiable grâce à une lampe à ultra-violet.

Il devait le garder en bouche toute la journée. Même s'il se sentait malade ou s'il faisait du sport. Il était autorisé à le poser lors des repas et la nuit. Il le conservait alors dans un verre d'eau, dans lequel il faisait parfois infuser du thé.

Plusieurs fois, il l'avait avalé. Ça arrivait toujours dans des circonstances inattendues : dans l'ascenseur, en s'endormant au cinéma, dans des auto-tamponneuses, en faisant l'amour, devant un film d'horreur. Chaque fois, il n'y avait qu'une seule solution pour rester dans la course : remuer la luette...

Par Sylvain lasju - Publié dans : Ecriture
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