Malpertuis III

malpertuis.jpgUne de mes nouvelles est disponible dans l'anthologie Malpertuis III.

Il s'agit d'une antho de littérature fantastique qui regroupe tous les ans ce qui se fait ce mieux dans le genre (je sais, je sais, c'est cool...).


La nouvelle qui fait l'ouverture est 28 jours. Une histoire de grossesse sans enfant. Plutôt visceral et angoissant. 

 

Le livre peut être commandé via le site de l'éditeur. Si vous êtes sur Périgueux, contactez moi avant. J'ai des exemplaires en réserve, que je pourrai vous dédicacer.

 

Bonne lecture.


Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 10:19

 

lapin.jpg J'ai passé le week-end à animer des ateliers d'écriture et j'ai trouvé le temps d'écrire un peu, entre deux sessions. Voici ce que ça donne :

La petite fille, très concentrée, coloriait avec application un lapin qui faisait sa toilette sous un arbre. L'animal, fixé dans une attitude très studieuse, tirait une langue qui devint bleue sous les coups de feutres. La fourrure verte dépassait sur la prairie qui s'étalait derrière lui, comme si elle voulait lui prêter de sa couleur. L'herbe se fit grise et marron, et se couvrit de fleurs bleues, noires orange et rose qui fleurissaient en gribouillis.

Dans le feuillage de l'arbre, d'un rouge vif, un arc vert évoquait une hirondelle, à moins que ce ne fut un coup de crayon involontaire. De gros nuages roses, semblables à des barbapapas, moutonnaient au milieu d'un ciel violet, zébré de bandes jaunes.

La petite fille écarta ses feutres et éloigna son visage de son ouvrage, un air satisfait se peignant sur ses traits. Elle tourna la page et sourit en découvrant un toucan blanc qui s'envolait au milieu d'une nuée de ballons incolores. Elle saisit un feutre vert et commença par le bec de l'oiseau.

Par Sylvain Lasju - Publié dans : Ecriture - Communauté : Autres Mondes...
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 21:45

coriolis.jpg

 

 

Ma nouvelle "la force de coriolis" n'a pas été retenue par le commité de lecture de la revue Freaks Corp. Mais comme ils ont bien aimé, elle est lisible sur leur site.

 

 

 

Par contre, le jury qui a délibéré pour le prix vision du futur n'a sans doute pas du tout aimé ma nouvelle "friday night fight". Il faut dire qu'elle était dans l'univers de mon roman "alienation" et qu'ils n'avaient pas les clefs pour la comprendre  (enfin c'est ce que j'essaie de me dire).

J'espérais la voir dans les 3 premiers, mais elle ne fais même pas partie de l'accessit, ni des nouvelles "remarquées" (comme c'était le cas pour "la force de coriolis").

Enfin, le roman n°2, Décadence, avance très bien et devrait etre entre les mains d'un paquet d'éditeur à la fin de l'été ou à l'automne (et c'est en grande partie pour ça que je poste si peu de textes sur ce blog)

Par Sylvain Lasju - Publié dans : Mon actualité littéraire - Communauté : Autres Mondes...
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 11:11

boite.jpg Un texte écrit hier soir en atelier d'écriture aux Thétards. Bien sûr, tout ce qui suit est vrai.

Maggy avait préparé un petit paquet plein de cerises pour notre propriétaire, qui habite à quelques mètres de notre appartement. Elle y avait épinglé une carte disant « bon printemps », ou quelque chose dans le genre. Je suis allé à pieds le lui apporter, accompagné de Maya. La vieille femme a eu l'air de vraiment apprécier le geste, au point qu'elle nous a offert en retour une boîte de pâté.

J'ai glissé la boîte dans mon sac. Une simple boîte en fer blanc, contenant des « grillons de la tante Francine », selon l'étiquette. Je suis rentré avec Maya, après avoir fait un long détour par la Voie Verte, histoire de profiter un peu du beau temps de cette matinée. De retour à la maison, j'ai posé la boîte sur la table de la cuisine et j'ai raconté l'anecdote à ma femme. Elle a rigolé et a proposé d'ouvrir le pâté pour le manger à midi.

_ Comme ça, on verra ce que donne la tante Francine, à-elle déclaré.

Le repas a été prêt rapidement. Soupe et tarte aux légumes. J'ai dressé la table. Maya tournait autour de nous en gesticulant, comme à chaque fois que nous nous activions. J'ai pris un ouvre-boîte, je me suis assis et j'ai appelé ma fille.

_ Regarde bien.

J'ai manœuvré la lame courbe et le métal s'est entaillé. Ses petits yeux se sont écarquillés. Bientôt, l'opercule s'est détaché et j'ai pu lui montrer le contenu de la boîte : Rien.

_ Tagada, a dit ma fille de deux ans.

Traduction : c'est parti.

J'ai appelé Maggy pour lui montrer l'incongruité de la chose. Elle a mis plusieurs secondes à comprendre que notre cadeau n'était qu'une coquille vide.

_ Elle s'est bien fichue de nous.

_ C'est plutôt la tante Francine qui s'est fichue d'elle.

J'ai ouvert la poubelle et j'y ai machinalement jeté la ferraille. Elle est tombé au fond dans un bruit mat.

_ Dis-donc, ai-je lancé. Y'a pas de sac.

_ Y'en avait un hier.

Après un temps d'observation, elle s'est penchée et a ouvert le placard de sous l'évier.

_ Tagada !

_ Mais... Mais qu'est-ce que t'as fait des affaires de ménage ?

_ J'ai rien fait du tout ! me suis-je défendu.

Énervé, j'ai ouvert en grand le placard blanc, la réserve de nourriture.

_ Tagada ?

_ Mais c'est pas possible. C'était plein ce matin.

Maggy s'est précipitée vers le placard à vaisselle. Vide. Le tiroir à couvert. Vide. Le meuble à épices. Vide

_ On a été dévalisés, s'est-elle écriée.

Les tiroirs à saloperies-qu'on-ne-sait-jamais-où-ranger. Vides. Le placard des tasses et des mugs. Vide.

_ Mais non, ai-je compris. C'est depuis qu'on a ouvert cette fichue boîte. Tout ce qu'on ouvre est vide. Tiens, je suis sûr que le frigo est vide.

J'ai tiré sur la poignée blanche. Il ne restait plus que les grilles et les bacs à légume. Tout était propre, tout était net. Pas une odeur. Maggy s'est collée à moi.

_ Mais qu'est-ce qu'on va faire ?

J'ai ouvert la porte du salon. Vide. Plus un meuble. La pièce était telle qu'on l'avait vue lorsqu'on avait visité l'appartement un an plus tôt.

_ Tout est en train de disparaître, a hurlé ma femme.

Maya s'est mise à pleurer. Maggy l'a prise dans ses bras. J'ai attrapé le téléphone. Répertoire vide, bien entendu. Nous sommes resté groupés, tremblants et paniqués. Par la fenêtre nous parvenaient les bruits de la ville. J'y ai pensé mais je n'ai pas osé l'ouvrir, de peur que toute vie sur terre de ne disparaisse. À la place, nous nous sommes déplacés jusqu'à la salle de bain, en nous serrant très fort la main. Ici, il n'y avait même plus de lavabo ni de douche, juste des tuyaux qui sortaient du sol, comme dans une maison en travaux. Par contre, il restait un miroir, celui qui était normalement accroché au-dessus du lavabo. J'y ai jeté un coup d'œil. Dans le reflet, tout était revenu à la normale. Serviettes suspendues aux patères, jeux du bain, boites de médicaments, panier de linge sale.

Mais nous, nous n'y étions pas.

Par Sylvain Lasju - Publié dans : Ecriture - Communauté : Autres Mondes...
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Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 14:37

Un texte que j'ai écrit il y a 2 semaines, lors d'un atelier que j'animais, et que j'ai modifié depuis. 

Buon appetito !


risotto.jpg Ça faisait un mois qu'il habitait chez moi.

Il m'avait appelé un soir pour me demander ce petit service. Un hébergement de fortune, quelques nuits inconfortables sur mon clic-clac. Il arrivait juste en France et ne connaissait personne. Ce n'était pas vraiment un ami, mais il m'avait invité plusieurs fois chez lui, en italie. Je ne pouvais pas faire autrement que lui renvoyer l'ascenseur.

Au début, il était tout à fait vivable, je t'assure. Un vrai colocataire modèle. Il faisait le ménage et sa part des courses. Il rangeait ses affaires. Il passait même derrière les fourneaux et me préparait son fameux risotto al barolo. Dix jours plus tard, son riz, je l'avais déjà en travers de la gorge. Des poils foncés dans la baignoire, des chaussettes sales sous le canapé et des miettes de marijuana sur la table de la cuisine. Mon hospitalité atteignait ses limites.

C'est la qu'il a commencé à me baratiner.

Je ne croyais au début. J'ai toujours été foncièrement honnête, tu le sais. J'ai accepté ses explications vaseuses, ses prétextes fallacieux et ses mésaventures fantasmées.

Il venait d'arriver en ville, mais il n'avait pas de difficultés à se faire des amis. Un soir sur deux, il me ramenait un pote, qu'il venait de rencontrer dans un bar ou un musée. Un expatrié, en général, avec qui il communiquait dans un charabia anglo-latin. Puis ce fut progressivement une vraie congrégation d'étrangers qui installa ses quartiers dans mon appartement, qui fumait, buvait, criait, se battait de temps en temps. Vers une heure du matin, je les fichait inlassablement à la porte, me faisant traiter de asshole, de stupido, de coño ou de sale capitaliste.

Le lendemain, il réapparaissait, la queue entre les jambes, me présentant ses excuses avec tant d'éloquence que je les acceptais à chaque fois.

Ça faisait un mois qu'il habitait chez moi. Nous, on sortait ensemble depuis trois jours. C'était bien, très bien même. On avait envie de passer une soirée ensemble, en tête à tête, et je t'ai invitée dans mon F3. J'ai sorti le grand jeu, chandelles, huitres, champagne.

Quand je l'ai entendu arriver avec ses potes qui chantaient des chansons paillardes à tue-tête, je ne pensais pas qu'il allait rester. Je lui avait demandé de me laisser tranquille ce soir-là. J'avais même très lourdement insisté là-dessus.

Je n'ai pas voulu m'énerver devant toi, c'est pour ça que je n'ai pas été aussi ferme qu'il aurait fallu. Mais quand je l'ai vu enlever ses chaussettes, j'ai compris mon erreur. Trois minutes plus tard, c'est toi qui déguerpissais.

Maintenant, il est parti, il squatte un autre rital, ou un rosbif ou un teuton, enfin je m'en fiche. Il peut bien dormir sous les ponts ! L'important, c'est qu'il ne risque pas de remettre les pieds chez moi. Il parassita n'est plus. Alors je t'en supplie, laisse-moi une autre chance.

Par Sylvain Lasju - Publié dans : Ecriture - Communauté : Autres Mondes...
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 13:29

Le second opus du zine de la communauté autres mondes est sorti : ici (avec une histoire à moi dedans)

Un grand bravo à Alice pour le travail qu'elle fait là-dessus !

Par Sylvain Lasju - Publié dans : Mon actualité littéraire - Communauté : Autres Mondes...
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